thumb|upright=1.4|Le cinéma Eden 3, à Ancenis-Saint-Géréon. Les cinémas d'Ancenis sont les salles de cinéma qui se sont succédé ou ont coexisté dans la commune d'Ancenis (Loire-Atlantique) depuis les premières projections de 1910, document issu des archives de l'ARRA., document issu des archives de l'ARRA..

Le cinéma Eden, ouvert en 1920, s'installe rue Saint-Fiacre au début des années 1960. Il coexiste avec Ancenis-Cinéma, ouvert en 1937, jusqu'à leur rapprochement à la fin des années 1960.

Depuis 2019, l'Eden 3 est l'unique cinéma de la commune.

Histoire

Les premières séances (1910-1920)

La première projection cinématographique à Ancenis a lieu vers 1910, place Saint-Pierre, donnée par des forains, avec au programme le documentaire L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat de Louis Lumière et un film comique intitulé La Course des belles-mères. Entre 1914 et 1918, des séances sont organisées environ une fois par mois sous les halles de la ville.

Le cinéma Eden, première salle permanente (1920)

En 1920, Raoul Cuisnier ouvre le premier cinéma Eden au fond de l'impasse Émilien-Maillard, dans une remise atelier appartenant à un peintre. L'ouverture a lieu le 20 mars 1920. Le cinéma fonctionne alors avec un seul appareil de projection manuel et un accompagnement musical assuré d'abord par un phonographe puis par un pianola. Le cinéma devient parlant en 1932. Après le décès de Raoul Cuisnier, son épouse poursuit l'exploitation du cinéma jusqu'à sa fermeture en 1938.

Ancenis-Cinéma, une seconde salle (1937)

Le 16 décembre 1937, un second cinéma ouvre à Ancenis à l'initiative de l'abbé Gerbaud, curé de la paroisse : il se nomme Ancenis-Cinéma, est installé rue Tartifume dans la salle du théâtre du Cercle catholique d'Ancenis. Le cinéma, dépendant directement de la cure, propose environ 250 places et une cinquantaine de strapontins, pour trois séances hebdomadaires.

L'activité d'Ancenis-Cinéma est perturbée par la Seconde Guerre mondiale : les séances s'interrompent à la déclaration de guerre en septembre 1939, la salle ferme à l'arrivée des Allemands en juin 1940 et ne rouvre que le 5 avril 1941, avant une nouvelle fermeture du 21 mai au 27 novembre 1944 faute de courant électrique. La salle est par ailleurs parfois réquisitionnée par l'occupant pour des séances réservées aux militaires allemands.

Durant cette même période, l'Eden, fermé depuis 1938, est repris par le couple Berryer : en 1942 selon la revue de l'ARRA, ou dès août 1941 selon la revue professionnelle Le Film, qui date la cession du fonds de commerce à la société . Le couple transforme l'intérieur et l'extérieur de la salle de l'impasse Émilien-Maillard. Toute la famille Berryer travaille alors dans l'entreprise : le grand-père au contrôle, Madame Berryer à la caisse, Monsieur Berryer et son fils Simon comme opérateurs, et Jacqueline, sœur de Simon, comme ouvreuse. Simon Berryer poursuit sa scolarité au lycée Joubert d'Ancenis tout en travaillant comme opérateur de projection dans le cinéma familial. Il devient par la suite acteur, humoriste et chanteur sous le nom de scène Sim. La famille Berryer arrête son activité en 1946.

Deux cinémas, deux exploitants (1946-1970)

Le 1er juin 1946, la Société Ancenienne de Cinéma est créée sous forme de SARL pour gérer l'Eden, sous la direction du couple Ollard, qui préside aux destinées de la salle jusqu'en 1970. C'est ce couple qui fait par la suite construire la nouvelle salle de la rue Saint-Fiacre.

Dans l'après-guerre, la fréquentation cinématographique connaît un âge d'or : en 1948, Ancenis-Cinéma comptabilise 31 834 spectateurs, avec notamment un grand succès pour Monsieur Vincent de Maurice Cloche.

