Amy Geertruida de Leeuw, née le à Haarlem et morte le , connue sous le nom de plume Geertruida Carelsen, est une écrivaine et journaliste néerlandaise. Ses nombreuses publications, de ses débuts en 1866 jusqu'aux années 1930, traitent souvent de la nature et des plantes. Elle est aussi une des premières femmes journalistes de son époque. Elle travaille durant de nombreuses années comme correspondante à Berlin du Nieuws van den Dag et du Utrechts Dagblad.
Biographie
Origine et famille Amy Geertruida de Leeuw est née le 10 avril 1843 dans la maison familiale à côté du à Haarlem. Elle est l'aînée des quatre enfants de Maria Cornelia Elisabeth Penninck Hoofd (1815/1816–1876) , une traductrice d'origine anglaise et (1816–1880), un ingénieur hydraulique chargé de l’assèchement de l’Anna Paulownapolder.
Elle est la petite-fille par alliance de l'architecte et architecte paysagiste , à la suite du remariage de sa grand-mère. Il est propriétaire de la pépinière Rozenhagen à Haarlem et initie Amy de Leeuw au jardinage, une passion qui ne la quittera jamais.
Elle fréquente l'école à Haarlem.
Son père perd une grande partie du capital familial, son emploi et son salaire lorsque la Société pour le drainage de l'Anna Paulownapolder fait faillite en 1848. Il devient ensuite Dijkgraaf, responsable d'un Office des eaux et, en 1855, la famille s'installe à l'Anna Paulownapolder. Amy De Leeuw vit ce changement comme une « transition brutale ».
Amy de Leeuw, alors âgée de 12 ans, et sa sœur Albertina Carolina sont désormais éduquées à domicile par leur mère, tandis que leurs deux frères poursuivent leurs études en pensionnat. Grâce aux origines anglaises de sa mère, Amy de Leeuw maîtrise l'anglais relativement jeune.
Amy de Leeuw participe aussi aux tâches ménagères : . Elle accompagne fréquemment son père lors des inspections des digues. A partir de l'adolescence, elle l'aide également dans son travail, en organisant son agenda professionnel, gérant une partie de sa correspondance, assurant en fait son secrétariat.
Écrivaine A l'âge de 20 ans, Amy de Leeuw décide de devenir écrivaine, .
Au départ, ses textes paraissent simplement sous la signature « Une fille de la campagne » (Een landmeisje), ensuite elle choisit le pseudonyme George Zeemeeuw. Puis, après des controverses sur ce choix d'un nom d'homme, elle utilise le nom de Geertruida Carelsen. « Geertruida » est déjà son deuxième prénom, et le deuxième prénom de sa grand-mère paternelle, « Carel » est le deuxième prénom de son père.
En 1863, Geertruida Carelsen écrit des lettres sur la nature, destinées à en apprendre davantage sur la nature aux « filles de la ville ». En 1874, ces lettres sont regroupées et publiées sous le titre In 't vrije veld. Brieven van een Landmeisje aan jonge dames (En plein champ. Lettres d'une fille de la campagne à des jeunes filles).
Elle célèbre la naissance de la princesse Wilhelmine en 1880 avec un poème Bij Prinsesjes geboorte (A la naissance de la princesse), qui est publié dans le , un quotidien à grand tirage basé à Amsterdam. Au cours des vingt années suivantes, elle enchaîne avec un certain nombre de nouvelles, de poèmes et de courtes « impressions » qui sont publiés dans divers journaux et magazines, dont et De Tijdspiegel.
Durant l'été 1881, une série de Dix Promenades botaniques en ville (Botanische stadswandelingen) » paraît dans le journal Het Nieuws van den Dag, une invitation à découvrir Amsterdam à travers ses espaces verts. Comme dans d'autres publications, elle y fait preuve de sérieuses connaissances en botaniques.
Pour Amy de Leeuw, l'écriture n'est d'abord qu'un simple passe-temps, mais devient par la suite un moyen pour elle de gagner sa vie, en tant que femme célibataire vivant de façon indépendante.
Geertruida Carelsen publie des séries similaires par la suite sur l’éducation à la nature, toujours organisées en ensembles de douze lettres ou récits.
