Les relations entre la Bretagne et l'Italie s'inscrivent dans le cadre des relations entre la France et l'Italie, et s'expriment au cours du temps dans les domaines religieux, politiques, artistiques, et migratoires. Elles peuvent prendre la forme d'une forme de paradiplomatie.

Elle sont initiées dès le dans un cadre religieux, puis politique au . Après l'an mille ces échanges gagnent en importance, voyant à la fois des bretons exercer des responsabilités en Italie à la suite de la conquête normande de l'Italie du Sud aux . Des combattants de chaque péninsule sont aussi engagés au lors de la guerre de Succession de Bretagne et lors de la guerre des Huit Saints, cette dernière voyant la se rendre responsable du massacre breton à Césène en 1377. Des commerçants italiens sont aussi plus nombreux dans la Bretagne de la fin du Moyen-Âge, et y introduisent les avancées artistiques et intellectuelles de l'humanisme italien.

L'époque contemporaine voit l'immigration politique et professionnelle italienne marquer la Bretagne, des personnalités comme Faustino Malaguti dans les sciences ou les Odorico dans le bâtiment s'illustrant entre la fin du et le début du . En paralèlle des bretons s'illustrent lors des luttes politiques italiennes de la même époque, comme Joseph-Louis Guérin ou Paul de Flotte dans différents camps.

L'Après-guerre est marquée par l'installation et l'intégration d'une diaspora italienne plus nombreuse, le développement d'échanges économiques plus diversifiés, et la mise en place de nombreux jumelages entre villes des deux espaces.

Historique au

Relations religieuses dans le cadre carolingien au L'intégration de la Bretagne à l'espace caroligien entraine une reprise des contacts religieux entre les notables chrétiens de la péninsule et Rome.. L'abbé Conwoïon se rend à Rome vers 847 pour représenter le roi Nominoë auprès du pape Léon IV, et en revient avec une relique de saint Marcellin ainsi que divers objets de culte.. Ces reliques conservées à l'abbaye Saint-Sauveur de Redon attirent à leur tour des pélerins italiens dans la région.. L'évêque d'Aleth Rethwalatr vers 860 consulte lui le pape Nicolas Ier, et une décennie plus tard le roi breton Salomon projette même de se rendre en personne dans la ville pour s'entretenir avec le pape Adrien II, après avoir lui aussi eu des échanges épistolaire avec ce dernier.

Les raids normands que subit la Bretagne entre le dernier quart du et le milieu du Xe mettent fin à cette nouvelle vague de contact entre la Bretagne et l'Italie..

Reprise des contacts après l'an mille La fin des raids normands puis l'émergence d'un cadre politique stable en Bretagne permet, vers l'an mille, la reprise des contacts entre les deux péninsules. Un plus grand nombre de pèlerins se rendent à Rome, dont des cadres politiques bretons comme le duc de Bretagne Geoffroi Ier en 1008, le duc de Bretagne Hoël II après 1072, ou le comte de Cornouaille Alain Canhiart en 1029. Des échanges diplomatiques ont aussi lieu, comme la rencontre de plusieurs émissaires bretons avec le pape Léon IX avant le concile de Verceil de 1050..

Rome imprime aussi sa présence en Bretagne, alors que le pape Léon IX nomme un cardinal italien Airard à la tête de l'évêché de Nantes..

Des combattants bretons sont par ailleurs présents aux côtés des normands lors de la conquête normande de l'Italie du Sud au , et certaines familles bretonnes se voient chargées de responsabilités en Italie du sud, comme , évêque de Catane en 1092. Dans la région de Sant'Agata di Puglia, une famille, les Breton, bénéficient de plusieurs charges importantes.. Une trentaine de dignitaires bretons sont identifiés entre le et le dans tout le Mezzogiorno.. Cependant, et contrairement à ce qui se passe en Angleterre à la même époque, ces bretons perdent le contact avec leur région d'origine, et laissent peu de traces en Bretagne.. Ces probablement par ce biais que se diffuse aussi en Italie au début du la matière de Bretagne..

