Mélisende de Tripoli, née après 1140 et morte vers 1161, est une princesse des États latins d'Orient. Elle est la fille du comte et de son épouse Hodierne de Jérusalem.
Son cousin, le roi , la proposa comme épouse à l'empereur byzantin , qui accepta. Des préparatifs furent entrepris en vue du mariage, et la noblesse de l'Orient latin voyait en Mélisende la future impératrice byzantine. Toutefois, après de longs délais, l'empereur annonça qu'il n'épouserait pas Mélisende, mais sa cousine Marie d'Antioche. Cette décision affecta gravement les relations entre Byzance et les Latins.
Biographie Enfance Mélisende était la cadette des deux enfants du comte de Tripoli, , et de son épouse Hodierne de Jérusalem. Son frère aîné était né en 1140. Mélisende portait le prénom de sa tante, la reine Mélisende de Jérusalem, qui était la sœur aînée de la comtesse Hodierne.
Le mariage d'Hodierne et de Raymond se dégrada en raison de la jalousie de ce dernier. Des rumeurs circulaient selon lesquelles Hodierne aurait été infidèle et que Mélisende ne serait pas la fille de Raymond. Le couple se sépara en 1152, mais Raymond fut tué par les Assassins presque aussitôt après. Ni Mélisende ni son frère, le nouveau comte, n'étaient en âge d'exercer le pouvoir, aussi leur cousin, le roi , confia donc cette charge à leur mère. Baudouin fit prêter serment d'allégeance aux seigneurs de Tripoli envers Hodierne, Raymond et Mélisende.
Fiançailles vignette|droite|L'empereur délaissa Mélisende pour sa cousine Marie d'Antioche. À la fin de l'année 1159, l'impératrice byzantine Berthe de Sulzbach mourut. L'année suivante, l'empereur demanda au roi Baudouin de proposer une nouvelle épouse. Manuel fit savoir qu'il portait un intérêt particulier aux cousines du roi, Mélisende de Tripoli et Marie d'Antioche. Baudouin choisit Mélisende, ce que l'empereur accepta. La comtesse et la reine passèrent une année à préparer la dot de Mélisende, épuisant ainsi le trésor royal. De son côté, le jeune comte fit construire douze galères pour escorter sa sœur jusqu'à Constantinople en tant qu'impératrice. En juillet de l'année suivante, Mélisende arriva à Nazareth avec sa mère et son frère. Tous trois furent témoins d'une donation du roi Baudouin, dans laquelle Mélisende est qualifiée de .
Durant la période de fiançailles, Mélisende fut étroitement surveillée et examinée par les émissaires de l'empereur. Ces derniers consignaient son comportement et ses traits physiques jusque dans les moindres détails. Un an après les fiançailles, la famille et les proches de Mélisende commencèrent à s'inquiéter du retard pris par le mariage. Alors que les invités se rassemblaient pour faire leurs adieux à la jeune femme, son frère apprit que la cour byzantine avait annoncé que l'empereur ne l'épouserait finalement pas. Scandalisée et humiliée, la famille réagit : Raymond fit réarmer les navires initialement destinés à escorter Mélisende et les utilisa pour mener des raids contre les côtes et les îles byzantines. On apprit bientôt que l'empereur avait secrètement jeté son dévolu sur sa cousine, Marie d'Antioche.
Le chroniqueur Jean Cinnamus a écrit que les envoyés impériaux avaient trouvé Mélisende belle, mais que sa santé déclinait visiblement en raison de violentes crises. Cette situation pouvait être particulièrement préoccupante dans la mesure où la première épouse de l'empereur était décédée de manière inattendue. Les envoyés étaient également inquiets face aux rumeurs concernant l'illégitimité de Mélisende. Des historiens modernes s'accordent à dire que Manuel n'a jamais eu l'intention d'épouser Mélisende. Les empereurs byzantins auraient cherché depuis longtemps à étendre leur domination sur la principauté d'Antioche et Manuel n'avait aucun intérêt à conclure une alliance avec Tripoli. Le choix proposé à Baudouin par Manuel n'était qu'une simple courtoisie diplomatique, aussi Manuel fut surpris lorsque Baudouin, conscient des priorités stratégiques byzantines, opta pour Mélisende. Il est également possible que Baudouin, bien qu'appréciant par ailleurs les Byzantins, ait choisi Mélisende précisément pour faire obstacle à l'accroissement de l'influence byzantine à Antioche.
Il est très probable que ne pardonna jamais l'affront fait à son honneur et à celui de Mélisende, et qu'il aurait, de ce fait, compromis la future coopération entre l'Empire byzantin et les États latins d'Orient.
Mélisende mourut jeune, peu après son humiliation.
Références culturelles vignette|droite|Sarah Bernhardt dans le rôle de Mélisende dans La Princesse lointaine, peint par Georges Clairin. Selon les récits médiévaux populaires, un troubadour nommé Jaufré Rudel tomba amoureux de la comtesse de Tripoli sans jamais l'avoir vue. Il fit voile vers Tripoli, pour finalement mourir dans ses bras. La vida de Rudel ne nomme jamais la comtesse. Dans la culture populaire du , Mélisende était couramment identifiée à la de ces récits médiévaux. L'opérette La Princesse lointaine d'Edmond Rostand en est une illustration, intégrant au récit original le rejet de Mélisende par l'empereur Manuel.
La vida de Rudel affirme que la comtesse devint religieuse après la mort du troubadour, mais la comtesse doit probablement être identifiée comme étant la mère de Mélisende, Hodierne, car Mélisende était trop jeune à l'époque de Rudel et n'a jamais porté le titre de comtesse.
Bibliographie . . .
Notes et références
Catégorie:Noble latin d'Orient Catégorie:Personnalité du royaume de Jérusalem