La famille Dedons de Pierrefeu fait partie de la noblesse de Provence et est originaire de la ville d'Istres (Bouches-du-Rhône) où elle est citée au XIIe siècle. Elle est également citée à Arles (Bouches-du-Rhône) en 1196. La branche aînée s’est éteinte en 1956. La branche subsistante est connue sous le nom de Demandolx-Dedons. Pierre-Charles-Henri, comte Dedons de Pierrefeu, fils d’Emile Dedons 6e marquis de Pierrefeu et d’Amélie de Demandolx, a obtenu par décret en 1852 de substituer à son nom celui de de Demandolx-Dedons.

Origines La filiation de cette famille est complexe. Selon Gustave Chaix d'Est-Ange, la filiation « paraît n'être rigoureusement établie »Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, Évreux, C. Hérissey, 1914, t. XIII, Cun-Des, p. 190-193. qu'à partir d'Antoine Dedons, co-seigneur d'Istres (né vers 1450), père d'Hugues Dedons qui fut pourvu, par lettres données à Ferrières le 24 mars 1553Arnaud Clement, La Noblesse française, édition 2024, p. 386., d'une charge de conseiller au Parlement de Provence et qui « peut avoir été anobli » par ladite charge.

Cette formule de Chaix d'Est-Ange : « peut avoir été anobli » est équivoque car plusieurs auteurs considèrent que la noblesse de la famille Dedons est plus ancienne. Ainsi, Artefeuil établit la filiation depuis Elzéar Dedons, seigneur d'Istres en 1357 (dont un acte est produit pour les preuves de noblesse de 1750 qui suiventBnF, ms. fr. 30454, Carrés d'Hozier 225, David-Dellairs : gallica.bnf.fr).

Barcilon, « d'ordinaire si sévère», classe les Dedons parmi les nobles d'extraction et donne des précisions sur deux Dedons chevaliers de la ville d'Istres au Xe siècleBnF, ms. fr. 4968 (ancienne cote : ms. fr. 769 H. F), « Critique du Nobiliaire de Provence, par Mouvans, du nom de Barcillon. M DC LXXXIX », BnF, Archives et manuscrits, Bibliothèque de l'Arsenal.

Barcilon est l'auteur d'un seul ouvrage : Critique du Nobiliaire de Provence, contenant l'Epurement de la Noblesse du pays, la différence des gentilshommes de sang, d'origine, de nom et d'armes d'avec la noblesse de race, des annoblis et de la noblesse de robe. […], qui attaquait durement le Nobiliaire de Provence (de R. de Briançon, publié en 1693) et qui « détruisait beaucoup de légendes et donnait à l'amour propre de nombreux parvenus les plus cruels démentis Baron du Roure, in Bulletin de la Société d'études scientifiques et archéologiques de la ville de Draguignan et du Var. P. Gimbert, 1904, Bnf, Gallica »

Preuves de noblesse La famille Dedons de Pierrefeu fit ses preuves de noblesse en 1750 pour obtenir l'admission d'un de ses membres parmi les pages de la Petite Écurie du roi.

A cette occasion, elle a présenté de nombreux titres collationnés et légalisés par notaires, dont : le testament du 27 octobre 1440 « de Guillaume Dedons, fils de noble Alphant, du lieu d'Istres au diocèse d'Aix», un titre du « 2 des Ides d'avril 1285 » (12 avril 1285), un autre du 8 février 1357, etc.Par ailleurs, cette famille fut maintenue dans sa noblesse en 1668 et 1709.

Généalogie La maintenue de noblesse du 19 septembre 1668Baron du Roure, Les maintenues de noblesse en Provence, par Belleguise (1667-1669), Bergerac, 1923, tome II, p. 509. BnF, Gallica prononcée par Alexandre Belleguise à Aix-en-Provence, donne la filiation suivante sur 10 générations, puis après 1688, on trouvera ci-dessous la généalogie donnée par Chaix d'Est-Ange pour les 9 générations postérieures à cette maintenue de noblesse (ces 19 générations étant aussi suivies sur la base généalogique Roglo) :

I - « noble Hugues Dedons », cité ainsi en 1285 : « domicellum [damoiseau] sindicum procuratorem seu actorem nomini suo [syndic, procureur ou représentant légal, en son nom] et universitatis castri de Istrio [et (au nom) de la communauté du château d'Istres] » ; une délibération des archives de « l'église métropolitaine St-Sauveur » indique qu'en 1285 il fut « premier devancier de tous les deffendeurs, fust député pour transiger un procès d'entre les habitans du lieu d'Istres et les prieurs prébendaires de lad. église.» Dont :

