L'hôtel Turgot est un hôtel particulier situé au , rue de Lille dans le 7e arrondissement de Paris en région Île-de-France.
À l'origine d'une série de sept dont il est le seul subsistant, l'hôtel est construit à partir de 1742 pour le compte de la société Salle-Lefranc de Jettonville. Il tient son nom d'Anne Robert Jacques Turgot, contrôleur général des Finances du roi Louis XVI qui le possède de 1779 jusqu'à son décès en 1781.
L'hôtel est, depuis 1953, la propriété de la fondation Custodia dont il est l'écrin de leurs collections d'Art.
Situation L'hôtel est immédiatement voisin de l'Assemblée nationale ainsi que de l'hôtel de Brienne, ministère des Armées ou encore de l'hôtel de Beauharnais, résidence de l'ambassadeur d'Allemagne.
Histoire gauche|vignette|Anne Robert Jacques Turgot Dans les années 1730, les terrains sur lesquelles est élevé l'hôtel appartiennent à Victor Marie, maréchal-duc d'Estrées. C'est sa veuve, Lucie-Félicité de Noailles, qui, le , vend les parcelles à une société formée par un consortium entre le banquier Pierre Salle et l'avocat Armand-Claude Lefranc de Jettonville via Antoine Dupuy de Lagarde de Seuilly, agissant par procuration en leurs noms, conclue le . La vente est actée pour une somme totale de , mais finalement sous le seul nom de Pierre Salle.
Par cette vente, l'acquéreur accepte d'élever les sept hôtels, tous identiques, sur une durée n'excédant pas les trois ans à partir du . L'hôtel, réalisé comme les autres par le maître maçon, Gennebault-Delassaulx, est considéré terminé en 1744, après de nombreux désagrément qui entraînent alors des dépenses imprévues et coûteuse, notamment au sujet des fondations, rendues difficiles par la proximité avec la Seine. Ce sont, entre autres, ces désagréments qui ont raison de l'indivision de Pierre Salle avec Armand-Claude Lefranc de Jettonville, par la liquidation de la société le , Pierre Salle rachetant les parts de son ancien associé et devenant pleinement propriétaire. Tout comme les six autres, l'hôtel est mis en location à partir de 1745, à la duchesse de Saint-Pierre qui l'occupe jusqu'en 1751.
Le , l'hôtel est vendu par Pierre Salle à Alexandre-Louis Gagnat, baron de Longny pour dont 25000 de mobilier. Ce dernier meurt dans l'hôtel en 1764, et ce sont ses filles, Adélaïde et Sophie, marquise de Louvois qui vendent l'hôtel à Jean-Baptiste-Elie Camus de La Guibourgère, ancien maire de Paris (1758-1764), par acte établi par Me. Blacque, notaire à Paris le .
Le seigneur de Pontcarré, meurt dans l'hôtel le , passant la propriété à son fils, Louis-Jean. L'année suivante ce dernier loue l'hôtel moyennant la somme de par an à Joseph Hyacinthe François-de-Paule de Rigaud, comte de Vaudreuil. Afin de payer ses créanciers, ce dernier se sépare de l'hôtel le , pour la somme de dont 98000 serviront à solder ses créances, en faveur d'Anne Robert Jacques Turgot, contrôleur général des Finances du roi Louis XVI et fils de Michel-Etienne Turgot, marquis de Soumont qui laissa son nom au fameux plan de Turgot.
