La 3-242 A 1 est une locomotive à vapeur prototype de la SNCF qui fut mise en service en 1946Au cœur des locomotives, Hachette Collections.. Cette locomotive emblématique est considérée comme le chef-d'œuvre d'André Chapelon.
Genèse En effet, elle résulte de la transformation de la locomotive Mountain 241-101 État conçue par l'OCEM à la demande de Raoul Dautry pour le réseau de la Compagnie des chemins de fer de l'État et construite en 1932 par les ateliers de Fives-Lille. Elle était équipée d'un moteur à trois cylindres à simple expansion, d'un stoker et d'une distribution par soupapes à cames rotatives de type « Renaud ». Face aux piètres performances de l'engin, cette machine fit peu de service que ce soit au dépôt des Batignolles ou au dépôt du Mans. À la création de la SNCF cette machine fut renumérotée 3-241 B 101. L'ingénieur André Chapelon, qui n'avait en rien participé à sa définition, proposa en 1938 de l'améliorer suivant ses plans et directives.
La locomotive a été entièrement repensée, l'exercice consistant à construire une machine totalement nouvelle en réutilisant le plus de pièces possible de la première. André Chapelon mit ici en œuvre les principes qu'il avait envisagés pour les projets de locomotives à construire après la guerre, ceux-ci dérivant des projets établis pour la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans avant la création de la SNCF. Il installa donc un moteur à trois cylindres compound (1 HP intérieur et 2 BP extérieurs), la distribution du cylindre haute pression étant composée de deux tiroirs cylindriques du type Trick (doublant la section offerte à l'admission par rapport à un tiroir cylindrique classique) et celle des cylindres basse pression par des tiroirs Willoteaux, un échappement « Kylchap » 1K/1C triple dont c'est l'unique exemple, un système de graissage mécanique Bosch.
Les performances recherchées nécessitèrent la reconstruction de la chaudière d'origine avec une capacité de production de vapeur accrue. Le foyer en cuivre fut remplacé par un nouveau en acier soudé équipé de deux siphons « Nicholson », de même que le surchauffeur « Schmidt » fut changé par un modèle de type « Houlet », avec de nouveaux tubes à fumées. Le chargeur mécanique Stoker type BK remplacé par un HT. La boîte à fumée a été rallongée et un échappement Kylchap triple installé. Achevée au début de l'année 1943, la chaudière fut gravement endommagée lors du bombardement de Sotteville par les Alliés le Les locomotives à vapeur unifiées (2), par Bernard COLLARDEY et André RASSERIE, 2002, Éditions La Vie du Rail..
Les écrans pare-fumée ont été remplacés par de nouveaux du type unifié plus grands, prenant naissance au niveau de la traverse avant comme sur les 141 P et les 240 P.
Le châssis fut considérablement renforcé par l'ajout de nombreuses entretoises. L'augmentation de poids entrainée par ces modifications a nécessité le remplacement du bissel à un essieu par un modèle de type Delta à deux essieux, faisant passer la locomotive du type 241 au type 242, mais sans allongement du châssis, la machine gardant la longueur d'origine de la Mountain.
Ces transformations faites à partir de 1943 aux ateliers de la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d'Homécourt situés à Saint-Chamond donnèrent à la locomotive des performances exceptionnelles. Dès ses premières sorties en la machine affichait plus de « au crochet » (alors que l'originale affichait au maximum ).
À partir du mois de , le bloc cylindre haute pression qui avait été coulé en fonte, laissa apparaître d'importantes fissures. Au cours de l'année 1947, la 242 A 1 fut envoyée aux ateliers de Sotteville-lès-Rouen, où le bloc cylindre HP défectueux fut remplacé par un nouveau en acier moulé. La machine ne reprit ses essais qu'en .
Tender Le tender accouplé était celui d'origine ; il s'agissait d'un tender à bogies contenant d'eau et de charbon et qui fut immatriculé 3-34 A 1.
Utilisation et services Affectée au dépôt du Mans en 1951, elle restera la plus puissante locomotive à vapeur ayant existé en Europe et la plus puissante locomotive à l'époque tous modes de propulsion confondus et ce toujours en Europe.
Pour Chapelon, elle préfigurait le début d'une nouvelle série de machines performantes et économiques qui auraient dû voir le jour la décennie suivante. Mais ses performances indisposaient la direction de la SNCF qui se lançait à l'époque dans l'électrification et la diéselisation généralisée.
Malgré ses performances remarquables et après une campagne d'essais fort réussie la 3-242 A 1 ne fut plus utilisée que de façon sporadique et ne totalisa que le jour de sa radiation.
Garée en bon état le 23 décembre 1955, elle fut placée en attente d'amortissement en , puis radiée le . Expédiée au dépôt de Saint-Brieuc le , sa démolition débuta le 28 du même mois.
La machine avait été inscrite sur la liste des machines à préserver en priorité par Michel Doerr, fondateur du musée français des chemins de fer alors en cours d'élaboration.
Les caractères en bronze qui composaient son numéro ainsi que celui du tender ont été conservés par son dernier mécanicien titulaire Robert Montarou avec l'autorisation du chef de dépôt du Mans.
Caractéristiques Surface de grille: Surface de chauffe: Surface de surchauffe: Nombre d'éléments: Nombre de cylindres: 1HP + 2BP Diamètre cylindre HP: Course piston HP: Diamètre cylindres BP: Course pistons BP: Timbre de la chaudière: Diamètre des roues motrices: Diamètre des roues du bissel avant: Diamètre des roues du bissel arrière: Masse à vide: Masse en ordre de marche: Masse adhérente: Longueur hors tout de la locomotive seule: Puissance maximum indiquée: à (admission 80 % HP et 45 % BP) et à (admission 70 % HP et 45 % BP) Puissance maximum à la jante: kW Puissance maximum au crochet du tender: à et à Effort de traction maximum:
Vitesse maxi en service: Tender: Tare du tender: tonnes Capacité en eau: Capacité en charbon: Masse du tender en ordre de marche: tonnes Masse totale locomotive + tender: Longueur du tender: Longueur totale locomotive + tender:
Modélisme La 242 A 1 a été reproduite à l'échelle HO par : La Maison des Trains Chaumeil Metropolitan Lemaco AMF87
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Northern (locomotive) Locomotives à vapeur françaises
Bibliographie
Bernard Collardey - André Rasserie, Les locomotives à vapeur unifiées (2) 232 R, S, U, 151 TQ, 050 TQ et les prototypes, Éditions La Vie du Rail, 2002.
Liens externes Texte sur le site chapelon.net
242 A 1 SNCF Catégorie:Locomotive 242