Maḥmūd Aḥmad Ḥamdī al- Falakī, suivant la forme internationale de son nom, Maḥmoud-Bey, al Falakī (al-Falaki signifie l'astronome) ou Mahmoud Ahmad Pacha, né Amin Sabbagh, est un ingénieur, mathématicien, astronome, cartographe et homme politique égyptien, attaché à la cour d'Égypte, président de la Société khédiviale de géographie au Caire, né en 1815 à Al-Hessa dans le gouvernorat de Gharbeya (aussi écrit Gharbia, ou Al Gharbiyah), au cœur du delta du Nil, et mort au Caire le .

Biographie Comme tous les fils du village, il a fait son premier enseignement à la lecture du Coran. Alors qu'il va atteindre ses dix ans, son frère l'amène à Alexandrie qui est en plein développement suivant la volonté de Méhémet Ali de faire de l'Égypte un état moderne. Alexandrie est alors le point de contact avec l'Europe. Méhémet Ali y a établi un arsenal et développe sa marine. Sa flotte est en partie détruite à la bataille de Navarin, en 1827. Vers 1824, il commence ses études dans l'école navale fondée grâce à la libéralité de Méhémet Ali et dirigée par un français, un certain Monsieur de Cerisi, ingénieur constructeur de la marine, appelé Cerisi-Bey, responsable de l'arsenal d'Alexandrie . Son frère l'avait précédé et en était sorti officier dans la marine égyptienne. Vers 1833, il entre à l'École d'ingénieurs, ou École polytechnique (Muhandiskhana (مهندسخانه) est un mot arabe signifiant « école d’ingénieurs » ou « école polytechnique »), de BoulaqLa biographie est essentiellement écrite à partir de la biographie de son ancien élève, Ismaïl-bey Moustafa. fondée par Méhémet Ali et dirigée par Hékékyân Bey, ingénieur mécanicien turc formé en AngleterreHékékyân Bey a pris la direction de l'École des arts et métiers fondée en 1838., avant d'être transformée et placée sous la direction de Charles Joseph Lambert à la suite d'une vaste réorganisation scolaire, en 1837 avec des professeurs qui, pour certains, avaient fait partie de la première mission égyptienne envoyée en France en 1826 sous la direction de Edme François Jomard qui avait fondé l'école égyptienne de Paris grâce à la libéralité de Méhémet Ali. Mahmou Ahmad est sorti de l'École polytechnique un des premiers de sa classe en 1839 (année 1255 de l'hégire). Il est promu sous-lieutenant et reste à l'École polytechnique comme professeur adjoint. Il continue son l'étude du français pour parvenir à traduire presque sans difficulté des livres de mathématiques. Ensuite, il enseigne la trigonométrie et la trigonométrie sphérique, la géométrie analytique, le calcul différentiel et intégral.

Vers 1842 (année 1258 de l'hégire), il obtient le grade de capitaine. Il décide d'étudier l'astronomie. Il base son étude de cette science sur les ouvrages de Delambre et de Francœur. Il a alors enseigné cette science à l'École polytechnique comprenant l'étude et l'usage des tables astronomiques en se servant de l’Astronomie de Delambre et de l’Uranographie de Francoeur. Le cours d'astronomie sert surtout pour la formation à la géodésie et à ses applications. Il a publié pour l'année 1848 (année 1264 de l'hégire) un petit annuaire donnant la correspondance des dates , arabe, grégorienne, copte, grecque et juive et il a calculé les positions du soleil et de la lune à l'intervalle de 5 jours, à midi, pour toute l'année. Mahmûd fait exécuter « trois cadrans solaires et un cadran stellaire » en dehors des cours qui sont installés en évidence dans la cour de l’école. L'intérêt de l'école pour l'astronomie peut étonner car cette science est éloignée de son objectif initial qui est le développement industriel et économique du pays. Lambert explique cet intérêt en écrivant qu'il distribue, au nom de l'école, aux mosquées de toute l’Égypte des cadrans solaires pour les prières et a gagné l’affection de « tous les cheiks du pays ». Cette année-là, il est promu adjudant-major et reçoit du public l'appellation de al falaki, l'astronome, à la suite de la publication des almanachs.

Vers la fin du mois de mai 1850, Abbas Hilmi a voulu réorganiser l'observatoire de Boulaq fondé par Méhémet Ali et qui fonctionné depuis 1845 sous la direction de Lambert-Bey. Il a ordonné d'envoyer en France trois jeune gens pour parfaire l'étude de cette science. Le choix s'est porté sur Mahmoud-Effendi , Hussein-Effendi Ibrahim (Husayn Ibrâhîm) et Ismaïl-Effendi Moustapha (Ismâ’îl Mustafâ). Il va alors passer en Europe où il reçoit l'enseignement du directeur de l'observatoire de Paris, François Arago, de Jean-Augustin Barral, d'Émile Goujon, astronome de l'Observatoire.

