L'expression burkinabè en France désigne les personnes nées au Burkina Faso qui se sont ensuite installées en France, ainsi que leurs descendants et les personnes d’origine burkinabè dont au moins l’un des parents possède la nationalité burkinabè. Cette migration transcontinentale constitue l’une des principales communautés burkinabè établies hors d’Afrique, en grande partie grâce à des liens culturels et historiques communs et de l’usage largement répandu du français. Cette présence s’inscrit également dans l’histoire du pays, qui fut une colonie française sous le nom de Haute-Volta française jusqu’à son accession à l’indépendance en 1960.
Histoire Les flux migratoires historiques du Burkina Faso vers la France se sont développés durant les périodes coloniale et post-coloniale. Sous la domination française, le territoire de la Haute-Volta française était considéré comme un important réservoir de main-d'œuvre au sein de l'Afrique-Occidentale française, et les autorités coloniales organisaient et encourageaient le déplacement de travailleurs vers d'autres territoires de l'empire colonial au sein de la région. Bien que les migrations soient initialement restées en Afrique de l'Ouest, ces réseaux de mobilité ont par la suite facilité les déplacements vers l'Europe. Après l’indépendance en 1960, les formes migratoires se sont diversifiés. Des étudiants, des travailleurs et des familles se sont installés de plus en plus en France, bénéficiant de réseaux sociaux déjà établis, de l'usage continu de la langue française et des liens administratifs et culturels de longue date.
Les migrations intercontinentales vers l’Europe occidentale sont devenues plus visibles à la fin du XXe et au début du XXIe siècle, la mobilité éducative, les opportunités de travail et le regroupement familial contribuant à la croissance des communautés burkinabè à l’étranger.
Organisations et initiatives socioculturelles Les associations burkinabè en France se sont développées à partir des migrations étudiantes et ouvrières amorcées au milieu du XXe siècle. Des organisations étudiantes telles que l'Association des étudiants voltaïques en France existaient depuis les années 1950. Après l’indépendance en 1960, la migration de travailleurs s’est intensifiée, avec des arrivants transitant souvent par l'Afrique de l'Ouest. Des organisations communautaires se sont ensuite formées pour fournir une aide mutuelle, des activités culturelles et un soutien à l'intégration, notamment l'Association des travailleurs burkinabè de Paris fondée en 1982. D’autres groupes axés sur le développement ont vu le jour au cours des décennies suivantes, comme l’Association pour le développement du Burkina Faso, créée en 1974, reflétant la structuration progressive de la communauté burkinabè en France.
Au début du XXIe siècle, de nombreuses associations locales existaient à travers la France, en région parisienne, à Marseille, à Bordeaux, à Lille et à Lyon . Pour coordonner ces initiatives, l’Union des associations des Burkinabè en France a été créée en 2004 en tant que fédération nationale regroupant des associations régionales tout en préservant leur autonomie. Ces associations se concentraient généralement sur l'entraide, la préservation culturelle et les projets de développement au Burkina Faso. Certaines participent à des plateformes nationales de la diaspora telles que le Forum des organisations de solidarité internationale issues des migrations, qui soutient les initiatives de développement menées par les migrants.
Dans la région parisienne, en Île-de-France, la diaspora burkinabè fait partie de la population immigrée ouest-africaine au sens large, dans le département de Seine-Saint-Denis . Leur présence se reflète dans les activités musicales et les événements organisés par les associations et communautés burkinabè. L'édition 2015 du festival annuel Africolor, organisé dans plusieurs communes de Seine-Saint-Denis, a consacré sa programmation au Burkina Faso. Le festival a présenté les traditions musicales burkinabè et les artistes contemporains. Cette programmation a contribué à la visibilité de l'expression culturelle burkinabè au sein de la diaspora et sur la scène culturelle française.
Au Burkina Faso, l’émission radiophonique Allô diaspora, produite et diffusée par Radio Oméga à Ouagadougou, donnait la parole à des Burkinabè établis dans plusieurs pays dont la France. Elle permettait aux auditeurs de rester en contact avec les communautés burkinabè établies à l’étranger et avec leur pays d’origine.
Personnalités notables
Joseph Ki-Zerbo (1922–2005), historien, homme politique et écrivain Aïcha Boro (née en 1978), réalisatrice et scénariste Germain Sanou (né en 1992), footballeur
Voir aussi Articles connexes Neuvième circonscription des Français établis hors de France Relations Burkina Faso-France Noirs français
Références
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