Perrin Moynel, également connu sous les noms de Perrin Moinel ou Pierre Moynel, est un sergent parisien, dont la date de naissance est inconnue. Reconnu coupable de plusieurs vols et recels sous le règne de Louis XI, et condamné à la pendaison en 1468, il tente d'échapper à son exécution par un appel devant le Parlement et l'obtention d'une rémission royale qui lui est refusée lors de son jugement en 1469. Il est exécuté à une date inconnue. L'affaire En avril 1468, le voleur Charlot le Tonnelier, après avoir subi la question, dénonce ses complices, dont Perrin Moynel . Ce dernier est arrêté en même temps que quatre autres individus, dont le fripier Martin de Coulongne. Moynel est reconnu coupable . Condamné par sentence du prévôt de Paris à être pendu et étranglé au gibet de Paris avec cinq de ses complices, il fait appel devant le Parlement, ce qui suspend son exécution. Détenu à la prison du Châtelet, il parvient à obtenir une lettre de rémissionLes lettres de rémission étaient des lettres patentes par lesquelles le roi pouvait accorder son pardon à un criminel lorsque les faits invoqués pour sa défense étaient reconnus exacts., malgré les charges qui pèsent contre lui .
Le 11 avril 1469, l’appel de Moynel contre sa sentence est examiné . Soupçonné d'être à la tête d'un réseau de malfaiteursAvec le fripier Martin de Coulongne, il a mis en place un réseau de recel à Paris.Archives nationales (France), Parlement de Paris, registres criminels et civils, cote X 2a 35, fol. 154v, 8 avril 1469 (huis clos), il se voit reprocher de multiples Traduction : « larcins, pillages, vols, sacrilèges, agressions, crocheteries et escroqueries, crimes dont la plupart sont publics, ce dont Paris et tout le royaume ont été fort scandalisés, et le roi aussi, parce qu’on ne pouvait rien savoir desdits receleurs. » . De plus, il est accusé, entre autres, d'avoir volé un calice et de l’avoir fait fondre pour le revendre en lingot à un complice.
Le Parlement, saisi de la demande d’enregistrement de la lettre de rémission, estime que les motifs sont suffisants pour la refuser . Il invoque notamment le sacrilège lié au vol d’un calice et l'agression de « guet-apensé », et rejette la lettre de rémission au motif qu’elle est « subreptice et obreptice »L'obreption : tromper par ce qu’on dit de faux ; subreption : tromper par ce qu’on cache ou omet. et « incivile et desraisonnable » .
Les sources consultées ne mentionnent pas explicitement son exécution, mais Alhoy et Lurine, dans Les prisons de Paris : histoire, types, mœurs, mystères, rapportent ceci : . Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie ALHOY, Maurice et LURINE, Louis. Les prisons de Paris : histoire, types, mœurs, mystères. Paris : Gustave Havard, 1846. 592 p. GOURDON DE GENOUILLAC, Henri. Paris à travers les siècles : histoire nationale de Paris et des Parisiens depuis la fondation de Lutèce jusqu'à nos jours. Vol. 1. Paris : F. Roy, 1890. 1221 p. MAILLARD, Firmin. Le gibet de Montfaucon : étude sur le vieux Paris. Paris : Auguste Aubry, 1863. 106 p. ROYE, Jean de. Histoire de Louis Onziesme Roy de France et des choses mémorables advenues de son Regne, depuis l'an 1460 iusques à 1483, Autrement Dicte la Chronique Scandaleuse, escrite par un greffier de l'hostel de ville de Paris, Paris, 1620, 383 pages. SAINÉAN, Lazare. Les sources de l’argot ancien : des origines à la fin du XVIIIe siècle. Tome I. Paris : Librairie ancienne Honoré et Édouard Champion, 1912. 460 p. TOUREILLE, Valérie. Crime et châtiment au Moyen Âge : du Ve au XVe siècle. Paris : Éditions du Seuil, 2013. Collection « L’Univers historique ». 320 p. TOUREILLE, Valérie. Vol et brigandage au Moyen Âge. Paris : Presses universitaires de France, coll. « Le nœud gordien », 2006. 310 p. .
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