María Karystianoú (en ), née le à Thessalonique, est une pédiatre et militante politique grecque. Après la mort de sa fille en février 2023 dans l'accident ferroviaire de Tempé, elle s'engage dans la défense des familles des victimes puis en politique.

En janvier 2026, elle annonce la formation d'un nouveau parti, (ELPIDA), en vue des élections législatives de 2027. Elle dénonce la corruption, dont elle veut et tient un discours antisystème. Elle se positionne en opposition au Premier ministre sortant Kyriákos Mitsotákis, tout en se tenant hors du clivage gauche-droite.

Biographie

Contexte María Karystianoú naît le à Thessalonique, en Grèce. Elle étudie la médecine à l'université Aristote de Thessalonique, puis poursuit ses études au Royaume-Uni, à Southampton et Manchester, où elle se spécialise en pédiatrie. À partir de 2010, elle exerce dans une clinique à Thessalonique.

Elle donne naissance à deux enfants. Sa fille Marthi Psaropoulou, âgée de , est tuée le dans l'accident ferroviaire de Tempé, qui fait , dont de nombreux jeunes. L'accident de train, le plus meurtrier de l'histoire de la Grèce, marque le début de l'engagement militant de Maria Karystianou.

Engagement militant En mai 2023, elle se rapproche d'autres proches de victimes de l'accident pour former l'Association des victimes de l'accident « Tempi 2023 ». Elle en devient la figure principale, prenant la parole devant des institutions nationales et européennes telles que le Parlement grec ou le Parlement européen. Cela la fait connaître auprès du grand public en Grèce, où elle devient un symbole de la lutte contre la corruption.

María Karystianoú accuse le Premier ministre Kyriákos Mitsotákis ainsi que d'autres personnalités politiques d'avoir été au courant des dysfonctionnements des chemins de fer grecs, mais de n'avoir rien fait afin de . Le Premier ministre aurait ensuite, selon elle, travaillé main dans la main avec la justice afin de cacher la vérité, notamment sur l'explosion ayant suivi la collision des deux trains en février 2023.

En 2024, environ un an après l'accident, elle lance une pétition sur Change.org en faveur de l'abolition de l'article 86 de la Constitution grecque, qui prévoit l'immunité des députés et ministres contre toute poursuite pénale à moins que le Parlement approuve le lancement de ces poursuites en leur retirant leur immunité. Elle considère les dispositions de la Loi fondamentale comme . Elle défend l'égalité absolue devant la loi des citoyens et de leurs représentants. Le , elle remet la pétition, signée par près de de personnes (sur d'habitants) au Parlement grec.

En septembre 2024, María Karystianoú affirme que le gouvernement d'avoir placé son téléphone sur écoute. Au même moment, des comptes anonymes sur les réseaux sociaux l'accusent d’avoir perdu la garde de ses enfants en 2024. Ces allégations sont par la suite démenties par son ex-mari et père de ses enfants. La décision de justice présentée comme preuve concerne en réalité une autre famille du même nom à Árgos. Au cours d'une interview le , la militante affirme avoir reçu des menaces de mort contre elle et sa famille suite à sa proposition de création d'une Commission d'enquête préliminaire contre Kyriákos Mitsotákis pour haute trahison. Selon ses déclarations, les personnes l'ayant menacé lui reprochent d'associer le nom de Mitsotákis à l'accident de 2023.

Création d'un parti politique En janvier 2026 sur la chaîne de télévision , María Karystianoú fait part de son intention de créer un nouveau parti politique voué à la lutte contre la corruption et pour la justice, avec pour objectif de en participant aux élections législatives de 2027 en tant que force d'opposition. L'Association des proches de victimes de l'accident accueille très mal cette annonce et l'accuse de se servir de son poste de présidente comme tremplin politique et de prendre des décisions sans l'accord de l'association. Le conseil d'administration la pousse à démissionner, ce qu'elle fait le , en quittant à la fois le conseil et ses fonctions de présidente. Son successeur Pavlos Aslaniddis l'accuse d'avoir trompé les autres membres de l'association, à qui elle aurait promis de ne pas fonder de parti politique.

Le à Thessalonique, elle dévoile son nouveau parti et présente sa déclaration fondatrice. Le mouvement qu’elle dirige prend le nom d’ (en ), raccourci en ELPIDA. María Karystianoú présente Espoir pour la démocratie comme un mouvement représentant la force des citoyens, né des suites de la catastrophe de Tempé qui aurait mis en lumière le manque de responsabilité des dirigeants, les problèmes de transparence démocratique. Elle dit vouloir rétablir la confiance de la population dans les institutions pour faire face à la dégradation du pays.

Selon le journal , dès l'annonce de son lancement, le parti est très centré autour de la personne de María Karystianoú ; il recueille un soutien comparable à celui de Nouvelle Démocratie (ND) de Kyriákos Mitsotákis. Euractiv écrit qu'elle souhaite de la corruption et ne s'identifie pas à une idéologie politique particulière, rejetant la collaboration avec les dirigeants actuels du pays. Selon un sondage, 33 % des citoyens grecs la considèrent comme une force politique potentielle.

Cependant, des interrogations subsistent sur son positionnement politique. indique que le parti sera probablement conservateur et non pas progressiste ni marqué à gauche. Selon Liberal.gr, le parti cherche à dépasser le clivage gauche-droite et attirer des citoyens éloignés de la politique en mettant en avant un idéal de . Ses soutiens potentiels vont de l'extrême droite antisystème aux électeurs déçus par la gauche. Le média libéral estime qu'ELPIDA pourrait bénéficier de la division de la gauche et de la baisse de popularité contre le gouvernement en place pour percer, en affaiblissant les autres forces antisystèmes. Toutefois, son avocate et collaboratrice est une ancienne candidate du Mouvement Niki, un parti conservateur d'extrême droite lié à l'Église orthodoxe grecque. María Karystianoú a également exprimé son soutien à Nikólaos Farantoúris, député européen proche d'Aléxis Tsípras, qui pourrait être impliqué dans le mouvement. Grigórios Psarianós l'accuse d'être proche des intérêts de la Russie.

Références

Liens externes

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