Il a obtenu son certificat de fin d'étude en 1854. La poursuite d'études scolaires ne l'intéressant plus, il décide de visiter les observatoires européens, allant de Vienne à Dublin en passant par Edimbourg, Berlin et Bruxelles où il fait la rencontre Adolphe Quetelet. Il fait des études sur l'intensité du magnétisme terrestre et de ses variations. Il publie les résultats de son travail dans des bulletins de l'Académie royale de Belgique. En 1855, il publie dans le tome 26 de ce bulletin un mémoire sur le calendrier judaïque, en 1861, dans le tome 30, un mémoire Sur le calendrier arabe avant l’islamisme, et sur la naissance et l’âge du prophète Mohammad.

Il est de retour en Égypte en 1859. Mohamed Saïd Pacha lui confère le grade de colonel (bey) et le charge de la direction de l'établissement de la Carte d'Égypte. Il va entreprendre ce travail avec des ingénieurs égyptiens. À sa mort, la carte concernant la Basse-Égypte ont été publiée. Pour la Haute-Égypte, elle est en grande partie terminée mais non publiée, ainsi que le plan de la ville du Caire. Il a la responsabilité de l’Observatoire khédivial d’al-’Abbâsiyya avec Ismâ’îl Mustafâ dans les années 1870 et 1880.

En 1862, Mahmoud-Bey a rédigé un mémoire lu à l'Institut Égyptien le intitulé L'Âge et le But des Pyramides, lus dans Sirius. Le texte est publié dans le Bulletin de l'Académie royale de Belgique, , . Pour déterminer l'âge de la pyramide, Mahmoud-Bey a estimé à quelle date les rayons de Sirius au point culminant de sa course tombaient perpendiculairement à la face sud des pyramides. Il en a déduit qu'elles ont dû être construites vers 3300 avant J-C.

En 1865, Mahmoud-Bey a dressé une carte précise de la ville d'Alexandrie. Elle est complétée de nombreux toponymes. Une carte des environs d'Alexandrie et une autre restituant l'antique Alexandrie et de ses faubourg sont produites en 1866. La carte a été dressée grâce à des fouilles, des nivellements et d'autres recherches. Pendant plus d'un siècle, les reconstitutions de l'Alexandrie antique ont été basées sur cette carte sur laquelle des amendements ont été apportés. Il a publié en 1872 un Mémoire sur l'antique Alexandrie résumant les découvertes faites par les fouilles, sondages, nivellements et autres recherches sur : les murs d'enceinte, des rues de l'antique Alexandrie et de leur nivellement, les aqueducs, les citernes, l'île de Pharos, la tour du phare, l'Heptastade, les ports, les palais royaux, les temples, les faubourgs et environs de l'antique ville d'Alexandrie, la branche Canopique du Nil et les principales villes qui la bordaient.

Il publie en 1871 un mémoire sur le système métrique égyptien comparé au système français et les nilomètres anciens et modernes.

Il a représenté l'Égypte au Troisième Congrès et Exposition Géographique International de Venise, en Italie, en 1881Report upon the Third International Geographical Congress and Exhibition at Venice, Italy, 1881, Washington, [D.C.] : Government Printing Office, 1885, p43. Il est élu en président de la Société khédiviale de géographie.

Il a reçu le titre de pacha en 1881 et a été nommé ministre des Travaux publics dans le ministère de Raghib Pacha, en 1882, puis ministre de l'Instruction public le dans le deuxième cabinet de Nubar Pacha après avoir été sous-secrétaire d’état (wakîl) à l’Instruction publique de 1870 à 1871 et de 1882 à 1884.

Publications

. et une carte.

.

Cartes Mahmoud-Bey, Carte d'Alexandrie, 1865 (lire en ligne) Mahmoud-Bey, Astronome de Son Altesse, Carte de l'antique Alexandrie et de ses faubourgs. Dressée sur les ordres de S. A. le Vice-Roi d'Egypte à l'aide de fouilles, nivellements et autres recherches, Établissement géographique Erhard frères, 1866, (lire en ligne) Mahmoud-Bey, Astronome de S. A. le Vice-Roi d'Egypte, Carte des environs d'Alexandrie contenant le lac Maréotis, ceux d'Aboukir et d'Edkou ainsi que les anciens cours d'eaux et les villes dont les emplacements y sont déterminés par mes propres recherches, Établissement géographique Erhard frères, 1866 (lire en ligne) Carte du Delta de Mahmoud Pacha El-Falaki, réalisée en 1289 H (1872 apr. J.-C.) sur l’ordre de Son Altesse Ismaïl Pacha, Khédive d’Égypte, et dessinée par Amine El-Sabbagh. Publiée par A. Kauffmann, libraire au Caire, et lithographiée par F. A. Brockhaus à Leipzig.

Notes et références

Annexes

Bibliographie

Liens externes

State Information Service. Portail vers l'Égypte : Mahmoud Al Falaki BnF Bibliothèque d'Orient : Cécile Shaalan, ''Cartes et plans d'Alexandrie

Catégorie:Astronome égyptien Catégorie:Cartographe égyptien Catégorie:Scientifique égyptien du XIXe siècle Catégorie:Membre de la Société asiatique Catégorie:Ministre égyptien des Travaux publics Catégorie:Ministre égyptien de l'Éducation Catégorie:Naissance en 1815 Catégorie:Naissance en Égypte Catégorie:Décès en juillet 1885 Catégorie:Décès au Caire