Selon Ouest-France, qui cite une annonce parue dans son édition du 18 octobre 1961, le nouveau cinéma Eden de la rue Saint-Fiacre ouvre ses portes le jeudi suivant, avec au programme Austerlitz d'Abel Gance, et la Communauté de communes du Pays d'Ancenis situe elle aussi ce déménagement en 1961. Denis Pihoué, dans la revue de l'ARRA, ainsi qu'un article de Ouest-France de 2012, datent en revanche ce déménagement en 1962. La nouvelle salle, de plain-pied avec des fauteuils répartis de part et d'autre d'une allée centrale, peut accueillir 407 spectateurs.

En 1965, Monsieur Angladon, responsable d'Ancenis-Cinéma, crée l'association Louis Lumière, qui prend en charge l'activité de la salle indépendamment de la cure, moyennant un loyer versé au diocèse, toujours propriétaire des locaux. À la fin des années 1960, les responsables des deux cinémas anceniens se rapprochent et établissent une programmation commune ; leurs dépliants publicitaires communs indiquent la cote morale des films établie par l'Office catholique du cinéma, comme pour Le Pistonné de Claude Berri en 1971, jugé .

La fusion sous l'association Louis-Lumière et la fermeture d'Ancenis-Cinéma (1970-1974)

Au début des années 1970, l'activité commerciale de l'Eden est reprise par l'association Louis-Lumière. L'association, qui exploitait déjà Ancenis-Cinéma avec une équipe de bénévoles, reprend alors 98 % des parts de la SARL Eden, Monsieur Angladon en devenant le gérant, fonction reprise par Monsieur Richard en 1980.

Devenue trop vétuste et confrontée à des travaux jugés trop coûteux, la salle d'Ancenis-Cinéma ferme définitivement début mai 1974, les trois dernières séances (Les Fous du stade de Claude Zidi) ayant réuni 180 spectateurs. L'Eden devient alors l'unique salle de cinéma de la commune.

L'Eden, unique salle de la commune (1974-2019) thumb|Le cinéma Eden, rue Saint-Fiacre à Ancenis, inauguré au début des années 1960 et démoli en 2026.

Après la fermeture d'Ancenis-Cinéma, l'Eden reste seul cinéma de la commune ; en 1975, il enregistre 21 500 spectateurs. La fréquentation progresse ensuite jusqu'à un record de 47 628 spectateurs en 1982, avant de retomber à 26 500 en 1989. Dans les années 1980, plusieurs films dépassent les 2 000 entrées : Le Livre de la jungle (2 400 entrées en 1980), Les 101 Dalmatiens (2 138 entrées en 1981), Rox et Rouky (2 954 entrées en 1982), Les Misérables (2 120 entrées en 1983), Jean de Florette (2 539 entrées en 1986) et L'Ours (3 415 entrées en 1988). En 1990, le cinéma propose en moyenne 90 films au cours de 350 séances par an, son activité reposant principalement sur le bénévolat, avec une trentaine de bénévoles et quatre ouvreuses, seuls les opérateurs étant rémunérés.

Dans les vingt années qui suivent sa fusion avec Ancenis-Cinéma, plusieurs initiatives d'animation cinématographique voient le jour à l'Eden : les séances à partir de 1971, la d'Ancenis Accueil en 1977, la création du Ciné-Club ancenien en 1979, puis l'expérience du Ciné-Club des retraités en 1982.

En novembre et décembre 2012, l'association Louis Lumière fête le cinquantenaire de l'installation de l'Eden rue Saint-Fiacre, avec un week-end anniversaire les 1er et 2 décembre autour d'une programmation à l'ambiance (Lola, Un singe en hiver, La Grande Vadrouille), une exposition à la salle Montesquieu et des rencontres avec le cinéaste ancenien Bernard Toublanc-Michel et l'écrivain Vincent Chapeau. À cette date, l'association compte une cinquantaine de bénévoles et est présidée par Philippe Rigollier, qui reste président jusqu'en 2021.

Malgré une rénovation en 1996, le bâtiment de la rue Saint-Fiacre est jugé de plus en plus inadapté : absence d'accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, absence de climatisation pour les projectionnistes, absence de bureau, et présence d'amiante, selon Philippe Rigollier. En 2003, une étude propose d'agrandir l'Eden ou de le reconstruire sur place afin de disposer de deux salles, mais l'idée d'une reconstruction sur le même site est ensuite abandonnée.

