L est un néologisme politique, aux contours flous, utilisée par la droite et à l’extrême droite, dans le débat public pour s'opposer à des politiques publiques environnementales en faveur du climat ou de la biodiversité.
Les partisans de cette expression désignent par cette expression des mesures perçues comme excessivement contraignantes, moralisatrices ou liberticides, imposant des sanctions ou des restrictions jugées injustes ou arbitraires envers la population. Les opposant à celle-ci dénoncent une expression biaisée contribuant au déni du changement climatique et retarder les réformes écosociosystèmes rendus nécessaires face à l’urgence climatique.
Sens L'élément de language possède un sens aux contours flous. Elle est utilisée en opposition à des mesures environnementales ou climatiques jugées comme une atteinte aux libertés individuelles et représentant une charge disproportionnée, notamment pour les populations les plus vulnérables ou certains secteurs économiques. Elle apporte une critique de justice sociale à des mesures prises pour répondre aux crises écologiques, tout en étant un outil efficace pour freiner tout changement de modèle...
L’expression est largement utilisée par des politiques et des éditorialistes de droite, d’extrême droite et libéraux, peu favorables aux politiques publiques écologiques. Elle se caractérise surtout par les qualificatifs qui lui sont associés par ses partisans. Elle est considérée comme par Jean Castex., par Valérie Pécresse., par Éric Zemmour, par Jordan Bardella, ou . par Gabriel Attal.. Elle est parfois accolée à la figure de l’ ou du , comme le répète Marine Le Pen...
Usages
Mobilité L'expression est utilisée dans le cadre de projets de loi visant à limiter la vitesse sur la route en zone 30., à 80 km/h sur les routes bidirectionnelles ou à 110 km/h sur autoroute. afin d'améliorer la qualité de l'air, réduire les émissions de gaz à effet de serre et la sécurité routière. Elle est utilisée pour s'opposer à la mise en place de zones à faibles émissions dans la cadre de la réduction de la pollution de l'air en particules en suspension et en oxydes d’azote.....
Agriculture L'expression est utilisée pour s'opposer au plan Écophyto, visant à réduire l'usage de pesticides source de pollution des captages d'eau potable.. Elle est utilisée également lors du débat sur l'usage de l'eau sur la constitution de retenue de substitution, ainsi que ce qui est dénoncé comme du "dénigrement" du modèle agricole conventionnel : l'agribashing, ou dans le cadre du débat sur la santé publique et la biodiversité du projet de loi Duplomb..
Autres Elle est utilisée pour réduire la portée des politiques publiques de rénovation énergétique, mise en place pour améliorer le confort thermique, ou la mise en place d'une taxation carbone sur les énergies fossiles. Historique Au Royaume-Uni, en 2000, des transporteurs, agriculteurs et automobilistes bloquent des raffineries et des dépôts de carburant pour protester contre l’augmentation des droits sur l’essence et le diesel. La mesure était défendue notamment au nom de la réduction de la consommation de carburants fossiles. Les opposants la percevaient surtout cette mesure comme une pénalisation fiscale des personnes dépendantes de la voiture..
Frédéric Nihous, président du parti Chasse, pêche, nature et tradition, est le premier à utiliser en France l'expression d', dans son clip de la campagne pour la présidentielle française de 2007.. Celui-ci justifie la non-signature du pacte écologique de la Fondation Nicolas-Hulot pour la nature et l'homme en raison d'une .. Elle est popularisée par des personnalités comme Claude Allègre et François Fillon.
En France, entre 2013, le projet de redevance de l’écotaxe devait faire payer les poids lourds en fonction des kilomètres parcourus afin de financer des modes de transport moins polluants, comme du transport en communs et du fret ferroviaire. Les transporteurs et une partie des acteurs économiques bretons mobilisée au sein du mouvement des Bonnets rouges, jugeant la mesure injuste et menaçante pour leur compétitivité. Le , Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, lui donne une importante visibilité en renonçant à l’écotaxe au motif qu’elle ne devait pas être "punitive", marquant le succès de ce concept comme un motif légitime de contestation des politiques environnementales contraignantes..
En 2018, le projet d'augmentation de la taxe carbone et des taxes sur le diesel et l’essence, comme réponse à la lutte contre le changement climatique, contribue au déclenchement du mouvement des Gilets jaunes. La contestation repose en partie sur le sentiment que l’effort repose principalement sur les automobilistes et les ménages ruraux ou modestes...
