Clémence Lollia Hilaire (née en 1995 en Guadeloupe), aussi connue sous le nom Clémence Hilaire, est une artiste plasticienne guadeloupéenne vivant aux Pays-Bas. Elle s'intéresse à la diaspora africaine et à l'impact colonial sur le corps des femmes.
Biographie Hilaire naît en Guadeloupe en 1995 et quitte l'île pour l'Hexagone à l'âge de 17 ans. Elle étudie le design textile en France où elle subit le racisme. En 2020, elle obtient une licence en beaux-arts à l'académie Gerrit Rietveld.
Elle est exposée pour la première fois en 2020 dans la galerie Het Hem de Zaandam. De 2022 à 2024, elle est en résidence à De Ateliers à Amsterdam. En 2023, elle est invitée à la Biennale de Coventry. La même année, elle reçoit un diagnostic d'endométriose, ce qui impacte beaucoup son œuvre.
En 2026, elle est résidente à Triangle Astérides. La même année, elle est exposée dans Van Lévé. Visions souveraines des Amériques et de l’Amazonie créoles et marronnes (Guadeloupe, Guyane, Martinique et Haïti), la première exposition collective sur les artistes franco-caribéens, réalisée par Claire Tancons.
Œuvre vignette|Affiche de Les Morts-vivants (1932), souvent cité comme le film qui rend populaire la figure du zombie dans la culture occidentale Durant la première phase de sa carrière, Clémence Lollia Hilaire s'intéresse aux cheveux, particulièrement ceux des femmes afro-descendantes. L'exposition questionne les critères de beauté en matière de pilosité et présente la chevelure et son traitement comme potentiellement subversifs. Hilaire produit un discours en relation au mouvement « cheveux naturels », thème sur lequel elle travaille durant sa licence. L'identité noire est au coeur de sa démarche artistique.
Par la suite, Hilaire traite de violence médicale et fait référence, dans l'exposition , aux travaux de Deirdre Cooper Owens sur James Marion Sims, le « père de la gynécologie moderne » qui opère des femmes esclaves sans leur consentement et sans anesthésie.
Elle utilise le genre horrifique et ses figures mythiques (zombie, fantôme, etc.) dans ses installations pour créer un sentiment d'insécurité. Elle explore la perspective coloniale sur le folklore caribéen, notamment le vaudou, à travers son traitement vidéo des zombies. Dans , un pastiche de film d'horreur, les zombies représentent la perte de contrôle des femmes noires au sein d'un monde raciste et sexiste qui cherche à les exploiter.
Elle s'inspire du concept d'hantologie de Jacques Derrida, sur lequel elle élabore son mémoire de licence. Son œuvre est aussi impactée par les productions de Stuart Hall, David Hammons, Donald Rodney, Edouard Glissant et Octavia Butler. Elle traite souvent de thèmes liés la maladie chronique et au corps comme chair, voire comme viande, en se basant d'abord sur sa propre expérience de l'endométriose. Elle s'intéresse de manière générale aux rapports de domination et cherche à dépasser l'essentialisme en se concentrant sur des « glissements ontologiques ».
Hilaire travaille avec des matériaux naturels, surtout les algues, qu'elle traite et sèche de façon à leur donner l'apparence de cuir ou de cheveux. Elle utilise aussi le cinéma, l'installation et la sculpture dans sa pratique artistique.
Reconnaissance En 2020, elle remporte le prix Rietveld du meilleur mémoire pour .
Expositions au Wereldmuseum de Rotterdam (2022). à la Galerie Fons Welters d'Amsterdam (2024). Degrés Est au FRAC Lorraine de Metz (2024-2025).
Articles connexes Afroféminisme Black feminism Études postcoloniales Marlon James (romancier) Kelly Sinnapah Mary
Notes et références
Catégorie:Naissance en 1995 Catégorie:Naissance en Guadeloupe Catégorie:Artiste guadeloupéen Catégorie:Plasticienne française contemporaine Catégorie:Réalisatrice française de cinéma Catégorie:Réalisateur de film d'horreur