II - « noble Elzéar Dedons », dont un cahier de 42 reconaissances d'habitants d'Istres qu'il reçues en tant que seigneur d'IstresArtefeuil, Histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence, Avignon, Vve Girard, 1776, tome 1, p. 308 en l'année 1357, est donné «en faveur de noble Elzéar Dedons, issu dud. noble Hugues premier Dedons ». Ce cahier indique également qu'Elzéar Dedons «possédoit quantité de biens nobles dans led. lieu, dont ceux de ceste maison sont esté longtemps conseigneurs. » Dont :

III - « noble Alphant Dedons » qui est ainsi qualifié dans le testament établit en 1440 par son fils Guillaume qui suit. Une sentence rendue le 3 février 1411 le décharge («nobilis Alphantus Dedonis») des droits de lods à cause de sa noblesse (« propter suam nobilitatem »). Il est le père de :

IV - « noble Guillaume Dedons », qui fait son testament le 27 octobre 1440 «par lequel il est justiffié que led. noble Guillaume Dedons est fils de noble Alphant Dedons et père d'autre noble Alphant DedonsBaron du Roure, Les maintenues de noblesse en Provence, par Belleguise (1667-1669), Bergerac, 1923, tome II, p. 507. BnF, Gallica. » A cette même période, « noble Jean Dedons Henri Gourdon de Genouillac et marquis de Piolenc, Nobiliaire du département des Bouches-du-Rhône, Paris, Dentu, 1863, p. 206, 220. » est mentionné comme assesseur d'Aix en 1435, 1441 et 1452.

V - « noble Alphant Dedons », 2e du nom, fils du précédent, fait son testament en 1485, et est le père de :

VI - « noble Antoine Dedons », co-seigneur d'IstresHenri Jougla de Morenas, Grand Armorial de France, Paris, 1938, tome III, p. 159 , qualifié de « noble homme » dans l'acte dressé pour son mariage le 18 mars 1482 ainsi que dans une quittance publique du 17 aoûtt 1518 émise à Istres. Un titre concernant la co-seigneurie d'Istres indique « que led[it] noble Antoine Dedons y possédoit beaucoup de terres, avec jurisdiction, haute, moyenne et basse, mère, mixte, impère.» Il fit son testament en 1538 et 1548Baron du Roure, Les maintenues de noblesse en Provence, par Belleguise (1667-1669), Bergerac, 1923, tome II, p. 508. BnF, Gallica, instituant comme héritiers ses enfants Guillaume, Hugues et Poncet Dedons.

VII - Hugues Dedons ainsi que ses frères Guillaume et Poncet font hommage le 5 juin 1545, tous les trois en tant que co-seigneurs d'Istres. L'acte de cet hommage indique qu'ils ont reçu ladite co-seigneurie de « noble Antoine Dedons leur père ». Hugues Dedons est reçu en l'office de conseiller en la chambre des enquêtes de la cour de Parlement de Provence le 28 juin 1554. Son testament de 1580 établit qu'il fut marié avec dame Lucrèce d'Escalis et que, de ce mariage sont issus :

« noble Pierre Dedons», qui suit ; « noble Bartellemy Dedons », père d'Alexandre Dedons, lui-même père de Jean Dedons ; « noble Raimond Dedons », père de Mathieu Dedons, écuyer.

VIII - « noble Pierre Dedons», co-seigneur d'Istres et de Mimet, qui est reçu le 20 octobre 1581 dans la fonction de conseiller en la cour de Parlement de Provence. Il se marie avec dame Diane d'Arbaud le 2 septembre 1586. Il fait son testament en 1613, par lequel il institue sa femme héritière, à charge pour elle de rendre l'héritage à Louis-Hugues (qui suit) et Jean Dedons, leurs enfants.

IX - Louis-Hugues Dedons, seigneur de Pierrefeu (né en 1587, mort en 1681), est reçu le 27 janvier 1615 dans la fonction de conseiller en la cour de Parlement de Provence. Il s'est marié le 27 août 1619 avec dame Catherine de Thomassin, fille de Jean-Estienne de Thomassin, conseiller du Roy en ses conseils et son premier avocat au Parlement de Provence. Ils sont les parents de : Pierre Dedons, seigneur puis marquis de Pierrefeu (qui suit) ; Jean Dedons, auteur de la branche des seigneurs du Lys.

