L'histoire de Bruxelles pendant la révolution belge désigne les différents évènements de l'histoire de Bruxelles depuis les émeutes d'août 1830, élément déclencheur de la révolution belge, jusqu'à la fin de la guerre belgo-néerlandaise par la signature de la convention de Zonhoven, le , qui amorce le réchauffement des relations entre la Belgique et les Pays-Bas après la déclaration d'indépendance de la Belgique du .
Elle traite du rôle central que joue Bruxelles, future capitale de la Belgique, au fil des évènements.
Contexte Le royaume uni des Pays-Bas vignette|L'inauguration de Guillaume Ier sur la place Royale le .
Après la fin du Premier Empire de Napoléon Ier, les puissances européennes victorieuses redessinent les cartes de l'Europe lors du congrès de Vienne dès 1814. Elles souhaitent disposer d'un rempart contre les éventuelles nouvelles ambitions expansionnistes françaises. et décident de créer un état-tampon entre le nouveau royaume de France et la Prusse. C'est ainsi que, le , le royaume uni des Pays-Bas voit le jour avec, comme souverain, Guillaume Ier de la maison d'Orange-Nassau. Celui-ci fait son entrée officielle dans Bruxelles le pour sa fête d'inauguration. Le mariage forcé entre Belges et Néerlandais ne se passe pas comme prévu et, bien vite, de nombreuses dissensions apparaissent, menant les premiers à s'unir entre catholiques et libéraux pour exprimer les « griefs de la nation belge » au gouvernement protestant de La Haye.
Bruxelles en 1830 vignette|Carte de Bruxelles en 1830. Aspects politiques En 1830, Bruxelles est dirigée par son bourgmestre, Louis de Wellens. Elle est le chef-lieu de la province de Brabant-Méridional, dont le gouverneur est Hyacinthe van der Fosse. La ville abrite alors habitants et est, à ce titre, la deuxième ville la plus peuplée du royaume uni des Pays-Bas derrière Amsterdam. Elle revêt une importance considérable puisque le palais royal de Bruxelles est le second lieu de résidence du roi Guillaume d'Orange-Nassau, après la capitale, La Haye et sa résidence du Palais Het Loo à Apeldoorn. Elle est tacitement considérée comme la deuxième capitale du pays, puisque l'article de la loi fondamentale du Royaume uni des Pays-Bas dispose qu'en temps de paix les sessions des États généraux sont tenues d'année en année dans une ville des provinces septentrionales et dans une ville des provinces méridionales. Dans les faits, ce fut toujours alternativement à Bruxelles ou à La Haye que la famille royale venait ouvrir les Chambres le troisième lundi du mois d'octobre.
Aspects économiques vignette|Le port de Bruxelles au , à l'endroit du marché aux Poissons. Plus grande ville des Pays-Bas méridionaux, Bruxelles est un centre économique majeur pour le pays. La révolution industrielle est en marche depuis quelques années et commence à menacer les emplois des ouvriers de l'industrie textile, particulièrement présente dans la ville et dans ses faubourgs. Si la seconde enceinte de Bruxelles est en cours de démolition, les portes de la ville sont toujours bien présentes pour recevoir l'octroi. À l'époque, la Senne n'est pas encore voûtée mais n'est pas navigable pour les gros navires de transport. Ainsi, le port de Bruxelles est déjà connecté à la mer du Nord par le canal maritime de Bruxelles à l'Escaut via Anvers, et relié au bassin industriel de la province de Hainaut par le canal Charleroi-Bruxelles, qui est en cours de construction.
Aspects sociaux
Déjà en 1830, Bruxelles est une ville cosmopolite, qui accueille un grand nombre d'étrangers, attirés par les différents avantages qu'elle offre, dont sa position centrale et son coût de la vie modéré. Selon Louis Hymans, journaliste contemporain de l'époque, la ville haute et les environs du parc de Bruxelles étaient presque exclusivement habités par des Britanniques, au nombre de . Le roi ayant à cœur d'attirer les talents et l'industrie des étrangers, encourageait alors vivement l'installation d'étrangers en Belgique et Bruxelles accueille ainsi de nombreux profils, y compris de ceux devenus persona non grata dans leur pays d'origine, comme les Français conventionnels bannis par la Seconde Restauration, les napoléonistes exilés, les carbonari italiens, des Polonais, des Russes disgraciés, des radicaux anglais, des étudiants visionnaires de l'unification allemande etc. Un certain esprit de tolérance permet également la naissance de multiples libraires où de nombreux ouvrages interdits, notamment en France, sont réédités et vendus librement. La ville accueille également de nombreux aristocrates et membres de la noblesse belge, avec des familles célèbres comme les maisons d'Ursel, de Ligne, de Trazegnies, etc. mais aussi une classe ouvrière considérable, travaillant dans les nombreuses manufactures qui profitent de la révolution industrielle naissante ou dans le port de Bruxelles, relié à Anvers par le canal maritime de Bruxelles à l'Escaut et dont le creusement du canal Charleroi-Bruxelles vers le sud est en cours. Haut lieu culturel et artistique, Bruxelles accueille, à l'été 1830, « l'exposition des produits de l'industrie nationale », que vient visiter le roi Guillaume en personne, du au .