Intensification des échanges à la fin du Moyen Âge Les navires commerciaux italiens venant de Gênes ou de Venise commencent régulièrement à croiser au large des côtes bretonnes lors de leurs navigations vers Londres ou les Pays-Bas à partir de 1277. Si aucun port bretons ne devient une étape régulière de ces marchands, les échouages de ces navires suite à des tempêtes ou des avaries sont dès la fin du à l'origine de nombreux contentieux dans les cours bretonnes.. Le duc de Bretagne Jean II parvient à faire venir à Nantes des monnayeurs de Toscane, et à partir 1319 les Bardi disposent de représentants dans le duché pour défendre leurs intérêts.

Le déclenchement de la guerre de Succession de Bretagne en 1341 voit arriver de nombreux mercenaires italiens dans le duché, combattant pour l'essentiel du coté des franco-bléssistes. Ils restent cependant peu longtemps dans le duché, mais bénéficient d'une réputation plutôt favorable dans la population, ne se rendant pas coupables d'exaction notable.. La fin de la guerre de Succession de Bretagne en 1364 laissent les combattants bretons désœuvrés, et certains sont recrutés comme mercenaires en Italie. Les autorités papales de Grégoire XI ont ainsi recours à et à sa entre 1376 et 1378 pendant la Guerre des Huit Saints. Certains de ces combattants bretons se rendent coupables d'atrocités lors du massacre breton à Césène en 1377. Une œuvre littéraire, la Gestes des bretons en Italie est composée à la même époque et rend compte de leurs quotidiens dans la péninsule cisalpine...

La modernisation du duché breton sous le règne de Jean V à partir de 1399 attire dans la péninsule des artisans italiens. Leurs réalisations permettent au pouvoir ducal de véhiculer un discours politique et d'assoir sa légitimité et ses prétentions d'autonomie. Des maisons de négoces italiennes disposent de succursales à Nantes à partir de son règne, comme les Lomellini, les Spinola.. Les premières influences de l'humanisme italien sont perceptibles chez des auteurs bretons comme Pierre Le Baud qui dans son ystoires des Bretons de 1480 multiplie les références aux historiens italiens contemporains..

Les contacts entre pouvoirs bretons et autorité papale à Rome se banalisent lors de cette période. De nombreux prélats s'y rendent régulièrement, et parfois même quelques simples pèlerins issus du peuple. Certains ecclésiastiques, comme les évêques Alain IV de Coëtivy ou Philippe de Coetquis font même une partie de leurs carrières à Rome. En 1455, les bretons bénéficient de plus de l'attribution d'une église par le pape Nicolas V, l'église Saint-Yves-des-Bretons..

Un marqué par les instabilités politiques thumb|upright=0.5|Faustino Malaguti marque l'histoire des sciences à Rennes dans la seconde moitié du . La présence de quelques immigrés politiques italiens est relevées sous la Restauration, après l'échec de mouvements révolutionnaires dans la péninsule cisalpine.. Certains s'installent durablement dans la région, notamment Faustino Malaguti qui dirige la faculté des sciences de Rennes puis l'académie de Rennes entre 1855 et 1873.. L'immigration économique reste cependant très faible jusqu'au début de la Troisième République..

Des bretons sont aussi présents lors des troubles politiques en Italie. Ils sont environ un millier de combattants au sein des zouaves pontificaux qui défendent les États pontificaux de 1861 et 1870 lors des dernières années de la unification italienne.. L'un d'eux, Joseph-Louis Guérin mort à la Bataille de Castelfidardo en 1860 connait à l'époque un début de culte populaire.. Dans le camps opposé, Paul de Flotte combat lui dans les troupes de Garibaldi, et plusieurs hommages lui sont rendu en Italie à sa mort..