X - Pierre Dedons, seigneur puis marquis de Pierrefeu (1622-1683), 2e du nom, est le « conseiller, de père en fils» en la cour du Parlement de Provence. Il obtient, par lettres patentes de novembre 1682, l'érection en marquisat de sa seigneurie de Pierrefeu, près de Toulon. Ces lettres patentes sont vérifiées le 1er décembre 1682 en la Chambre des comptes de Montpellier et on en trouve le texte dans le Nouveau d'Hozier. Il est le dernier degré de la filiation donnée dans la maintenue de noblesse de 1668. On peut suivre la filiation de sa descendance telle qu'elle est donnée par Chaix d'Est-Ange. Il épouse, en 1671, Madeleine de Louet de Nogaret de Calvisson, dont est issu :

XI - Louis Hugues Dedons, 2e marquis de Pierrefeu, qui épouse, en 1694, Gabrielle d'Albert, fille d'un conseiller au Parlement. Ils sont les parents de trois fils : 1. François-Hyacinthe, 3e marquis de Pierrefeu, qui suit ; 2. Esprit Dedons de Pierrefeu (1698-1757), maréchal de camp, qui fit construire l'hôtel Dedons de PierrefeuMonique Cubells, La Provence des lumières : les parlementaires d'Aix au XVIIIe siècle, Paris, Maloine, 1984, p. 232, 14 rue Mazarine à Aix-en-Provence ; 3. Jean Pierre Dedons de Pierrefeu, docteur de Sorbonne, chanoine de la cathédrale d'Aix, vicaire général de l'archevêque d'Aix et vice-chancelier de l'UniversitéJacques Billioud, Le livre en Provence du XVIe au XVIIIe siècle, 1962, p. 135 (son ex-libris armorié a été publié dans les Archives de la Société des collectionneurs d'ex-libris).

XII - François-Hyacinthe dedons, 3e marquis de Pierrefeu (1695-1784), qui est premier consul d'Aix (maire), procureur du pays de Provence. Il épouse en 1723 Mlle de Martin du Puget. Leur second fils Ignace Dedons de Pierrefeu, né en 1732, fait ses preuves de sa noblesse en 1750 (voir plus haut).

XIII - Marc-Antoine Dedons, 4e marquis de Pierrefeu (1729-1792), fils du précédent, a épousé, le 8 janvier 1759Louis Blancard, Inventaire-sommaire des archives départementales antérieures à 1790 : Bouches-du-Rhône, archives civiles. série c (n° 1 a 985), Marseille, Typ. et lith. Cayer et Cie., 1884, tome premier, p. 308, Henriette-Louise-Sylvie de Raousset-Boulbon. Maire premier consul d'Aix et procureur du Pays de Provence a hérité de l'hôtel Dedons de Pierrefeu à Aix et il est le père de :

XIV - Hyacinthe-Henry-Emile Dedons, 5e marquis de Pierrefeu, né le 27 septembre 1762 à Aix-en-Provence, décédé le 11 septembre 1828 à Auxerre. Conseiller au Parlement de Provence, il épouse en 1784, à Aix-en-Provence, Elisabeth Joannis (1765-1807). Il hérite de l'hôtel Dedons de Pierrefeu à Aix.En secondes noces, le 24 juillet 1808, il épouse Sophie Charlotte Marie Benoit de La Fosse, acte de mariage relevé par l'Association généalogique des Bouches-du-Rhône. De son 1er mariage est né :

XV- Alexandre Émile Joseph Dedons, 6e marquis de Pierrefeu, né le 26 mai 1789 à Aix, décédé le 15 mars 1871 à Marseille, conseiller de préfecture des Bouches-du-Rhône (1829-1830). Il épouse, le 28 septembre 1812, Amélie de Demandolx, décédée en 1872, dernière représentante, avec sa sœur non mariée, de la famille de Demandolx. De ce mariage sont nés deux fils : Léonce Louis-Joseph, marquis Dedons de Pierrefeu, qui suit ; Pierre-Charles-Henri, comte Dedons de Pierrefeu, né à Marseille en 1819, fixé à Avignon après son mariage avec Amélie Germanes (1830-1905). Il fut l'héritier de sa tante Jeanne Caroline de Demandolx et, pour se conformer aux désirs de celle-ci, il obtint, par décret de 1852, l'autorisation de substituer à son nom celui de de Demandolx-Dedons. Sa descendance sera la seule subsistante de cette famille.

XVI - Léonce Louis-Joseph, 7e marquis Dedons de Pierrefeu, né en 1815, mort le 11 septembre 1890Henry de Woelmont, Notices généalogiques, Paris, E. Champion, 1928, 4e série, p. 1085 au château de Villeneuve près Chambéry. Propriétaire du château de Panagia près d'Ollioules, il épouse en 1846 Marie-Simone-Léopoldine de Pillot de Coligny-Châtillon (décédée le 25 mars 1895). Ils ont les parents de :