Maurice Virassamy (-2024) est un écrivain français originaire de la Martinique. Il est connu pour le roman Le Petit coolie noir, publié en 1972.

Biographie Maurice Virassamy naît le à Grand'Rivière, en Martinique, puis va au lycée Schoelcher à Fort-de-France.

Il déménage ensuite en France métropolitaine pour suivre des études à l'Université de Toulouse, où il obtient une licence de mathématiques. Il étudie ensuite la médecine à Paris et obtient une maîtrise en sciences économiques.

Il exerce en tant que médecin généraliste à partir de 1968 et prend sa retraite en 2007.

Il meurt en 2024 à Narbonne.

Romans

Le Petit coolie noir Le Petit coolie noir, publié en 1972, est le premier roman francophone qui relate l'expérience indo-caribéenne. Virassamy est précurseur en ce qu'il se réapproprie le terme « coolie » pour « surpasser un complexe identitaire », une décennie avant le mouvement de néoindianisation mondiale qui redore l'héritage indien des populations caribéennes.

Il s'agit d'un récit autobiographique relatant l'enfance d'un métis issue d'une famille indo-descendante et afro-descendante. Les Caraïbes anglophones ont établi un terme spécifique pour désigner ce double héritage culturel (les douglas), alors que dans le monde francophone aucun mot ne ressort pour les qualifier. vignette|323x323px|Engagés indiens en Martinique La préface montre une scène se déroulant à Paris, entre un Maurice adulte et sa compagne. Ils se disputent, Maurice la gifle et elle l'insulte de « sale nègre ». Le caractère raciste de l'insulte donne le ton du livre, qui traite en profondeur des enjeux raciaux et racistes. Comme le titre l'indique, il s'agit ici d'un protagoniste coolie, c'est-à-dire un descendant des engagés indiens déplacés dans les îles colonisées pour remplacer la main d’œuvre une fois l'esclavage aboli. Ce servage est aujourd'hui considéré comme une autre forme d'esclavage.

Le récit débute en Martinique sous l'Occupation durant la Seconde guerre mondiale. Il se prolonge à travers l'adolescence de Maurice qui devient la cible d'harcèlement raciste de la part de ses compatriotes noirs. Virassamy utilise la narration de son passé pour proposer une méditation sur l'aliénation des indo-descendants à travers la langue créole et l'actualisation du passé esclavagiste. Le protagoniste se trouve toujours exclu, qu'il soit au sein d'un groupe afro-descendant ou dans sa famille d'origine indienne.

Dans un effort de compréhension des dynamiques raciales, Maurice tente d'expliquer le comportement des Antillais noirs à son égard par le racisme dont ils sont eux-mêmes victimes. Il tend de plus en plus à préférer son ascendance indienne et à dénigrer la culture afro-descendante.

Ne crachez pas sur Sangaré Ne crachez pas sur Sangaré est publié en 1983, et continue le récit autobiographique du Petit coolie noir, bien que le protagoniste ne soit plus entière calqué sur Virassamy. Il s'appelle cette fois Sébastien Mohandas. Le roman se déroule en Europe, où les indo-descendants sont mieux considérés que les personnes noirs.

Sébastien parvient à concevoir son identité ethnique en se divisant en trois : « Christophe, qui symbolise l’Europe, Krishna l’Asie et Sangaré l’Afrique ». Il semble donc que, pour Virassamy, l'issue au racisme envers les coolies noirs ne peut pas être trouvée aux Antilles.

Critiques et reconnaissance En l'absence de travaux historiques sur les indo-descendants de Martinique jusqu'aux années 1980, la fiction et a fortiori la fiction autobiographique, est un canal important pour fixer et partager l'expérience vécue des minorités indo-martiniquaises. Le Petit coolie noir est considéré comme une « fiction sociologique » par Claire Ania Virgile.

Dans Le Petit coolie noir, Virassamy adopte une posture analytique et semble conscient de son rôle d'amplificateur pour les voix minoritaires persécutées. Se faisant, il contribue à la construction du paradigme littéraire antillais du récit d'enfance aux côtés de Joseph Zobel et Françoise Ega. Son analyse du racisme basé sur des classes socio-ethniques est reprise par Raphaël Confiant. L'oeuvre de Virassamy trouve son écho trinidadien dans le recueil , publié en 1972 également par Harold Sonny Ladoo.

Juliette Sméralda-Amon nie le statut de « roman indien » imputé à l’œuvre de Virassamy, où, selon elle, « l’on trouve plusieurs références au stigmate que constitue le fait d’être "coolie", mais l’auteur n’y défend aucune cause indienne ». Pour Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant, l'hostilité rencontrée par Virassamy en Martinique reflète son propre mépris pour la région. Jean Bernabé qualifie l’œuvre de Virassamy de « pathétique contradiction » qui « se trouverait aujourd'hui résolue au sein de la problématique de la créolité ».

Articles connexes

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Notes et références

Liens externes

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