S'empressant d'évincer le comte de Vaudreuil de sa location moyennant finance, Turgot décède néanmoins endetté dans un hôtel en partie en travaux le . Son frère, Etienne-François et sa sœur, Françoise-Hélène, duchesse de Saint-Aignan, héritent de la propriété. Dès le , ils vendent l'hôtel pour , à Jean-Thérèse-Louis de Beaumont, marquis d'Autichamp par acte passé devant Me. Arnaud, notaire à Paris. gauche|vignette|Frits Lugt et son épouse Jacoba Klever En 1789, la Révolution éclate, le marquis est contraint à l'exil et l'hôtel est mis sous séquestre puis finalement devient propriété du Département. À partir du 13 ventôse an II (), l'hôtel est loué par le Département au citoyen Girette pour par an. L'hôtel est cédé en démembré au citoyen Musset et à Joseph-Henri-Guislain Goessens, négociant à Bruxelles, le 2 fructidor an III (), à la suite de la première loterie nationale instaurée par la Convention en date du 29 germinal an III (). L'hôtel porte le de cette loterie. Ces derniers vendent l'hôtel à peine dix mois plus tard, le 16 fructidor an IV (), à Pierre-Nicolas Nolleval. Les enfants de ce dernier vendent l'hôtel à leur tour pour la somme de , le 25 pluviôse an IX (), à Gertrude Preuss qui meurt peu de temps plus tard, laissant la propriété à ses trois enfants mineurs. L'hôtel est donc mis en adjudication et acquis pour , durant l'audience des criées du tribunal de la Seine le , par le comte Claude-Silvestre Colaud. La veuve et les héritiers de ce dernier, vendent l'hôtel le , Amédée-Marie-Charles-François, marquis d'Harcourt et pair de France pour la somme de . George Trévor, comte d'Harcourt et Marie-Augusta, comtesse de Castries, enfants du précédent vendent l'hôtel le , à Françoise-Victurienne de Rochechouart de Mortemart, par mariage duchesse de Crillon, déjà liée à la famille par sa mère, née d'Harcourt, moyennant .
La duchesse s'éteint le en son château de Crillon. La propriété échoit en son veuf, Félix Berton des Balbes, et à leurs cinq filles. Le duc meurt à son tour dans l'hôtel le et la propriété échoit en indivision à ses cinq filles puis plus tard uniquement à Anne Victurienne dite Juliette, mariée au comte Sigismond de Lévis-Mirepoix. L'hôtel est hérité par l'aîné de leurs quatre fils, Gaston, comte de Lévis-Mirepoix. Ce dernier, après son mariage avec Marie-Thérèse d'Hinnisdal, le , fait démolir les anciens communs de l'hôtel sur la rue de Lille, et fait appel, en 1894, à l'architecte Louis Parent, alors très en vue, la construction d'un second hôtel de cinq niveaux, plus confortable et moderne afin de laisser l'ancien hôtel à l'occupation de sa mère, la comtesse douairière, qui décède dans l'hôtel en 1900. Le comte décède le et sa veuve vend l'hôtel à la duchesse d'Estissac de la Rochefoucault en 1928. Cette dernière vend à son tour l'hôtel en 1953, au couple de collectionneurs néerlandais, Frits Lugt et Jacoba Klever pour y installer leur fondation Custodia créée en 1947 et toujours occupante et propriétaire de nos jours.
Description Lors de sa vente du , l'hôtel est décrit comme suit :
gauche|vignette|Bâtiment dit hôtel de Lévis-Mirepoix, entrée de l'hôtel au , rue de Lille. Puis, lors de sa vente du :
En 1894, les communs de l'hôtel sur la rue de Lille sont détruit pour être remplacé par un nouveau bâtiment de cinq étages dit hôtel de Lévis-Mirepoix, réalisé par l'architecte Louis Parent. Le et le sont alors occupés respectivement par l'appartement du comte de Lévis-Mirepoix et de la comtesse. Les et sont occupés par le personnel. En 1953, lors de l'achat par le couple Lugt-Klever, les deux bâtiments sont l'objet de travaux importants, notamment l'importation, depuis les Pays-Bas, de nombreux éléments de décor.
De 1957 à 2013, le bâtiment sur rue dit hôtel de Lévis-Mirepoix, est occupé en location en totalité par l'Institut néerlandais.
Depuis 2013, ce dernier est occupé en sous-sol, au rez-de-chaussée, au 1er et au 4ème étage par la fondation Custodia qui n'occupait jusqu'à lors que l'hôtel Turgot en lui-même. Le 2ème étage est occupé par la Terra Foundation for American Art. Il ne reste aujourd'hui, rien des décors intérieurs d'origine de l'hôtel.
Hommage gauche|vignette|Plaque apposé sur la façade au , rue de l'Université Une plaque est apposée sur la façade du 121, rue de Lille en hommage à Turgot, décédé dans l'hôtel en 1781.
Références
Voir aussi Sources
Articles connexes Liste des hôtels particuliers parisiens
Lien externe
Turgot Catégorie:Fondation Custodia