Jean-Baptiste Jessy, dit Baptiste, né le à , dans l'État indépendant du Congo, et mort au combat le à Saint-Georges, est un militaire congolais de l'Armée belge pendant la Première Guerre mondiale. Engagé volontaire en août 1914, il sert dans les 1 et 5 régiments de chasseurs à pied, devient caporal et reçoit la croix de guerre.

Biographie

Jeunesse et arrivée en Belgique Jean-Baptiste Jessy naît le à Palabala, dans l'actuelle République démocratique du Congo. Il arrive à Anvers comme domestique au service d'un Européen. De Groote Rulle rapporte qu'il est abandonné sur un quai de la ville, où il grandit ensuite en travaillant au service d'un tapissier.

Il fait partie des Congolais identifiés dans les rangs de l'armée belge durant la Première Guerre mondiale. Ces militaires ne constituent pas une unité coloniale : vivant déjà en Belgique au début du conflit, ils s'engagent individuellement et sont répartis dans différentes unités.

Première Guerre mondiale Jessy s'engage volontairement le et rejoint un régiment de volontaires le 15 août. Il sert successivement dans les 1 et 5 régiments de chasseurs à pied. Avec le 1 régiment, il participe à la retraite de l'armée belge vers l'Yser et aux combats de l'automne 1914.

Il combat ensuite sur le front de l'Yser. Sa présence dans le secteur de Pervyse en 1915 et au début de 1916 est attestée par des photographies et par les journaux de guerre des infirmières britanniques Mairi Chisholm et Elsie Knocker. Les albums photographiques d'Elsie Knocker contiennent trois photographies légendées « Jean Baptiste ». Le journal de Mairi Chisholm mentionne également la visite de Baptiste le , lorsqu'il vient chercher sa photographie au poste médical de Pervyse.

Plusieurs récits de guerre évoquent un militaire congolais servant auprès d'un officier dans le secteur. Dans The Cellar-House of Pervyse, Elsie Knocker décrit un jeune Congolais attaché au service personnel d'un officier et souligne son courage. Herman Declerck identifie ce militaire comme Jean-Baptiste Jessy à partir des photographies annotées et des dossiers consacrés aux trente-deux soldats congolais de l'armée belge.

En octobre 1915, Jessy se trouve avec quatre autres soldats dans un poste d'écoute près de Vicogne. La montée des eaux et la destruction d'une passerelle isolent le groupe de sa position principale. Jessy décide de maintenir le poste et les cinq militaires y demeurent pendant quarante-huit heures, jusqu'au rétablissement du passage et leur relève. Son comportement est signalé à son commandant et il est promu caporal le lendemain.

Il participe ensuite aux patrouilles et aux opérations de son unité. Chargé du matériel des tranchées, il contrôle les équipements lors des changements d'unité. Son service lui vaut l'attribution de la croix de guerre.

Mort et sépulture Le , Jessy commande le poste avancé P.P. 8 dans les tranchées de Saint-Georges, près de Nieuport. Vers , un bombardement précède une attaque allemande. Un obus éclate dans le poste et le tue.

Le lendemain, le colonel Tybergin lui consacre une mention dans l'ordre du jour du régiment. Le texte rappelle son engagement dès le début de la campagne, sa présence continue au sein de l'armée, sa participation aux opérations du régiment et son comportement pendant le bombardement de son poste.

Jean-Baptiste Jessy est inhumé au cimetière militaire belge de La Panne, dans la tombe A-0124. Sa fiche du registre des morts de l'armée belge précise que ses parents, restés à Palabala, sont informés de son décès le .

Distinctions Croix de guerre.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie . .

Articles connexes Congo belge dans la Première Guerre mondiale Front de l'Yser Cimetière militaire belge de La Panne

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