Le projet d'un nouveau cinéma pour le pays d'Ancenis (2012-2019)

En 2012, la Communauté de communes du Pays d'Ancenis (COMPA) s'engage dans le projet d'un nouveau cinéma, à la suite d'une enquête du conseil de développement mettant en évidence de fortes attentes des jeunes en matière de loisirs et de cinéma. Un sondage auprès de la population confirme par ailleurs le cinéma comme première activité culturelle et de loisirs des habitants du territoire.

Plusieurs sites sont étudiés pour l'implantation du futur cinéma : un terrain à Tournebride, l'ancien magasin du Bol d'argent, ou encore la zone commerciale de l'Espace 23, où l'association des commerçants plaide un temps pour l'implantation d'un multiplexe. Le choix se porte finalement sur le site de l'ancienne usine Braud (Manitou), à proximité de la gare d'Ancenis-Saint-Géréon.

En 2016, la communauté de communes lance une consultation publique sur le nom du futur cinéma ; L'Eden arrive en tête des propositions et est conservé par la Communauté de communes. Le chiffre 3 fait référence au nombre de salles du nouvel équipement ainsi qu'au troisième emplacement occupé par le cinéma Eden depuis sa création en 1920.

Les travaux de construction débutent en décembre 2017 et durent dix-huit mois, pour un montant d'environ 6 millions d'euros, réalisé en grande partie par des entreprises du Pays d'Ancenis et des environs. Le bâtiment respecte l'implantation de l'ancienne usine Manitou (Braud) et reconstitue en béton, de part et d'autre de l'entrée, l'arche historique de 4 mètres de hauteur qui marquait l'entrée de l'usine face à la gare.

Le lundi 29 avril 2019, l'ancien Eden de la rue Saint-Fiacre projette son dernier film, L'Incroyable Histoire du facteur Cheval de Nils Tavernier.

L'Eden 3, cinéma actuel (depuis 2019)

Le nouveau cinéma, baptisé Eden 3, ouvre ses portes le 5 mai 2019. Sa marraine est l'actrice Ludivine Sagnier, présente lors de l'ouverture du cinéma. La gestion de l'établissement est assurée par l'association Louis Lumière.

L'équipement comprend trois salles de 460 m², 275 m² et 170 m², totalisant 549 fauteuils et 18 emplacements pour personnes à mobilité réduite, un système de son immersif, un espace de détente et un vaste hall d'accueil. Les salles sont climatisées, l'une d'elles est équipée pour la projection en 3D, et le cinéma propose des système d'audiodescription et de renfort auditif.

Démolition de l'ancien Eden (2026)

En mai 2026, la démolition de l'ancien cinéma Eden de la rue Saint-Fiacre débute par un désamiantage et l'enlèvement de la couverture du bâtiment. Des logements doivent être construits à l'emplacement de l'ancienne salle.

Personnalités liées aux cinémas d'Ancenis thumb|L'acteur Sim en 1979.

Jacqueline Moreau, créatrice de costumes née à Ancenis, reçoit le César des meilleurs costumes en 1988 pour le film La Passion Béatrice, puis est de nouveau nommée en 1990 pour La Vie et rien d'autre. Le Ciné-Club ancenien lui rend hommage en lui consacrant un cycle de trois films en mars et avril 1990.

Bernard Toublanc-Michel, également originaire d'Ancenis, est né le 6 décembre 1927. Après avoir été assistant metteur en scène auprès de Jean-Luc Godard, Agnès Varda et Jacques Demy, il réalise son premier film en 1963, Le Petit Bougnat, dans lequel Isabelle Adjani apparaît pour la première fois à l'écran. En 1967, il tourne à Ancenis son troisième film, Adolphe ou l'Age tendre, avec Jean-Claude Dauphin, Ulla Jacobsson et Philippe Noiret. En 2012, il participe à un débat organisé pour les 50 ans de l'Eden de la rue Saint-Fiacre, ayant été premier assistant réalisateur de Jacques Demy sur le tournage de Lola.

Simon Berryer, dit Sim, acteur, humoriste et chanteur, a grandi à Ancenis où ses parents exploitent le cinéma Eden de 1941 ou 1942 à 1946 ; il y travaille lui-même comme opérateur de projection tout en poursuivant sa scolarité au lycée Joubert d'Ancenis.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Ancenis-Saint-Géréon Sim Cinéma en France

Liens externes

Site officiel du cinéma Eden 3

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