Immigration économique sous la Troisième République thumb|upright=0.5|Des mosaïstes italiens comme les Odorico à Rennes marquent les bâtiments de la région, notamment dans l'entre-deux-guerres. Une immigration professionnelle italienne vers la Bretagne commence à être perceptible à la fin du . Elle est numériquement moins importante que dans les autres régions françaises, mais pose les bases à partir desquelles elle va se développer par la suite, par recrutements familiaux ou régionaux. La première génération de familles italiennes comme les Ronco à Rennes (dès 1899), les Andreatta à Lorient (dès 1891), ou les Bergamasco à Ploërmel (dès 1909) est déjà présente dès cette époque.. Leurs nombre progresse régulièrement ; en Ille-et-Vilaine, ils sont 170 en 1890, puis 265 en 1910, et 357 en 1914. ; dans le Morbihan, ils sont 21 en 1889, puis 60 en 1903.. La plupart sont employés dans le secteur du bâtiment, ou des secteurs voisins, et exercent dès cette époque dans les grands pôles urbains comme Rennes, Saint-Malo, ou Lorient... Alors que les bretons sont mobilisés pendant la première guerre mondiale, des ouvriers italiens participent à l'effort de guerre dans la région, en travaillant notamment à l'arsenal de Rennes..

Le nombre d'immigrations italiens progresse en Bretagne pendant l'entre-deux-guerres. Dans le Morbihan, ils sont une centaine en 1921, puis 200 en 1925, et 668 en 1937.. En Ille-et-Vilaine, ils sont aussi une centaine en 1920, puis 602 en 1926. Le bâtiment et ses métiers continue d'être la principale occupation de cette immigration, et des réalisations dans ce secteur marquent durablement la région. Des mosaïstes comme les Odorico à Rennes. ou les Andreatta à Lorient. produisent de nombreuses œuvres dans la région. Dans la région de Lorient, la mode des maisons à l'italienne, rendues possibles grâce aux techniques des cimentiers italiens, marque la création des pavillons des années 1930.. Le nombre d'immigrés italiens est estimé à 2500 avant le début de la seconde Guerre mondiale, mais ils doivent faire face à des contraintes d'embauche, alors que la crise économique s'installe en France.

Des relations après-guerre plus diversifiées L'ordre de l'Hermine est remis en 1973 à Rome à Gabriele Pescatore..

Plusieurs opérations capitalistiques sont enregistrées à partir des années 2000. Si dans le domaine de la construction navale, le rachat des Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire par Fincantieri finit par être abandonné en 2021., dans le domaine du luxe le milliardaire breton François Pinault fait l'acquisition de plusieurs marques italiennes comme Gucci ou Bottega Veneta au sein de son groupe Kering.. Ce dernier fait par ailleurs rénover le Palais Grassi à Venise et y ouvre un musée en 2006 où est exposé une partie de sa collection d'art contemporain... Le groupe rennais Le Duff émerge à partir des années 2000 comme le premier groupe de restauration italienne en France..

Plusieurs bretons accèdent à des postes à responsabilité au sein de l'administration vaticane au début du , comme l'archevêque rennais Christophe Pierre., ou l'interprète père Landousie...

Populations de nationalité italienne vivent en région Bretagne en 2021. Cette population est en hausse et représentait en 2011. Dans une ville comme Rennes, on estime dans les années 2020 à un millier le nombre de personnes italiennes ou d'origine italienne.. Le militant italien Vincenzo Vecchi réside par ailleurs dans le Morbihan depuis les années 2010, ce qui est à l'origine d'une demande d'extradition par la justice italienne...

Relations économiques L'Italie est le troisième partenaire économique de la Bretagne en 2023, derrière l'Allemagne et l'Espagne. Elle est au troisième rang des exportations, avec , ce qui représente du total des exportations. Elle est au sixième rang de ses importations, avec , ce qui représente du total des importations. L'excédent commercial est alors de ..

Jumelage

Saint-Julien - San Giorgio Monferrato (2000)

Quimper - Foggia (2011)

Sources Références

Bibliographie

Relations au Moyen Âge : . . . . . . Relations à l'époque contemporaine : .

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