vignette|Bandes de souban. vignette|À droite, une jeune fille zarma portant un souban.

Le souban, également appelé soubane ou téra-téra, est une étoffe traditionnelle tissée à la main par les Zarmas du Niger.

Il est fabriqué par des tisserands appelés tchakey, principalement à partir de coton et de laine. Traditionnellement associé aux populations zarma et songhaï, il est employé comme vêtement, couverture et étoffe cérémonielle, en particulier lors des mariages.

Les formes anciennes sont principalement caractérisées par le noir et le blanc, tandis que d'autres exemplaires associent plusieurs couleurs à des motifs géométriques. Le tissu est constitué de bandes étroites tissées séparément puis assemblées.

Histoire et fabrication

Le tissage possède une histoire ancienne en Afrique de l'Ouest. Au Niger, les tisserands traditionnels, appelés tchiakey en zarma et masaki en haoussa, exercent leur activité depuis au moins le . Ils se déplaçaient autrefois de village en village pendant la saison sèche pour fabriquer des pagnes, des éléments de trousseau matrimonial et des draps funéraires.

Le téra-téra est particulièrement associé aux communautés songhaï et zarma. Il est traditionnellement fabriqué avec de la laine et du coton par des tisserands locaux. Les formes anciennes sont décrites comme étant principalement noires ou blanches. Le souban est également présenté comme un textile caractéristique du Niger dans des collections consacrées au patrimoine textile du pays.

Les tisserands zarmas sont traditionnellement répartis entre plusieurs spécialités. Les massaki-sakala fabriquent des couvertures rayées des styles de Dori et de Dosso, tandis que les massaki-tara confectionnent des pagnes composés de douze à dix-sept bandes. Ces bandes étroites sont tissées séparément avant d'être cousues les unes aux autres.

Les exemplaires conservés dans les collections muséales montrent une grande diversité de compositions. Un souban zarma-songhaï du milieu du , conservé au Metropolitan Museum of Art, est constitué de neuf bandes cousues bord à bord et associe des motifs en damier, des chevrons et des losanges dans plusieurs couleurs.

Usages

Le souban était un vêtement de prestige. Sa fabrication demandant un travail important, les familles disposant de ressources suffisantes pouvaient entretenir une relation régulière avec un tisserand chargé de fabriquer leurs étoffes. Le tissu était porté lors de cérémonies et d'autres occasions sociales.

Dans les traditions zarma et songhaï, le souban joue également un rôle dans les cérémonies de mariage. La mariée est traditionnellement enveloppée dans l'étoffe lorsqu'elle est conduite vers la résidence de son époux. Avant le mariage, la mère de la mariée peut commander le tissu auprès d'un tisserand choisi pour sa maîtrise des motifs. Lorsque les moyens de la famille le permettent, deux pièces peuvent être acquises, l'une pour la mariée et l'autre pour son époux.

Au début du , la fabrication et l'usage quotidien du téra-téra reculent au Niger. Sa production exige du temps et un savoir-faire spécialisé, tandis que son coût limite sa diffusion. Son utilisation dans les mariages subsiste toutefois, bien que le souban soit parfois remplacé par des étoffes moins coûteuses.

Galerie

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Zarmas Songhaïs Tissage Textile Culture du Niger

Liens externes

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