Lors d'un séjour à l'étranger, elle rend visite à Selma Lagerlöf, lauréate du prix Nobel.
Infirmière La mère d'Amy de Leeuw décède en 1876, son père se remarie deux ans plus tard et décède, peu après, en 1880. Ses frères et sœurs ayant déjà quitté la maison, elle se retrouve seule pour la première fois. Elle travaille alors comme infirmière stagiaire dans un hôpital d'Amsterdam, qui ne nécessite alors pas de diplôme.
Londres Amy de Leeuw travaille dans cet hôpital jusqu'en 1888, quand elle part pour Londres, pour des raisons familiales et vit pendant près de trois ans chez des parents du côté maternel. A Londres, elle découvre une société très inégalitaire où la grande richesse côtoie la misère extrême. Grâce à sa famille, elle fréquente des cercles intellectuels, suit des cours et des conférences et fréquente les théâtres.
En 1890, à la fin de son séjour, elle publie le guide de voyage In Londen.
Journalisme Toujours en 1891, Amy de Leeuw part pour Berlin en tant que correspondante du Nieuws van den Dag et du Utrechts Dagblad. Elle publie un autre guide de voyage consacré, cette fois, à Berlin.
Elle acquiert une grande notoriété lors des dix-sept ans qu'elle passe à Berlin et se constitue un large réseau d'amis qu'elle conserve jusqu'à sa mort.
Avec , Amy de Leeuw appartient aux rares femmes de son époque à exercer le métier de journaliste : elle est parfaitement consciente d'être une femme dans un monde d'hommes.
Le botaniste la considère comme une des meilleurs journalistes néerlandais, indépendamment de son sexe.
En 1893, elle est une des premières femmes membres de la Société littéraire néerlandaise basée à Leyde, la Maatschappij der Nederlandse Letterkunde, jusqu'alors exclusivement masculine.
Dernières années Geertruida Carelsen passe ses quatorze dernières années à Haarlem, sa ville natale. Elle continue à écrire pour plusieurs magazines jusqu'à un âge avancé. Ses thèmes sont fréquemment liés à l'horticulture ou à la nature en général. Elle est aussi une fervente défenseure de l'amélioration de la formation professionnelle des femmes et prône la nécessité d'ouvrir des écoles d'horticulture pour les filles. Elle fait une intervention à ce sujet à l'Exposition nationale du travail des femmes à La Haye, à l'invitation de Jacoba Hingst. Elle consacre une grande partie de son temps à entretenir et à aménager son jardin de Rozenhagen.
Geertruida Carelsenpublie ses mémoires en 1928, puis un second volume paraît en 1933. Dans une lettre à son ami le dramaturge et homme d'affaires , elle écrit .
Elle continue également à assister aux réunions de la Société littéraire néerlandaise.
Aveugle et malade à la fin de sa vie, elle décède à Haarlem le 4 juin 1938 à l'âge de 95 ans.
En 2015, une double exposition consacrée aux écrivaines néerlandaises du siécle, est organisée sous le titre « Parce que j’avais quelque chose à dire » emprunté aux Mémoires de Geertuida Carelsen, au Musée littéraire et dans la salle de la Bibliothèque royale de La Haye.
Distinctions Chevalier de l'Ordre d'Orange-Nassau
Publications (sélection) Une version plus détaillée de cette liste est disponible sur le site de la Digitale Bibliotheek voor de Nederlandse Letteren (DBNL).
En 2015, Marga Coesèl publie Verzinnen doen wij niets, un panorama des chroniques naturalistes néerlandaises du début du XXe siècle à nos jours, de Geertruida Carelsen à et .
Bibliographie
Voir aussi
Liens externes Amy Geertruida de Leeuw sur Rijksbureau voor Kunsthistorische Documentatie- RKD
Notes et références
Catégorie:Journaliste néerlandais du XIXe siècle Catégorie:Décès en juin 1938 Catégorie:Naissance en avril 1843 Catégorie:Naissance à Haarlem Catégorie:Décès à Haarlem Catégorie:Écrivaine Catégorie:Écrivain néerlandais du XIXe siècle Catégorie:Chevalier de l'ordre d'Orange-Nassau Catégorie:Décès à 95 ans