Ulrich II de Ferrette, mort le , est comte de Ferrette de 1227 à sa mort.
Il succède à son père , assassiné en 1232/1233 par le frère d'Ulrich II, Louis II. Ce dernier meurt en 1236. Comme le deuxième frère, Berthold est un ecclésiastique et que le dernier frère, Albert, est seulement avoué de l'abbaye de Masevaux, Ulric II est seul comte de Ferrette à partir de 1236.
Ulrich II est obligé d'abandonner à son beau-frère Porrentruy et ses possessions dans la vallée de l'Ajoie. Il a des conflits récurrents avec l'abbaye de Murbach, pour le contrôle de la vallée de Saint-Amarin. L'accession de son frère Berthold à l'évêché de Bâle en 1248 permet une collaboration fructueuse entre les deux frères. En 1271, Ulrich devient le vassal de l'évêque de Bâle Henri de Neuchâtel.
Après sa mort en 1275, son fils Thibaut lui succède.
Biographie Famille Ulrich II de Ferrette est le fils du comte de Ferrette et de son épouse Heilwig. Selon Auguste Quiquerez suivi par Christian Wilsdorf, elle est la fille d'Eginon le Barbu, comte d'Urach et d'Agnès, elle-même fille du duc Berthold IV de Zähringen. Pour Philippe Lacourt et Paul-Bernard Munch, les chartes dont on déduit la parenté d'Heilwig avec la famille d'Urach seraient des faux. Ils proposent une hypothèse, qu'ils qualifient de : Heilwig pourrait être issue de la famille des comtes de Soyhières. Elle est encore citée en 1233 meurt avant 1262 et probablement avant 1235. Ulrich II de Ferrette a trois frères et plusieurs sœurs : Louis II dit le Féroce, mort en 1236, comte de Ferrette de 1227 à 1236 ; Berthold, chanoine de Bâle et de Moutier-Grandval, évêque de Bâle de 1248 à 1262 ; Albert, avoué de l'abbaye de Masevaux ; Alix ou Adcardis, épouse de ; Marguerite, épouse de Richard de Glères ; Stéphanie, religieuse dominicaine au couvent des Unterlinden.
Auguste Quiquerez, s'appuyant sur une charte datée de 1212, indique qu'Ulrich II de Ferrette est alors devenu landvogt (avoué impérial) d'Alsace. Pour Christian Wilsdorf, c'est une erreur : cette charte date en fait de 1315 et le comte concerné est Ulrich III de Ferrette, petit-fils d'Ulrich II.
À partir de 1227 environ, le comte de Ferrette Frédéric II associe à son pouvoir ses deux fils, Ulrich II et Louis, qui prennent le titre de comte. Louis reçoit des territoires autour de Porrentruy. Louis de Ferrette est de plus en plus en conflit avec son père. En 1232 ou au début de 1233, il le capture et le tue. En 1862-1864, Auguste Quiquerez affirme que l'auteur du parricide est et non son frère Louis. Il cite à l'appui une charte dans laquelle Ulrich II avoue son crime. Toutefois, Christian Wilsdorf démontre qu'il s'agit d'un faux, fabriqué par Auguste Quiquerez lui-même.
Le , Ulrich II et ses deux frères Berthold et Albert, qui prend à cette occasion le titre de comte, s'engagent devant le landgrave de Haute-Alsace Albert de Habsbourg à respecter les engagements pris par leur père Frédéric II notamment les dons de deux villages et le paiement d'une forte amende. Leur frère Louis II, parricide excommunié et banni de l'Empire, qui possède les châteaux de Porrentruy et de Thann, remet finalement les deux châteaux de Thann à l'évêque de Strasbourg, Berthold de Teck, ennemi de sa famille. Parti en Italie demander au pape la levée de son excommunication, il tombe malade en route, à Rieti, lègue quasiment tous ses biens à l'Église et meurt, en . Comme il réussit à ce que son frère Albert renonce à son titre de comte, se contentant d'être avoué de l'abbaye de Masevaux, Ulrich II se retrouve seul comte de Ferrette.
Relations avec le comte de Montbéliard et l'abbaye de Murbach L'héritage de la sœur d'Ulrich II, Alix ou Adcardis, épouse de est aussi un objet de litige. Du chef de sa femme, réussit à obtenir en 1236 et 1237 qu'Ulrich II lui abandonne le château de Porrentruy et ses possessions dans la vallée de l'Ajoie, c'est-à-dire l'Allaine et l'avouerie de Bure, biens qui constitueront plus tard l'avouerie de l'Ajoie. Par ailleurs, contrôle l'avouerie de l'abbaye de Lure, sur laquelle est assise la dot de sa femme.