Forces civiles et militaires vignette|À l'époque, les pompiers de Bruxelles à l'instar des autres corps de pompiers belges sont armés et assurent l'ordre public en cas de besoin. D'un point de vue militaire, Bruxelles est également une place majeure. En tant que chef-lieu, elle abrite l'état-major du commandant militaire provincial, sous les ordres lieutenant-général Guillaume Frédéric de Bylandt. La cité, toujours ceinturée de son enceinte médiévale bien qu'en cours de démolition, abrite une importante garnison des forces armées du Royaume uni des Pays-Bas, sous le commandement du général-major Guillaume Théodore Wauthier. Elle est composée de , et 6 canons répartis dans les unités suivantes : un détachement du Garderegiment Grenadiers en Jagers (« Régiment de la Garde de grenadiers et de chasseurs »), défendant expressément le palais royal de Bruxelles, composé du bataillon de grenadiers et du d'infanterie légère, commandés par les lieutenants-colonels Antingh et Everts. un bataillon de la Afdeeling (régiment d'infanterie) et le dépôt du un escadron de dragons de la cavalerie un escadron de la maréchaussée royale (l'ancêtre de la gendarmerie belge), commandé par le général-major Aberson le corps des sapeurs-pompiers de Bruxelles, à l'époque armés afin de pouvoir participer au maintien de l'ordre public. un détachement de la schutterij, la police de Bruxelles, sous les ordres de Pierre De Knyff de Gontrœuil.
Émeutes d'août 1830 vignette|Le sac de la maison de Georges Libri-Bagnano.
Il est communément admis que l'étincelle qui déclenche la révolution belge est la représentation de l'opéra La Muette de Portici au soir du au théâtre royal de la Monnaie. S'ensuivent une longue nuit d'émeutes et de pillages qui se poursuivent les jours suivants et propagent l'insurrection à l'ensemble des Pays-Bas méridionaux et au-delà. Le premier soir, le peuple s'en prend à des symboles orangistes et du pouvoir, comme l'imprimerie du journal de Georges Libri-Bagnano, Le National, la maison du ministre de la Justice, Cornelis Van Maanen, ou celle du chef de la police, Pierre De Knyff de Gontrœuil. Toutefois, dès le lendemain, les bandes ouvrières s'en prennent aux usines, où l'arrivée des métiers à tisser et des machines à vapeurs fait craindre pour l'emploi. Plusieurs établissements sont ravagés, notamment dans les villages d'Anderlecht, Forest ou Uccle.
Propagation de l'insurrection
En réaction à la propagation de l'insurrection, le roi Guillaume envoie ses deux fils, les princes Guillaume et Frédéric, afin de parlementer avec les révolutionnaires bruxellois. Ceux-ci arrivent à Vilvorde et installent leur campement dans la soirée du , accompagnés de de l'armée néerlandaise, issus majoritairement de la afdeeling d'infanterie en garnison à Anvers, et de plusieurs batteries d'artillerie légère de la garnison de Bréda. Dès le lendemain, ils convoquent les principaux dirigeants bruxellois, Prosper-Louis d'Arenberg, Charles-Joseph d'Ursel et Emmanuel Van der Linden d'Hooghvorst pour leur annoncer l'intention du prince héritier d'entrer dans la capitale. Ils leurs demandant de veiller à ce que la population n'arbore pas de « symboles illégaux ». Apprenant cela, la population commence à dépaver les rues et à dresser des barricades pour ralentir l'avancée des troupes.
Le le prince Guillaume fait son entrée en ville par le pont de Laeken en direction du palais royal de Bruxelles sous l'escorte de députés et des membres de la garde bourgeoise de Bruxelles alignés sur son chemin, lui présentant les armes. Le peuple bloque toutefois le passage du Prince vers le palais par des barricades, et le force à se diriger vers l'hôtel de ville de Bruxelles. Arrivé sur la place de Ruysbroeck, il se sent menacé et fait sauter son cheval au dessus de celles-ci, s'échappant par les rues de la Violette et de l'Hôpital. Le poste de garde du palais de justice croise un instant la baïonnette mais aucun combat n'est engagé.
Attaque de la ville
Construction et capitale de la Belgique
Bruxelles durant la guerre belgo-néerlandaise
Tentatives de coup d'état
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
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Articles connexes Chronologie de la révolution belge Histoire de Bruxelles Révolution belge
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