Paolo Terruzzi, né le à Naples et mort le , est un avocat, juriste, banquier, syndicaliste et homme politique fasciste italien.
Biographie
Formation et participation à la Grande guerre Fils illégitime de Regina Terruzzi, militante socialiste et activiste féministe, et du chirurgien Carlo Cangitano, Paolo Terruzzi est éduqué dans la culture mazzinienne de sa famille. Élève de l'Université de Pavie, spécialisé en histoire du Droit Romain avec Pietro Bonfante, il reçu un diplôme en paléographie et étudia l'économie politique à Munich.
Devenu avocat, il se lia à Benito Mussolini, sans doute par l'intermédiaire de sa mère, et commença à collaborer à Il Popolo d'Italia. Interventionniste, volontaire de guerre, décoré de la croix de guerre, il a servi dans l'artillerie comme officier de batterie et officier observateur.
Fasciste de la première heure Rédacteur de politique étrangère à L'Azione de Gênes à partir de 1919, il polémiqua longuement contre les neutralistes et les « renégats ». Fasciste de la première heure, il participa avec sa mère à la fondation des Faisceaux de combat, en mars de la même année, à la constitution du Fascio de Milan, de cercles régionaux et au développement du syndicalisme fasciste. La biographe de Regina Terruzzi écrit à propos de Paolo :« Lors de la réunion de San Sepolcro, Paolo était également présent car, grâce au rapport privilégié de sa mère avec le duce, il eut la possibilité de faire connaître à Mussolini ses propres capacités de travail et de devenir l'un des jeunes de son entourage. »Responsables de haut rang au niveau local, Terruzzi fut l'un des « plus fervents soutiens de l’alliance entre fascistes et dannunziens ». Conseiller de la minorité fasciste au Conseil de la « Combattenti », Section de Milan, et du Circolo di Politica estera, il fut également conseiller de la Société de Géographie Commercial ainsi que conseiller-secrétaire et conseiller-bibliothécaire du Circolo Filologico sous la présidence de Gioacchino Volpe. En août 1922, il fut nommé secrétaire du Comité d'Action contre la grève générale socialiste puis, en septembre de la même année, secrétaire régional de la Vénétie Julienne, où il « concilie la division entre le fascisme gorizien, triestin, istriote, collabore à la délimitation de la nouvelle province, combat le communisme slave, s'attirant dénonciations et procès politiques ».
Après avoir assisté au Congrès de Naples, il participa avec sa mère à la Marche sur Rome comme commandant général de la VIe Zone et entra à Rome avec la Colonne Fara. Par la suite, il organisa la Corporazione Nazionale dell'Impiego, dont il fut le premier secrétaire général, et passa ensuite au mouvement coopératif comme Vice-Président du Sindacato Italiano delle Cooperative. Il collabora à Gerarchia, Nuova Rivista Storica », Archivio Giuridico, Rassegna Italiana, Giornale degli Economisti, Athenaeum, et collabora par la suite à l'Encyclopédie Treccani.
L'affaire Matteotti et l'expulsion du parti Le 25 juin 1923, Terruzzi fut nommé directeur général de l'Istituto Nazionale di Credito per la Cooperazione, « une charge d'un prestige considérable, considérée comme fondamentale dans l'organigramme fasciste », comme le souligna Paolo lui-même dans une lettre adressée au duce : « J'envoie à Son Exellence l'expression de ma fidélité de fasciste "non de circonstance", heureux de pouvoir contribuer de toutes mes forces au renouvellement de la coopération italienne, ainsi qu'à la reconstruction économique et sociale de notre Pays que Son Exellence a initiée avec une foi ardente et une énergie inflexible. »Bien qu'occupant des fonctions importantes au sein du fascisme et jouissant « surtout de l'estime du chef du gouvernement, avec lequel ils entretenaient des relations directes et amicales », la confiance de Mussolini, et des fascistes plus généralement, envers Terruzzi se dégrada durant la période qui suivit l'assassinat de Giacomo Matteotti. Son l'aversion « plus ou moins explicite » envers les méthodes violentes de certains hiérarques et son désir d'apaiser les conflits et d'endiguer la violence son visibles dans une lettre envoyée à Mussolini :« Mon action s'efforcera, aujourd'hui comme hier, comme toujours, de contribuer, sous la conduite éclairée de Votre Excellence, à la pacification des esprits afin que tous les hommes de bonne volonté, contre et au-dessus de tout sectarisme impotent, collaborent avec une énergie renouvelée aux meilleures destinées de la Patrie ! Avec une dévotion profonde et ancienne. »On peux supposer, grâce à son amitié et à celle de sa mère avec de nombreux socialistes, son désir de « résoudre les différends politiques et surtout de les ramener sur le plan de la légalité ».
Son positionnement amena Roberto Farinacci, alors secrétaire général du PNF, à décréter, le 7 mars 1925, son expulsion du parti pour grave indignité politique. Le journal Cremona Nuova explique que cette expulsion était due au fait que :« après le crime Matteotti, alors que le parti défendait de toutes ses forces son merveilleux passé et son avenir contre l'offensive diffamatoire et obscène de tous ses ennemis coalisés, il [Paolo] maintenait des contacts avec des députés et des organisateurs socialistes ainsi qu'avec Turati, avec lequel il eut des entretiens à Milan au domicile de ce dernier. »La campagne d'accusation contre Terruzzi eut finalement pour résultat de décréter sa destitution de son poste de directeur de l'Istituto Nazionale di Credito per la Cooperazione, décision qui lui fut communiquée directement par le président : « C'est avec un vif regret que je dois vous communiquer que le Conseil d'administration de l'Institut, lors de la séance du 11 courant, après avoir entendu les communications faites par le Ministère de l'Économie Nationale, a délibéré de proposer audit Ministère votre révocation de la charge de Directeur Général de l'Institut. Le Conseil […] a dû toutefois renoncer avec regret au travail habile, courageux et honnête de Votre Personne et prendre la délibération susmentionnée qui est inspirée par des motifs qui, comme vous le savez, ne portent aucunement atteinte à l'intégrité personnelle de Votre Personne ni à votre capacité de direction reconnue »
Activités journalistiques et juridiques sous le régime En 1926, avec un travail sur « La Legislazione Agraria Fascista », il figura parmi les vainqueurs ex aequo, sur 300 concurrents, du concours pour le « meilleur essai » lancé par la Rivista d'Italia. En 1927, il a enseigna l'économie politique et la science des finances au R. Istituto Tecnico de Milan. En 1932, il est décrit comme vivant à Nice où il présida de la « Dante Alighieri » et fut directeur de la Banca Commerciale Italiana.
Publications
La legislazione agraria in Italia all’epoca dei Gracchi, Milan : Società editrice Unitas, 1926. Studi sulla Legislazione agraria di Roma. Enigmi Graccani e Post-graccani, Modena : Società tipografica modenese, 1927.
La grande Romania, Milano : Alpes, 1931.
Notes et références
Bibliographie
Federica Falchi, L'itinerario politico di Regina Terruzzi. Dal mazzinianesimo al fascismo, Franco Angeli, 2009.
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