Les comtes de Ferrette sont en conflit avec l'abbaye de Murbach, parce qu'ils occupent la vallée de Saint-Amarin et les cours domaniales de l'abbaye à Delle, Balschwiller et Lutter. Ce conflit donne lieu à une enquête ordonnée par le roi des Romains . En , le père d', l'empereur germanique rend une sentence qui donne raison à l'abbé de Murbach. Les comtes de Ferrette sont obligés de conclure un accord avec lui en ou en : ils renoncent à toute prétention sur le péage de Saint-Amarin et promettent de se conduire en bons avoués de l'abbaye de Murbach à Delle, Balschwiller et Lutter.
Avant 1245, Ulrich II achète l'avouerie du village d'Uffholtz, au débouché de la vallée de Saint-Amarin, aux seigneurs de Horbourg, qui le tenaient en fief des Habsbourg. Il perçoit ainsi les revenus de cette avouerie, mais aussi ceux des domaines de l'abbaye de Murbach, dont il est devenu l'avoué pour ce village. Il passe une convention avec l'abbé Thibaut en 1245, dans laquelle il lui promet de ne plus priver l'abbaye de ses revenus à Uffholtz et de l'aider à construire un château à Saint-Amarin, mais Ulrich ne tient pas ses engagements.
En , les deux évêques de Strasbourg et de Bâle rendent une sentence qui oblige Ulrich à aider l'abbaye de Murbach pour la construction d'un château à Saint-Amarin. Le chantier se déroule vers 1255. Vers 1268, les ministériaux de l'abbaye dans ce nouveau château, la famille de Saint-Amarin, entre en conflit avec l'abbé et Ulrich peut arbitrer le litige, qui se termine par la destruction de la fortification. Ainsi, l'abbaye de Murbach abandonne l'idée de défendre elle-même la vallée de Saint-Amarin.
En 1267, Ulrich rachète à une cour domaniale, probablement Bure ou Porrentruy, mais le comte de Montbéliard encaisse l'argent sans délivrer le bien, ce qui déclenche une guerre, mal connue. En 1274, Berthold de Steinbrunn, abbé de Murbach, vend à le domaine de Delle, que Thierry reprend en fief de l'abbaye. Ulrich reste théoriquement avoué de Delle, mais y perd en fait tout pouvoir.
Le comte et les évêques vignette|redresse|Berthold de Ferrette et Ulrich II de Ferrette notifient l'incorporation du monastère de Michelbach-le-Haut à l'abbaye de Lucelle, 1253 (Archives départementales du Haut-Rhin, Colmar). Le , Ulrich II de Ferrette fait hommage au duc de Lorraine , pour son château de Spechbach-le-Bas qu'il reprend en fief, réservant toutefois sa fidélité à l'empereur et à l'évêque de Strasbourg. Le , Ulrich il fait hommage au comte de Bourgogne Hugues de Chalon, ce qui lui permet de récupérer l'avouerie de l'abbaye de Lure.
Dans l'affrontement entre le pape Innocent IV et l'empereur Frédéric II, de 1245 à 1250, Ulrich de Ferrette semble plutôt être du côté du pape, si on se fie à la manière dont parle de lui dans ses lettres. Le frère d'Ulrich II, Berthold, chanoine de Bâle, prévôt du chapitre de Moutier Grandval, lui aussi partisan du pape, devient évêque de Bâle.. en 1248, ce qui est un grand succès pour la famille. Les deux frères s'entendent pour une opération commune. En 1252, l'évêque de Bâle soumet le couvent de bénédictines de Michelbach-le-Haut à l'abbaye de Wettingen pendant que son frère le comte vend l'avouerie de ce couvent à la même abbaye de Wettingen, contre une somme élevée. L'année suivante, cette abbaye remet le couvent de Michelbach à l'évêque de Bâle, pour qu'il soit transmis à l'abbaye de Lucelle. En fait, l'abbaye de Wettingen a servi dans cette affaire de prête-nom à l'abbaye de Lucelle, qu'Ulrich II cherche particulièrement à favoriser.
