vignette|Le golfe de Guinée et sa région. L'érosion côtière est l'usure progressive du littoral par les forces de la nature, principalement vagues, courants, marées et vent. En Afrique de l'Ouest, ce phénomène touche les pays côtiers du golfe de Guinée et le Bénin n'est pas épargné. La mer gagne sans cesse du terrain chaque année occasionnant des désagréments au pays notamment l'exode des populations riveraines contraintes de quitter les lieux. Des mesures sont mises en place par le gouvernement pour ralentir l'avancée continuelle de la mer.
Manifestations Le Bénin, pays côtier de l'Afrique de l'Ouest, dispose de de façade maritime. vignette|Érosion au bord de la lagune côtière de Grand-Popo Entre 2002 et 2013 un recul moyen des côtes de à certains endroits. Des études montrent qu'entre 1986 et 2018, la régression du trait de la côte varie entre et par an. L'érosion touche plusieurs villes du littoral béninois avec des reculs de terres plus ou moins marqués : à Hillacondji, on note une régression de par an, à Avlo diminution annuelle de , à Avlékété régression de par an, à Togbin la diminution a été de par an et de par an à Dèkoungbé. Elle varie entre et par an à Grand-Popo. À Avlo et Djondji, le phénomène d’érosion est sensible et a atteint en moyenne 4,67 m par an d’avancée des eaux de la mer. Certains quartiers de Cotonou sont également atteints par le phénomène.
Conséquences L'une des conséquences est le déplacement massif des populations. En dehors de l'engloutissement des infrastructures et de la contribution à la disparition du territoire béninois, elle a entraîné une dégradation des écosystèmes. En modifiant la dynamique naturelle de la côte, la construction du port de Cotonou en 1964 a entraîné une accrétion de sable en amont (à l’ouest du port) et une érosion en aval (à l’est).
À cause aussi de l’urbanisation massive, de l’augmentation du trafic maritime dans le golfe de Guinée et la fréquence des fortes tempêtes saisonnières, cette érosion maritime s’est accélérée jusqu’à atteindre une vitesse d'environ par an.
Politiques de lutte En 2003, des études sont réalisées par un bureau canadien à l'est de Cotonou pour cerner le phénomène. Débuté en 2012 dans le cadre d’une première phase de travaux, le chantier a permis de construire huit épis. Ces ouvrages de protection, ayant un ancrage sur la plage et pouvant mesurer jusqu’à de long (comme celui de Siafato), freinent les courants et limitent les mouvements de sédiments. De forme trapézoïdale pour « casser » la puissance des vagues, ils sont constitués d’un enrochement de quelque 60 000 tonnes de pierres de différente taille. Ils se sont révélés inefficace face à l'avancée de la mer en raison de l'achèvement des travaux d'aménagement du port en 2011 et de la montée des eaux.
En 2016, en réponse aux marées d'avril de cette même année, des actions de lutte sont conduites par le gouvernement élu de Patrice Talon.
Le 4 juillet 2017, les travaux de la deuxième phase du Projet de protection de la côte à l’Est de Cotonou sont lancés par le ministre du cadre de vie et du développement durable José Didier Tonato. D'un coût d'environ milliards de FCFA, le projet conduit par le groupe Inros Lackner vise à protéger de côte grâce à l'érection d'ouvrage en enrochement et rechargement de sable. Ce chantier titanesque voit la pose de près d’un kilomètre d’épis (4,5 millions de mètres cubes) et de de digue immergée. La première phase de ce projet a démarré en 2009 pour un montant total de 32,5 milliards de FCFA.
En 2024, suite aux efforts consentis, la mer a reculé de 150 à par endroits.
Appuis à la lutte Le Bénin fait partie du programme de gestion du littoral Ouest Africain WACA ( West Africa Coastal Areas Program). En 2023, la mise en œuvre du programme permet de reconstituer une plage à Hillacondji sur une longueur de avec des cocotiers sélectionnés sur une étendue de . Le projet réalisé en deux phases a permis lors de la première phase terrestre et de type épi le rechargement du sable et lors de la seconde l'engraissage par dragage.
À la COP 30 tenue à Belém au Brésil, le Fonds pour pertes et dommages, mis en place lors de la COP28, est désormais opérationnel. Il vise à soutenir aider les pays particulièrement vulnérables aux effets néfastes des changements climatiques à faire face aux pertes et préjudices économiques et autres liés à ces effets, notamment aux phénomènes météorologiques extrêmes et aux phénomènes qui se manifestent lentement. Le Bénin, affecté notamment par le recul du trait de côte, est éligible pour l'obtention d'un financement.
Références
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