est une école d’ikebana, art floral japonaisCarrasco, R. (2010) Banmi Shofu Ryu Manuscript., fondé par Bessie Yoneko Banmi Fooks.

Histoire vignette|Photographie ancienne de Bessie Banmi Fooks, fondatrice et première iemoto du Banmi Shōfū-ryū. Banmi Shōfū-ryū, comme toutes les écoles d’ikebana, trouve son origine dans Ikenobō, la première école d’ikebana. Bessie Yoneko Banmi Fooks, première iemoto et fondatrice du Banmi Shōfū-ryū, reçut son titre en 1962, en reconnaissance de la simplicité et du naturel des formes de ses compositions d’ikebana lorsqu’elle résidait au Japon. Ses séjours fréquents à Kaohsiung, à Taïwan, lui permirent de poursuivre ses études et d’obtenir finalement son certificat de professeur ainsi que l’autorisation de créer le Banmi Shōfū-ryū. Fooks commença son enseignement à Tainan, à Taïwan, puis continua pendant plus de 50 ans à présenter et à démontrer son travail dans plusieurs pays à travers le monde. Fooks utilisait notamment du bois flotté pour établir un lien entre ses compositions florales et leur esprit vivant. Dans le Banmi Shōfū-ryū, le bois flotté constitue l’essence même des compositions d’ikebana.

Avant sa mort, Fooks développa une relation autour de l’art floral avec le Dr Ricardo Bansho Carrasco et le désigna par la suite comme deuxième iemoto du Banmi Shōfū-ryū. Bansho Ric-sensei mit en œuvre un plan quinquennal visant à formaliser la vision qu’il partageait avec Fooks, laquelle n’avait jusque-là pas été communiquée à la communauté et n’était connue que de la famille Fooks au Japon et à Hawaï. La formalisation du Banmi Shōfū-ryū comprit notamment la publication de plusieurs ouvrages : Driftwood & Flowers, Telling Stories through Flowers, Banmi Shofu Ryu: From Samurai Beginnings to Contemporary Designs et Banmi Shofu Ryu Kaden. Une brochure et un site web furent également publiés, et plusieurs ateliers, démonstrations et expositions furent organisés.

La vision élaborée par Bessie Banmi-sensei Fooks et Bansho Ric-sensei Carrasco concevait les fleurs Banmi comme une pratique du kadō. En 1996, le programme d’enseignement fut remanié sur la base d’un manuel japonais d’art floral transmis par Bansui Ohta ; ce programme constitue aujourd’hui la base de l’enseignement du Banmi Shōfū-ryū. L’objectif général de l’école est de faire connaître l’art de l’ikebana et de découvrir de nouveaux talents afin de promouvoir et de transmettre les traditions de cet art.

Trois branches principales Toute composition d’ikebana est constituée de trois branches principales, quelle que soit l’école pratiquée ou la finalité de la compositionSato, S. (1960). The art of arranging flowers: A complete guide to Japanese Ikebana. https://library.wur.nl/WebQuery/clc/504034. Dans l’ikebana du Banmi Shōfū-ryū, les trois tiges principales sont le shin, le soe et l’uke. Leurs dimensions sont toutes déterminées en fonction de la taille du récipient. L’angle et la longueur des tiges jouent un rôle important dans la détermination de la forme de la composition dans les styles traditionnels. Dans une composition retombante ou inclinée, les tiges ne suivent pas la même disposition que dans les formes traditionnelles, ce qui peut donner l’impression que certaines branches plus courtes sont plus hautes que des branches plus longues.

Le shin est la première tige ; sa longueur correspond à une fois et demie la somme du diamètre et de la hauteur ou de la profondeur du récipient. Le soe est la deuxième tige et mesure les deux tiers de la longueur du shin. L’uke est la troisième tige principale et mesure entre un tiers et deux tiers de la longueur du soe.

