Le Coût de la virilité : Ce que la France économiserait si les hommes se comportaient comme des femmes est un essai féministe et socio-économique de l'historienne et essayiste française Lucile Peytavin, publié en mars 2021 aux Éditions JC Lattès.
Issu d'une démarche d'analyse économique quantitative appliquée aux comportements asociaux et criminels, l'ouvrage formule l'hypothèse selon laquelle l'éducation aux valeurs traditionnelles de la virilité engendre des surcoûts financiers majeurs pour la collectivité et l'État français.
Genèse et méthodologie L'autrice, historienne de formation et cofondatrice du collectif « Genre et Économie », s'appuie sur la statistique publique française (données du ministère de l'Intérieur, de la Justice, de l'INSEE et de la Sécurité sociale) pour quantifier le coût financier direct et indirect généré par la prédominance masculine dans la délinquance, les crimes et les comportements à risque.
Inspirée par les travaux de la chercheuse australienne Genevieve Lloyd et les analyses en criminologie féministe, Lucile Peytavin cherche à mettre en évidence que la différence des taux de criminalité entre hommes et femmes relève d'une socialisation de genre différenciée dès l'enfance, plutôt que d'une fatalité biologique.
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Surreprésentation masculine dans la violence et la prise de risque L'ouvrage rappelle une série de données statistiques officielles montrant que les hommes représentent la grande majorité des auteurs de faits de violence et d'incivilités en France : 84 % des auteurs d'accidents mortels de la route ; 90 % des personnes jugées par les cours d'assises ; 86 % des mis en cause pour des coups et blessures volontaires ; 96 % des personnes incarcérées dans les prisons françaises. Chiffrage financier du « coût de la virilité » En consolidant les dépenses publiques d'intervention (services de police, gendarmerie, Justice, services pénitentiaires, secours) ainsi que les coûts indirects subis par la société (frais de santé, pertes de productivité, destructions matérielles, prise en charge des victimes), l'autrice évalue le coût direct et indirect des comportements masculins évitables à d'euros par an en France.
Propositions et pistes d'action Pour réduire ce coût financier et humain, Lucile Peytavin préconise une transformation profonde des modèles éducatifs destinés aux garçons. Elle propose d'encourager dès le plus jeune âge l'expression des émotions, l'empathie, la coopération et le rejet du dogme de la force brute, afin de déconstruire la « culture de la virilité ».
Réception critique et impact À sa sortie, le livre suscite d'importants débats politiques et médiatiques. Salué par plusieurs figures du féminisme et du monde universitaire pour son approche chiffrée novatrice, l'ouvrage est notamment préfacé par l'ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira.
Certains commentateurs et économistes soulignent la difficulté méthodologique à quantifier avec précision l'ensemble des coûts indirects, tout en saluant la portée pédagogique du constat posé sur les politiques de prévention de la délinquance.
L'essai a donné lieu à des conférences, des adaptations théâtrales et des reprises du concept d'« économie de la virilité » dans le débat public en France et dans plusieurs pays francophones.
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Notes et références
Voir aussi Articles connexes Virilité Masculinité toxique Féminisme Criminologie
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