est un film japonais de Mikio Naruse, première partie d'un film en deux volets sortis en 1937. C’est une adaptation d’un roman de Kan Kikuchi publié en feuilleton.
Synopsis Toyomi Funada, jeune femme traditionnelle d'une famille modeste de Tokyo, aime Shintarō Minagawa, qui semble très épris lui aussi. C’est un étudiant que lui a présenté son amie d’enfance Michiko Takizawa. Shintarō vient d'obtenir son diplôme et de réussir le concours du ministère des Affaires étrangères ; les deux jeunes gens comptent se marier une fois sa carrière assurée. Les parents de Toyomi voient d'un mauvais œil le décalage entre leur fille et ce diplomate issu d'une riche famille de Kiryū. Michiko, elle, s'apprête à épouser Tatsuo Hayakawa qu'elle a rencontré lors d'une entrevue arrangée et avec qui, contre toute attente, elle semble très bien s’entendre.
Une lettre du père de Shintarō bouleverse la situation : la crise a mis l'entreprise familiale au bord de la faillite. Le père exige un mariage arrangé avec Yurie Mayama, fille de la plus ancienne famille de propriétaires terriens de Kiryū ; sa dot éteindrait la dette. Shintarō entend refuser et n'en dit rien à Toyomi, à qui il promet au contraire d'obtenir le consentement des siens.
À Kiryū, sa ville natale, il se heurte à son père qui menace de s'ouvrir le ventre. Il accepte l'entrevue en jurant de ne pas aller plus loin. Mais Yurie n'a rien d'une promise docile : elle monte à cheval, fréquente les dancings, juge le rituel des familles absurde et devine d'emblée que Shintarō n'est venu que pour se dérober. Il lui avoue qu'il aime une autre femme ; elle lui répond que s'il s'est attaché à elle en un seul jour, c'est qu'il n'aime pas vraiment l'autre — et consent au mariage à condition qu'il rompe sans la faire souffrir. Il tombe amoureux de Yurie.
À Tokyo, Toyomi voit son fiancé l’éviter depuis son retour de Kiryū. Michiko le somme de s'expliquer ; il avoue ses fiançailles. Shintarō supplie Toyomi de le haïr. Il prétend avoir fait ce choix pour ses parents, mais elle ne le croit pas. Elle l'accuse de s'être joué d'elle, corps et âme, et le quitte.
Toyomi déchire la photo de Shintarō et écrit une lettre à Michiko. Elle lui confie en secret qu’elle attend un bébé. Son enfant n'aura pas de père, puisqu'elle refuse un homme qui ne l'aime plus ; elle l'élèvera seule, par ses propres forces, et ne se manifestera que lorsqu'il aura grandi.
Fiche technique
Ces informations proviennent du générique du film et des bases de données NFAJ et Eiren.
Titre français : Les Vicissitudes de la vie I Titre original : Le titre original, |禍福 (Kafuku), est un composé de 禍 (ka, « malheur, calamité ») et de 福 (fuku, « bonheur, fortune favorable »), soit littéralement « malheur et bonheur », dans cet ordre. Le mot renvoie au proverbe 禍福は糾える縄の如し (kafuku wa azanaeru nawa no gotoshi), « malheur et bonheur sont comme les brins d'une corde tressée » : les deux se succèdent en alternance, à l'image de deux brins tordus l'un dans l'autre. Les dictionnaires japonais en donnent pour source le Shiji de Sima Qian, dans le chapitre consacré au royaume de Nanyue. Titre anglais : Learn from Experience, Part 1 Réalisation : Mikio Naruse Scénario : Fumitaka Iwasaki Œuvre originale : Kan Kikuchi (roman publié en feuilleton dans le mensuel féminin )Alors orthographié 主婦之友. Photographie : Mitsuo Miura Musique : Takio Niki, interprétée par l'orchestre P.C.L. Chansons thèmes : et Columbia Records, paroles : Yaso Saijō, musique : Yoshi EguchiLes chansons sont interprétées par Miss Columbia () et Akiko Futaba, selon Hatenablog. Montage : Toshio Goto Direction artistique : Takeo Kita Son : Isamu Suzuki Direction de la production : Katsuzō Shino Société de production : P.C.L. (mention au générique) Société de distribution : Pays de production : Langue originale : japonais Format : noir et blanc — 35 mm — format standard — son mono Genre : mélodrame Durée : 78 minutes Date de sortie : Japon :
