La est une glaçure feldspathique traditionnelle japonaise apparue à la fin du dans les fours de Mino, durant l'époque Momoyama. Elle est considérée comme la première glaçure feldspathique développée au Japon et se caractérise par son aspect blanc laiteux, son épaisseur, sa texture légèrement grenue et les nuances orangées ou rougeâtres produites par les oxydes de fer
Initialement employée pour les grès destinés à la cérémonie du thé, la glaçure shino est ensuite déclinée en plusieurs variantes, parmi lesquelles l'e-shino, l'aka-shino, le nezumi-shino ou le hai-shino
Histoire La glaçure shino apparaît dans les fours de Mino à la fin du , durant l'époque Momoyama. Elle constitue la première glaçure japonaise dont le composant principal est le feldspath, rompant avec les glaçures à base de cendres végétales qui dominaient jusque-là la production céramique
Développée pour les grès utilisés lors de la cérémonie du thé, elle connaît un important succès avant de disparaître progressivement au début de l'époque d'Edo, au profit d'autres glaçures, notamment l'oribe
Au , le céramiste Arakawa Toyozō contribue à redécouvrir les techniques traditionnelles du shino en étudiant les anciens fours de Mino et en reconstituant les recettes historiques
Composition Matrice vitreuse La glaçure shino est une glaçure feldspathique dont le principal constituant est le feldspath. Celui-ci agit à la fois comme fondant et comme constituant de la phase vitreuse, ce qui distingue le shino des glaçures de cendre plus anciennes
La cuisson est généralement réalisée entre les cônes Seger 8 et 10 (environ 1250 à 1300 °C), le plus souvent en atmosphère oxydante
Constituants fonctionnels Selon les formulations, la glaçure peut également contenir de la silice, de la craie et des cendres végétales. Certaines recettes utilisent des oxydes de fer pour produire des nuances orangées ou rouges, tandis que d'autres incorporent du carbonate de cuivre afin d'obtenir des variantes colorées
Formulations traditionnelles Sanders rapporte plusieurs recettes historiques de glaçure shino. L'une d'elles, destinée à une cuisson oxydante au cône Seger 8 (environ 1250 °C), est composée de 60 parts de feldspath de Fukushima, 10 parts de craie et 30 parts de silice
D'autres formulations destinées à des variantes ou à des glaçures apparentées remplacent une partie du feldspath par des cendres végétales, de la magnésite ou des terres ferrugineuses afin de modifier la texture et la coloration finale
Résultat visuel Le shino produit une glaçure épaisse, blanche à blanc crème, dont la surface présente souvent une texture légèrement grenue. Selon la composition et les conditions de cuisson, elle peut laisser apparaître des nuances orangées, rouges ou grisâtres, ainsi que des zones plus ou moins translucides
L'épaisseur de la glaçure, la teneur en oxydes de fer et l'atmosphère de cuisson influencent fortement le résultat final. Les variations obtenues sont particulièrement recherchées dans les céramiques destinées à la cérémonie du thé
Emploi La glaçure shino est principalement utilisée sur des grès de Mino, notamment pour les bols à thé, les assiettes, les plats et les vases. Son aspect sobre et ses variations naturelles s'accordent avec les principes esthétiques de la cérémonie du thé japonaise
Variantes Au cours de son développement, la glaçure shino a donné naissance à plusieurs variantes, différant par leur décor, leur composition ou leur procédé de fabrication. Si toutes reposent sur une glaçure feldspathique épaisse, elles se distinguent notamment par l'emploi d'oxydes de fer, de cendres végétales ou de techniques décoratives particulières.
E-shino L’e-shino (絵志野, « shino peint ») est caractérisé par des décors exécutés à l'oxyde de fer sous la glaçure. Les motifs, souvent floraux ou géométriques, sont recouverts d'une glaçure shino translucide. Les pièces sont cuites en atmosphère oxydante, ce qui permet de préserver la blancheur de la glaçure tout en révélant les décors brun rouge
Aka-shino L’aka-shino (赤志野, « shino rouge ») est une variante dont les teintes rouges, orangées ou brun rouge résultent de la présence d'oxydes de fer et des conditions de cuisson. Les nuances obtenues peuvent varier du rose pâle au rouge profond selon la composition de la glaçure et la cuisson
Nezumi-shino Le nezumi-shino (鼠志野, « shino gris ») est obtenu en appliquant une couche d'engobe ou un décor à base d'oxyde de fer, recouvert ensuite d'une glaçure shino. Des motifs sont ensuite gravés dans la glaçure selon la technique du sgraffito. Après cuisson, les parties gravées prennent une coloration gris foncé à noire qui contraste avec le fond blanc caractéristique du shino
Hai-shino Le hai-shino (灰志野, « shino aux cendres ») incorpore des cendres végétales dans la composition de la glaçure. Celles-ci augmentent sa fluidité et favorisent l'apparition de surfaces plus vitrifiées, translucides et parfois légèrement verdâtres, tout en conservant les caractéristiques esthétiques du shino
Neriage-shino Le neriage-shino (練上志野) désigne les pièces réalisées selon la technique du neriage, qui consiste à mêler plusieurs argiles de couleurs différentes avant le façonnage, puis recouvertes d'une glaçure shino. Les marbrures de la pâte demeurent perceptibles sous la glaçure et participent à l'effet décoratif
Galerie
Voir aussi Céramique japonaise Glaçures de céramique japonaise
Références
Catégorie:Type de glaçure de céramique japonaise