Anne-Marie Dourlen-Rollier, née le à Paris 16e et morte le à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est une avocate engagée pour le droit à disposer de son corps. Elle a notamment milité au Mouvement français pour le Planning familial.
Biographie
Anne-Marie Dourlen nait le dans le arrondissement de Paris d'un père (Jacques Dourlen) ingénieur chimiste et d'une mère (Clotilde Travers) institutrice et militante socialiste. Sa famille paternelle était engagée : son arrière grand-père avait été membre de la Première internationale et son grand-père, médecin, a soigné des insurgés pendant la Commune de Paris.
Elle fait ses études secondaires à Paris au lycée Molière, devient licenciée de droit en 1941 puis a l'année suivante un diplôme d'études supérieures en droit privé et un de droit public en 1943. De à 1946 elle exerce le métier d'interprète en anglais au sein de l'armée. Elle obtient le certificat d'aptitude à la profession d'avocat en 1951 et travaille alors pendant quelques années dans le cabinet de Charles Libman.
Le , elle épouse Éric Rollier, ingénieur, et a un fils avec lui.
Anne-Marie Dourlen-Rollier ouvre son propre cabinet d'avocat en 1956 et reçoit alors des femmes aux prises avec la justice car elles ont eu recours à l'avortement et ont ainsi enfreint une loi de 1920 interdisant cet acte. Elle trouve cela injuste et en 1958 elle prend contact avec Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé, fondatrice de l'association Maternité heureuse et offre bénévolement ses services. Cela fait d'elle une des pionnières du contrôle des naissances après la Seconde Guerre Mondiale. En tant que responsable de commission juridique de l'association, c'est elle qui fournit l'important travail juridique mené par Maternité heureuse, association devenue le Mouvement français pour le Planning familial (MFPF) en 1960, en ce qui concerne l'élaboration et le commentaire de projets de loi relatifs à l'autorisation de la contraception. Elle donne également des conférences partout en France, diffusant l'idée de la maternité heureuse car volontaire, choisie. Dans ses prises de parole elle se fait le relais du discours d'alors du MFPF qui promeut la contraception entre autres car elle est un remède à l'avortement. C'est le cas par exemple en septembre 1959 lorsqu'elle intervient dans un congrès de prophylaxie criminelle et qu'elle met en avant la nécessité pour la France . Au sein de l'association elle fréquente des membres de la franc-maçonnerie, dont Pierre Simon et Yvonne Dornès et est elle-même initiée et devient membre de la Grande loge féminine de France au début des années 1960.
Elle poursuit sa formation en parallèle de son activité professionnelle et de ses engagements et soutient une thèse en 1962. L'année suivante elle publie le premier livre d'une série de plusieurs ouvrages sur l'avortement.
Contrairement à Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé, après l'obtention de l'autorisation de la contraception par la loi Neuwirth fin 1967, Anne-Marie Dourlen-Rollier reste engagée au MFPF mais ce n'est pas avec cette association qu'elle mène le combat pour l'avortement. En effet, avec Raoul Palmer elle confonde en 1969 l'Association nationale pour l'étude de l'avortement (ANEA), dont elle assure là encore les missions juridiques, en élaborant début 1970 un projet de loi visant à autoriser l'avortement thérapeutique sous certaines conditions sociales, après avis d'une commission composée de médecins. En désaccord avec le tournant radical pris par le MFPF elle démissionne de ses fonctions nationales en 1973.
Après la promulgation de la loi sur l'Interruption volontaire de grossesse elle confonde en 1976, de nouveau avec Raoul Palmer, l'Association pour la stérilisation volontaire, poursuivant ainsi son engagement pour la maternité et la parentalité choisies. Quatre ans plus tard elle rejoint l'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD), y exerce un mandat de vice-présidente.
Sur le plan professionnel elle devient magistrate et exerce successivement au tribunal de grande instance de Meaux puis à celui de Bobigny. Elle prend sa retraite en 1986.
Elle se suicide le juillet 2002. Son mari Éric Rollier décède le même jour qu'elle.
Publications (sélection)
La vérité sur l’avortement, Maloine, 1963 L’avortement autorisé ou défendu, Buchet Chastel, 1965 L’avortement en France, Maloine, 1967 Le Planning familial dans le monde, Payot, 1969 L’avortement (avec le médecin Jean Dalsace), Casterman, 1970 La société, le sexe et la loi (avec Pierre Ansart), Casterman, 1971 Le comportement sexuel des français (avec le médecin Pierre Simon, Jean Gondonneau et Lucien Mironer), Julliard, 1972 Le divorce à la carte (avec Colette Holstein), Le Centurion, 1976 La stérilisation volontaire en France et dans le monde (avec le médecin Raoul Palmer), Masson, 1981
Références
Liens externes
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