La lagune de Ouidah, située dans le département de l'Atlantique est l'un des écosystèmes côtiers les plus importants de la République du Bénin. Cet espace naturel s'étend sur une vaste superficie et participe à la vie socio-économique des populations riveraines.
Localisation et caractéristiques géographiques
Situation géographique La lagune de Ouidah se situe dans la commune de Ouidah, au sud du Bénin, dans le département de l'Atlantique.
La lagune fait partie intégrante du système hydrique complexe de la région sud-ouest béninoise, interconnecté avec d'autres plans d'eau de la zone côtière.
Dimensions et superficie Les études scientifiques indiquent que la lagune de Ouidah s'étend sur une superficie d'environ 4000 hectares.
La lagune est navigable sur plusieurs portions de son cours, et permet le déplacement des embarcations traditionnelles et la pratique de la pêche artisanale.
Hydrologie et sources d'alimentation
Systèmes d'alimentation en eau La lagune de Ouidah reçoit ses eaux de diverses sources. D'une part, les apports continentaux alimentent constamment le système lagunaire par des fleuves et des rivières qui traversent la région.
D'autre part, les échanges avec les eaux marines jouent un rôle prépondérant dans la régulation de la salinité et des échanges biologiques entre les deux écosystèmes.
Climat et régime pluviométrique La région où s'étend la lagune de Ouidah se situe dans une zone intertropicale caractérisée par un climat chaud et humide. Le régime pluviométrique local présente deux principales saisons des pluies : une première saison s'étendant d'avril à juillet et une seconde saison de septembre à novembre. Ce régime alterne avec deux saisons sèches.
Biodiversité et écosystèmes aquatiques
Richesse faunistique Parmi les ressources halieutiques présentes figurent de nombreuses espèces de poissons d'eau saumâtre et d'eau douce adaptées au milieu lagunaire. S'ajoutent à cela les populations de crustacés, notamment les crevettes. Des espèces de tortues aquatiques habitent également la lagune et contribuent à la biodiversité générale du milieu.
L'écosystème accueille des huîtres ainsi que diverses espèces d'oiseaux aquatiques. Le milieu lagunaire sert également de refuge pour des espèces menacées, notamment le lamantin d'Afrique et le crocodile nain, classés comme vulnérables dans les listes de conservation internationale.
Flore aquatique et palétuviers La végétation aquatique de la lagune de Ouidah se caractérise par la présence dominante de palétuviers. Ces formations végétales jouent un rôle écologique fondamental en fournissant nourriture et protection aux espèces halieutiques, tout en stabilisant les berges et protégeant les zones côtières contre l'érosion.
Les mangroves du site de la lagune de Ouidah agissent comme des puits de carbone significatifs et contribuent à l'atténuation des effets du changement climatique. La biomasse de ces formations végétales stocke le carbone atmosphérique et participe aux efforts mondiaux de régulation du climat.
Densité de pêcheurs et surpêche La densité de pêcheurs actifs dans les eaux lagunaires atteint environ 117 par km². Cette densité de pêcheurs exerce une pression sur les ressources disponibles et leur capacité de régénération.
Pratiques de pêche et engins utilisés La pêche pratiquée dans la lagune de Ouidah est de nature artisanale et utilise des engins et méthodes traditionnelles. Les pêcheurs locaux emploient des filets de diverses sortes adaptés aux espèces ciblées et aux conditions des eaux lagunaires. Cette forme de pêche fait face à des défis liés à l'inadéquation des équipements modernes et à la nécessité d'améliorer les techniques de capture.
Activité salicole dans la commune de Ouidah Production traditionnelle du sel La production traditionnelle du sel constitue une activité économique spécifique des zones humides de la commune de Ouidah, particulièrement dans les secteurs de Djègbadji et d’Avlékété. Elle repose sur l’utilisation de l’eau salée, des terres salées et de techniques artisanales adaptées aux conditions locales. Cette activité procure des revenus à de nombreux ménages ruraux et contribue à l’autonomisation économique des femmes impliquées dans la production et la commercialisation du sel .
La saliculture reste confrontée à des problèmes tels que la pénibilité du travail, l’insuffisance des équipements, les contraintes d’accès au foncier et le manque d’accompagnement technique . Dans certaines zones, les méthodes traditionnelles de production nécessitent une importante consommation de bois de chauffe. Des techniques améliorées, telles que la production de sel sur tables, sont expérimentées afin d’accroître les rendements .
Menaces et défis environnementaux
Pollution des eaux lagunaires La lagune de Ouidah fait face à des menaces de pollution provenant de multiples sources d'activités anthropiques. Les déchets solides issus des établissements humains riverains s'accumulent progressivement dans et autour du milieu lagunaire, et créent une pollution visuelle et chimique affectant la qualité de l'eau.
Les activités agricoles intensives contribuent également à la pollution par le déversement d'engrais et de pesticides inadaptés ou de mauvaise qualité dans les eaux. Qualité physico-chimique de l'eau Les analyses de la qualité de l'eau de la lagune côtière révèlent des valeurs élevées de minéralisation combinées à des concentrations faibles en oxygène dissous. Les paramètres mesurés durant les campagnes d'échantillonnage scientifique mettent en évidence une variabilité spatio-temporelle significative reflétant l'impact des activités humaines sur l'équilibre écologique du milieu.
Dégradation des écosystèmes de mangrove Les écosystèmes de mangroves du site de Ouidah subissent une dégradation progressive qui menace leur intégrité écologique et leur capacité à fournir les services essentiels aux espèces qu'elles abritent. Cette dégradation découle de multiples facteurs tels que la surexploitation du bois de palétuvier, la conversion des terres pour d'autres usages et l'impact de la pollution côtière.
Surpêche et épuisement des ressources Le niveau de surpêche qui caractérise les eaux lagunaires engendre un déclin des populations de poissons et de crustacés. L'utilisation d'engins de pêche inadaptés et les pratiques de capture non sélectives amplifient cette pression et réduisent la capacité des stocks à se régénérer naturellement.
Changement climatique et élévation du niveau marin Le changement climatique entraine l'élévation progressive du niveau des mers et menace l'intégrité physique des côtes et la viabilité à long terme des écosystèmes côtiers. Les phénomènes météorologiques deviennent plus fréquents et intensifs et créent des risques accrus pour les communautés établies dans les zones côtières et lagunaires.
Initiatives de conservation et gestion durable
Reconnaissance internationale et site Ramsar La lagune de Ouidah fait partie intégrante du site Ramsar numéro 1017, officiellement désigné en tant que zone humide d'importance internationale. Ce vaste complexe, qui combine la basse vallée du Couffo, la lagune côtière, le chenal Aho et le lac Ahémé, représente l'écosystème de mangrove le plus important du Bénin avec une superficie totale de 524 289 hectares. Restauration des habitats dégradés La restauration des zones humides de Ouidah s’appuie sur plusieurs actions complémentaires, telles que la replantation des palétuviers, la réhabilitation des espaces dégradés, la surveillance communautaire et la limitation des activités incompatibles avec la conservation des habitats « Restauration des mangroves dans la région du Lac Ahémé et de la lagune côtière », sur Réseau Climat Développement (lire en ligne http://climatdeveloppement.org/lercd/eco-benin/restauration-des-mangroves-dans-la-region-du-lac-aheme-et-de-la-lagune-cotiere/?utm_source=perplexity, consulté le 10 août 2026) . Voir aussi
Article connexe
Lagune de Cotonou
Références
Catégorie:Lagune Catégorie:Cours d'eau