Deux autres types de tiges sont également utilisés dans l’ikebana, mais ne sont pas considérés comme des tiges principales. Les jushi sont des tiges auxiliaires, plus courtes que les tiges principales qu’elles accompagnent ; leur nombre dans une composition est libre. Les ashirai sont des tiges de remplissage placées à la base, qui servent de support aux tiges principales et auxiliaires.

Les tiges sont disposées selon des angles précis, car l’espace constitue un élément essentiel de la composition d’ikebana. Le shin est placé entre 10° et 90° dans un arc de 180°. Le soe est placé à -40° par rapport à 90°, dans un arc de 180°, vers l’avant du shin. L’uke est placé à -70° par rapport à 90°, dans un arc de 180°, du côté du shin opposé au soe. Ces différents arcs permettent de donner une dimension tridimensionnelle à la composition et servent de guide pour créer intentionnellement des espaces vides.

Styles utilisés Afin de développer la maîtrise technique nécessaire à la réalisation de compositions utilisant une grande variété de végétaux, l’artiste doit d’abord pratiquer des formes standardisées. Les formes classiques standardisées du Banmi Shōfū-ryū sont le moribana, le nageire, le chabana, l’oseika et le gendaika. Ric Bansho a également introduit une forme moderne appelée hashibana, qui se décline en trois expressions : maru (« globale » ou sphérique), uate (haute et étroite) et saba (basse et étroite).

Lors de la réalisation d’une composition, les aspects techniques auxquels l’artiste doit prêter attention sont notamment la longueur des tiges, leur degré d’inclinaison, l’espace volontairement laissé libre, le nombre de sections du récipient et l’orientation de la composition vers la droite ou vers la gaucheCarrasco, R. (2013). Flowers as occupation: Evolving roles and habits of learning health and wellness from 5th century tradition into contemporary practice. Florida Occupational Therapy Association Conference Workshop. https://fota.memberclicks.net/assets/Conference/Conf13/Hdouts/ws%208%20flowers%20as%20occupation.pdf .

Le moribana, le nageire keishatai, l’oseika et le Banmi Shōfū chabana ne sont que quelques-unes de ces formes. Chaque forme possède ses propres caractéristiques et fait appel à des végétaux et à des modes de composition particuliers, qui peuvent être adaptés à un environnement donné, comme une maison de thé. L’équilibre entre les végétaux et les fleurs, associé au récipient approprié et à la mise en valeur du caractère propre aux matériaux, permet de créer une composition harmonieuse qui préserve le caractère naturel de chaque forme.

Compositions spéciales ou saisonnières vignette|Composition « Iri Fune » sur un bateau en bambou éléphant laqué sur pieds, avec Lilium asiaticum (lys asiatique, variété sibérienne) et . Un tissu de soie en résille représente les voiles du bateau, tandis qu’un bois flotté de Waialua sert de rame. Réalisée en direct par Ric Bansho Carrasco lors d’une démonstration organisée à l’occasion d’un festival d’Otsukimi, au , à Orlando (Etats-Unis), en 2010.Les compositions en forme de bateau sont utilisées pour exprimer des vœux de départ ou d’arrivée. Adaptées par le Banmi Shōfū-ryū à partir des principes classiques de l’école Ikenobō, elles utilisent un récipient en forme de bateau, qui peut être posé sur une table ou suspendu à un crochet.

Le message exprimé par la composition dépend de la direction de la « rame » (nagashi), constituée d’un élément végétal ou d’une longue branche incurvée. Lorsque la rame se dirige vers la droite du spectateur, il s’agit d’un bateau partant (De-Fune), exprimant ainsi un adieu ou un souhait de bon voyage. Lorsque la rame est orientée dans la direction opposée, elle indique un accueil ou un souhait de bon retour (Iri-Fune).

La disposition des végétaux et des éléments linéaires suit les mêmes règles que celles des branches shin, soe et ukeSato, S. (2012). Ikebana: The art of arranging flowers. Tuttle Publishing..