Distribution
Takako Irie : Toyomi Funada Minoru Takada : Shintarō Minagawa : Yurie Mayama Yumeko Aizome () : Michiko Takizawa, l’amie de Toyomi Heihachirō Ōkawa : Tatsuo Hayakawa, son amoureux : le père de Toyomi Tomoko Itō : la mère de Toyomi : Ōta, l’ami de Shintarō : le père de Shintarō Yuriko Hanabusa : la mère de Shintarō : Setsuko, la sœur de Shintarō : Shōji, le frère cadet de Shintarō, deuxième fils : Shōsuke, le frère cadet de Shintarō, troisième fils : Madame Narisawa, la patronne de la boutique de vêtements occidentaux : le père de Yurie : la mère de Yurie Chizuko Kanda : une amie : une amie : une amie
Autour du film
Le 26 août 1937, la naît de la fusion de quatre sociétés : le laboratoire Shashin Kagaku Kenkyūjo, sa filiale P.C.L. Eiga Seisakusho, le de Kyoto et la société de distribution , fondée par Ichizō Kobayashi (Hankyū). P.C.L. et le Shashin Kagaku Kenkyūjo forment le studio de Tokyo du nouvel ensemble, chargé des drames contemporains. Sorti le 1er octobre 1937, cinq semaines après la fusion, Les Vicissitudes de la vie I porte encore la mention de production P.C.L., la distribution revenant à la Tōhō. Avec sa seconde partie, sortie le 11 novembre, c'est le dernier film de Mikio Naruse produit sous le nom de P.C.L. : son film suivant, Tsuruhachi et Tsurujirō, ne sort qu'en septembre 1938 sous celui de la Tōhō. En 2025, les deux parties du film sont projetées lors d'un hommage au directeur de la photographie Mitsuo Miura, en une seule séance de 153 minutes avec une pause de 10 minutes est le directeur de la photographie de la deuxième partie..
Analyse des deux parties Dans , Catherine Russell juge le style visuel du film « assez scolaire », le plan d'ensemble sur des personnages debout y constituant le procédé de composition dominant, mais tient l'œuvre pour remarquable par la manière dont elle donne à voir la vie moderne à Tokyo : promenades au parc d'Ueno, dancings, achats de vêtements occidentaux à Ginza. Elle y relève un discours excessif de la mode qui fait intrusion dans le récit mélodramatique, sans que Naruse le parodie pour autant : le cinéaste lui paraît manifestement peu inspiré par cette histoire et par ses personnages bourgeois. Russell rattache la restauration du patriarcat sur laquelle s'achève le film à l'orientation politique de Kan Kikuchi, critique influent dont la chronique de la revue Nihon Eiga"À la suite de l'unification des revues de cinéma en 1940, Nihon eiga (Cinéma japonais) fut l'unique revue de cinéma qui survécut jusqu'à la fin de la guerre. Elle servait de tribune pour les déclarations officielles de la Dai nihon eiga kyôkai (Société des cinéastes du Grand Japon), une organisation composée de citoyens et de fonctionnaires créée en 1935 afin de favoriser la communication entre les milieux du cinéma et les bureaucrates du gouvernement." Aaron GEROW, p. 1, à la fin des années 1930, servit selon elle de catalyseur à la conceptualisation d'un cinéma nationaliste inspiré de l'esthétique et de l'idéologie nazies. Elle conclut que le film n'est en rien subversif ni critique, mais qu'il relève d'un mode de représentation mélodramatique, avec tout ce que cela implique.
Notes et références
Voir aussi
Article connexe
Les Vicissitudes de la vie II
Liens externes
Catégorie:Film en japonais Catégorie:Film japonais en noir et blanc Catégorie:Film réalisé par Mikio Naruse Catégorie:Adaptation d'un roman japonais au cinéma Catégorie:Film de P.C.L. Catégorie:Film de Tōhō Catégorie:Film japonais sorti en 1937 Catégorie:Film se déroulant à Tokyo