En 1261, Ulrich et son fils Louis jurent de défendre l'abbaye de Lucelle contre ses ennemis les chevaliers de Brinighoffen, serment prêté entre les mains de l'évêque de Bâle. Ulrich et Berthold s'entendent aussi pour essayer de prendre à leur frère Albert son avouerie de l'abbaye de Masevaux, en s'appuyant sur leur nièce Anne de Glères, abbesse de Saeckingen.
Le , Ulrich II conclut un accord avec l'évêque de Strasbourg, , pour solder la question de l'héritage de Gertrude de Dabo, qui avait entraîné des guerres entre son père Frédéric II et l'évêque de Strasbourg Berthold de Teck. Ulrich II devient vassal de l'évêque de Strasbourg, reprend en fief de lui le château de Thann. Il renonce à Wahlenbourg dans le château de Haut-Eguisheim mais tient de l'évêque les deux autres tours de ce château. Il reçoit en fief les châteaux de Hohnack et de Wineck. En fait, Ulrich II n'obtient rien de l'héritage de Dabo qu'avait réclamé son père, mais récupère des possessions que l'évêque de Strasbourg avait confisquées, surtout Thann. Par ailleurs, il devient l'homme lige de l'évêque.
Toutefois, après la révolte des Strasbourgeois contre leur évêque Walter de Geroldseck et leur victoire contre lui lors de la bataille de Hausbergen en 1262, Ulrich II se considère comme libéré de ses obligations envers l'évêque de Strasbourg et agit à nouveau comme un seigneur alleutier à Thann, Hohnack et Wineck.
Le , Ulrich II noue une alliance étroite avec l'évêque de Bâle qui a succédé à son frère Berthold, Henri de Neuchâtel, contre , landgrave de Haute-Alsace, et : avec le consentement de son fils Thibaut, Ulrich II vend à l'évêque de Bâle tous ses alleux, qui constituent le comté de Ferrette, pour , devenant ainsi son vassal. Les conséquences pratiques sont que le comte ne pourra plus les aliéner ses biens sans le consentement de l'évêque, mais qu'il reçoit une forte somme en échange. Il promet aussi son aide militaire pendant dix ans.
Comme dans le reste du Saint-Empire, le est dans le comté de Ferrette une période de développement du pouvoir territorial du seigneur. Ainsi, Ulrich II érige deux localités en villes : Ferrette, bourg protégé par une muraille reliée au château, et Cernay.
Ulrich II meurt le et est probablement enterré à Feldbach. Son fils Thibaut lui succède.
Mariages et descendance Ulrich II est d'abord marié à une femme dont le nom n'est pas connu, qui est peut-être issue de la famille de Commercy. Ernest Petit affirme qu'il s'agit d'Élisabeth de Chalon, fille de et de Mahaut de Bourgogne., mais il s'appuie sur des documents non publiés et douteux.
Selon Christian Wilsdorf, elle est la mère de l'aîné des fils d'Ulrich II, Frédéric, cité dès 1232, seigneur de Rougemont ; destiné à succéder à son père, il prend le titre de comte en 1271, mais disparaît ensuite de la documentation ; il a eu deux fils, Jean de Rougemont et Frédéric ou Ulrich. Pour Philippe Lacourt et Paul-Bernard Munch, il n'y a pas de preuve de l'existence de cette première épouse et Agnès de Vergy pourrait être la seule épouse d'Ulrich II de Ferrette et la mère de Frédéric.
Après 1241 et avant 1256, Ulrich II se remarie avec Agnès de Vergy, fille de Guillaume de Vergy et de Clémence de Fouvent, veuve de Pierre de Bauffremont, encore vivant en 1236, avec qui elle a eu quatre fils, dont Liébaut qui succède à son père. Les enfants d'Ulrich II et d'Agnès de Vergy sont : Louis, cité dès 1259, seigneur de Florimont à partir de 1262, mort avant 1268, qui épouse une fille de la famille de Ribeaupierre, dont il a un fils nommé Ulrich ; Thibaut de Ferrette, comte de Ferrette après son père ; Adélaïde, épouse d'Ulrich de Regensberg ; Heilwig, épouse de Conrad de Horbourg ; Marguerite, épouse de Jean de Bourgogne, fils de Hugues de Chalon et frère du comte palatin de Bourgogne Otton IV ; Stéphanie, épouse de Conrad Werner de Hattstatt.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . . . .
Articles connexes
Thibaut de Ferrette Berthold de Ferrette Liste des comtes de Ferrette Comté de Ferrette
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