Que le bateau soit suspendu ou posé sur une surface, la composition doit être placée à hauteur des yeux, de manière à ce que l’eau ne soit pas visible. Dans le cas contraire, cela pourrait évoquer un bateau qui prend l’eauOshikawa, J. & Gorham, H. H. (1936). Manual of Japanese Flower Arrangement. Tokyo, Japan: Nippon Bunka Renmei..

Gendaika ou compositions de style libre Les compositions gendaika, ou compositions de style libre du Banmi Shōfū, offrent la possibilité d’utiliser les fleurs, les éléments linéaires et le bois flotté de manière créative, sans être soumises aux contraintes des règles qui régissent les compositions plus classiquesLau, A. (2010). Harnessing the creative potential of Ikebana in promoting personal well-being. Mental Health and Social Inclusion, 14(3), 30-36. doi:10.5042/mhsi.2010.044.Toutefois, la composition achevée n’est pas un assemblage aléatoire de fleurs. Elle nécessite une sensibilité aux formes, aux couleurs et aux textures, ainsi qu’à la manière dont celles-ci se combinent pour créer une composition harmonieuse, qui touche le spectateur tant sur le plan esthétique qu’émotionnel.

Le gendaika nécessite une pratique répétée des règles de composition avec des végétaux, des récipients et des outils similaires, ainsi que la mise en place de gestes et d’habitudes dans la pratique quotidienne, afin que la mesure des proportions, la taille des branches et des feuilles ou l’insertion des tiges dans le kenzan puissent être effectuées sans y réfléchir consciemment. La pratique devient alors spontanée et constitue un moyen d’expression et de pleine conscience.

Cette progression correspond au processus d’apprentissage habituel : l’exploration vient d’abord, suivie de la conformité ou de la convergence, puis de la divergence. En ikebana, le deshi doit d’abord explorer à plusieurs reprises les végétaux, les formes de composition et les outils, en variant les combinaisons, les fréquences et les contextes. Cette pratique permet d’acquérir la maîtrise, la patience et la créativité, qui constituent les forces motrices de l’ikebana.

Style Hashibana Le Banmi Shōfū-ryū Hashibana est apparu en 2008 en tant que style du Banmi Shōfū-ryū. La tradition impose au nouveau maître ou iemoto de définir une identité et une cohérence propres. Tout en restant fidèle à la philosophie et au kaden (règles de pratique de l’art floral) de l’école, le nouvel iemoto doit affirmer une identité distincte, tout en restant identifiable comme appartenant au style de l’école. La signature de Bessie Banmi Fooks était l’utilisation de bois flotté dans toutes ses compositions. L’identité de Ric Bansho Carrasco est associée à la poursuite de cet héritage, ainsi qu’au développement du style Hashibana.

Sur le plan conceptuel, ce style constitue un pont symbolique (hashi) de fleurs (bana) entre les traditions du et l’ikebana du nouveau millénaire. Il représente le lien entre les styles classiques qui se sont développés au fil des générations, depuis les origines samouraïs de l’école jusqu’aux compositions contemporaines.

Le Hashibana se décline en trois formes : Hashibana Maru, Hashibana Uate et Hashibana Saba. Bien que des règles spécifiques régissent l’utilisation des fleurs et des éléments linéaires dans chacune de ces trois formes, les différences les plus évidentes concernent les récipients utilisésYerxa, E. J. (1990). An introduction to occupational therapy in the 21st century. Occupational Therapy in Health Care. 6(4). 1 – 17..

Le Hashibana Maru (« rond ») utilise des récipients globulaires ou ronds, dont l’ouverture est plus petite et située sur le dessus ou sur une autre partie du récipient. Le Hashibana Uate (« rectangulaire ») utilise des récipients hauts, larges et étroits. Le Hashibana Saba utilise des récipients similaires à ceux du Hashibana Uate, mais plus courts, leur donnant l’apparence d’un long bateau, qu’ils soient anguleux ou arrondis.

Voir aussi Ikebana

Références

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