Aux Pays-Bas, depuis 2019, après une décision de justice invalidant le système néerlandais de permis d’émission d’azote agricoles, le gouvernement envisage de réduire fortement les émissions d’ammoniac et d’oxydes d’azote, avec des conséquences potentiellement lourdes pour l’élevage. Des agriculteurs dénoncent une politique pouvant conduire à la réduction, voire à la fermeture, de nombreuses exploitations ; d’importantes manifestations commencent en 2019 et s'intensifie en 2022..
À la suite de la publication des 150 propositions de la Convention citoyenne pour le climat en 2019, l’expression “écologie punitive” est abondement utilisé par la presse et certaines personnalités politiques.
Analyses et critiques Biaisé le débat démocratique L'élément de langage sert à disqualifier, de manière biaisé, toute forme de critique du modèle de société (décroissance, croissance verte...), la réduction de la natalité, le voyager en avion, la consommation de viande, la politique publique de zéro artificialisation nette (ZAN) .
L'expression est qualifiée par le journaliste Patrick Cohen de .
Réponse à l'urgence climatique
Plusieurs voix dénoncent l’emploi du terme comme un anathème rhétorique qui sert à éviter le débat démocratique et ralentir les réformes nécessaires face à l’urgence climatique. Les partisans de l'écologie relativisent l’importance des émissions de CO2 directe, produite en France par rapport à l’échelle planétaire. Un chiffre sous-estimé qui ne tient pas compte de la proportion importante des émissions de CO2 sur les biens importés par les Français, dont la production n’est pas comptabilisée dans ces calculs.. Ses promoteurs partagent des positions climatosceptiques et rassuristes, contribuant à l'inaction écologique.
Responsabilisation individuelle vs politique publique De nombreuses institutions internationales (GIEC, CCNUCC, etc.) comme une nécessité pour limiter la hausse des températures à +2 °C, voire +1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. L'accord de Paris sur le climat est décliné au niveau français dans la stratégie nationale bas carbone et celle-ci poursuit l'objectif d'atteindre la neutralité carbone d'ici à 2050.
Selon les partisans de l'écologie , la responsabilisation de l'individu devrait être privilégié. Ils font passer la contrainte réglementaire comme une atteinte à la liberté. Selon des membres du gouvernement, une politique écologique pensée uniquement pour éviter la contrainte ne peut atteindre les objectifs climatiques fixés par l’accord de Paris sur le climat, qui nécessitent des changements ambitieux et contraignants dans les modes de vie et l’économie..
Critique de la perception Selon Thomas Wagner, vulgarisateur climat sur Bon Pote, . Selon lui, trois profils peuvent percevoir certaines mesures comme punitives, les personnes méconnaissant des ordres de grandeurs des conséquences du changement climatique. Les ménages aisés dont l'empreinte carbone est très élevé et qui vont devoir adapter considérablement leur niveau de vie. Ainsi que les ménages les moins aisés qui peuvent percevoir ces mesures de transition écologique comme une traduction de l’injustice sociale, en l'absence de mesures d’accompagnement et de soutiens adaptées. Il rappelle que des décisions politiques internationales comme le protocole de Montréal ratifié en 1987 par 196 pays à contribuer à supprimer progressivement les substances dégradant la couche d’ozone. Ainsi que l'évolution des politiques publiques sur les modalités de la vente de cigarettes ont permis une réduction de la consommation de tabac.
Certaines analyses pointent la faiblesse des moyens d’application et de sanction dans le domaine environnemental, réfutant l’idée d’une écologie véritablement punitive sur le terrain..
Absence d'alternatives vs statu quo L'absence de est mobilisée par ses partisans pour s'opposer à différentes mesures. Cette position est dénoncée par ses opposants, comme étant régulièrement utilisé par les partisans du Statu quo ante bellum.
Notes et références Notes
Références
Annexes Articles connexes Néologisme politique - Agribashing - Islamo-gauchisme - Écoterrorisme Impacts du changement climatique Écotaxe - Mouvement des Bonnets rouges Taxe carbone en France - Mouvement des Gilets jaunes Zone à faibles émissions - Certificat qualité de l'air - Loi portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets
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