Le Centre culturel nigérien Moustapha-Alhassane (CCN-MA) ex Centre culturel franco-nigérien Jean Rouch est un centre culturel franco-nigérien de la ville de Niamey, au Niger.

Situation Le site du CCN-MA se trouve dans le quartier central de Kombo. Il fait partie de la «vallée de la culture» de Niamey, qui regroupe plusieurs autres institutions culturelles, dont le Musée national du Niger, l'Institut de Recherche en Sciences Humaines (IRSH) et le Centre d'Études Linguistiques et Historiques par la Tradition Orale (CELHTO)Aïssata Sidikou, « Hama, Boubou », dans Emmanuel K. Akyeampong et Henry Louis Gates Jr. (dir.), Dictionary of African Biography, vol. 3 : Hailu–Lyaut, Oxford University Press, New York, 2012, , p. 7–8..

Présentation Le CCN-MA vise d'une part à diffuser la culture française et francophone dans l'ancienne colonie française du Niger. D'autre part, il entend favoriser la création, la reconnaissance publique et la professionnalisation des acteurs culturels nigériens contemporains, dans des domaines tels que la musique, la danse, le théâtre, les arts plastiques, la photographie, le cinéma et la littérature« Le Centre culturel franco-nigérien Jean Rouch », Ambassade de France à Niamey, 30 septembre 2019, consulté le 30 mars 2020.. L'échange culturel y joue un rôle important. Le CCN-MA compte parmi les lieux d'événements les plus connus de Niamey et intervient à l'échelle nationale comme partenaire de coopération dans diverses activités culturellesMichel Boccara, « Le Centre culturel franco-nigérien », dans Marie-Clotilde Jacquey (dir.), Littérature nigérienne (coll. « Notre librairie », n° 107), CLEF, Paris, 1991, p. 148–149..

Le principal lieu d'événements du centre est un théâtre de plein air pouvant accueillir plus de 400 spectateurs« Les espaces du CCFN Jean Rouch de Niamey », Centre Culturel Franco-Nigérien Jean Rouch, consulté le 30 mars 2020.. C'est généralement là qu'ont lieu, le week-end, les grandes manifestations, les concerts de rap figurant parmi les plus fréquentésJolijn Geels, Niger, Bradt, Chalfont St Peter, 2006, , p. 108.. Toujours en plein air se trouve un petit amphithéâtre de 67 places, à proximité duquel se situe la cafétéria du CCN-MA, lieu de rencontre pour un public étudiant et curieux de culture.

À l'entrée du bâtiment principal se trouve une salle d'exposition de 150 m². D'autres espaces intérieurs utilisés pour des événements comprennent un auditorium de 120 places et plusieurs salles de réunion plus petites.

Un équipement central du CCN-MA est sa médiathèque publique, l'une des plus importantes du Niger. Elle s'étend sur 900 m² et comprend environ 35 000 documents. Outre les livres et revues, elle conserve et prête des supports électroniques. Aux côtés des œuvres francophones, elle rassemble aussi des ouvrages dans les langues nationales du Niger. L'accent est mis sur la documentation générale et spécialisée« Médiathèque : Présentation », Centre Culturel Franco-Nigérien Jean Rouch, consulté le 30 mars 2020.. Dès les années 1990, les ouvrages sur l'Afrique et les sciences sociales, ainsi que les romans, comptaient parmi les plus empruntésAline Cirou, « La Bibliothèque du C.C.F.N. », dans Marie-Clotilde Jacquey (dir.), Littérature nigérienne (coll. « Notre librairie », n° 107), CLEF, Paris, 1991, p. 150.. Un espace dédié, très fréquenté, est réservé aux enfants et aux jeunes au sein de la médiathèque.

Le CCN-MA est un établissement binational, placé sous la double tutelle du ministère nigérien de la Culture et du ministère français des Affaires étrangères. Il est administré par un conseil composé à parité et dispose d'une autonomie de gestion sur le budget mis à sa disposition par les deux États.

Le centre de Niamey est rattaché administrativement à une antenne, le Centre Culturel Franco-Nigérien de Zinder, situé à Zinder, deuxième ville du Niger« Le Centre culturel franco-nigérien de Zinder », Ambassade de France à Niamey, 26 décembre 2019, consulté le 30 mars 2020..

Histoire La création de la «vallée de la culture» de Niamey, autour de l'année de l'indépendance du Niger en 1960, est due à l'intellectuel et homme politique influent Boubou Hama. Le Centre Culturel Franco-Nigérien fut fondé en tant qu'institution le 9 février 1963. Le complexe de bâtiments fut inauguré le 20 mai 1965 par le président Hamani Diori. Boubou Hama fut le premier président du conseil d'administration. Djibo Habi occupa le poste de premier vice-directeur du centreFrançois Martin, Le Niger du Président Diori. Chronologie 1960–1974, L'Harmattan, Paris, 1991, , p. 131..

Le sociologue nigérien Diouldé Laya, secrétaire général de la commission nationale de l'UNESCO, fonda dès les années 1960 une école de cinéma au sein du CCFN, avec le soutien du cinéaste français Jean Rouch, particulièrement actif au Niger et dont le centre culturel porte aujourd'hui le nom. Les jeunes Français Serge Moati, Gérard Delassus et Gérard de Battista assurèrent la direction de cette écoleAndréa Paganini, « Cinémas en Afrique – 2/5 : Jean Rouch », Cinémas Indépendants Parisiens, janvier 2013, p. 14 et 17.. L'école contribua à l'âge d'or du cinéma nigérien dans les années 1960 et 1970. Parmi les cinéastes nigériens les plus connus formés au CCN-MA figurent le réalisateur Oumarou GandaAchille Kouawo, « "Moi un Noir" – hommage à Oumarou Ganda (Niger) », dans Catherine Ruelle (dir.), Afriques 50 : Singularités d'un cinéma pluriel, L'Harmattan, Paris, 2005, p. 281–284. et la réalisatrice Mariama Hima.

Une convention entre les gouvernements de la France et du Niger, en date du 27 mai 1977, encadra la gestion du centre culturel, qui reçut le statut d'établissement public de droit nigérien« CCFN de Niamey », Centre Culturel Franco-Nigérien Jean Rouch, consulté le 30 mars 2020..

L'écrivain Abdoua Kanta comptait parmi les membres fondateurs d'un club de lecture installé au CCN-MA« Retrospectives du cinéma nigérien : Abdoua Kanta », PlaneteAfrique, 5 septembre 2008, consulté le 4 septembre 2019., dont l'écrivain Harouna Coulibaly devint président en 1989« Harouna Coulibaly », Africultures, consulté le 30 mars 2020.. Le centre culturel soutint également le tournage de longs métrages étrangers au Niger, notamment La Captive du désert (1990) du réalisateur Raymond Depardon et Sirga, la lionne (1993) du réalisateur Patrick Grandperret. Sous l'égide du CCN-MA naquit une jeune troupe de théâtre, connue sous le nom des Tréteaux du Niger, dirigée à partir de 1993 par Achirou Wagé et qui partit régulièrement en tournée, rencontrant notamment le succès avec des adaptations de pièces de MolièreChaïbou Dan Inna et Ousmane Tandina, « Niger », traduit par Helen Heubi, dans Don Rubin, Ousmane Diakhaté et Hansel Ndumbe Eyoh (dir.), The World Encyclopedia of Contemporary Theatre: Africa, 2 éd., Routledge, Londres/New York, 2001, , p. 213 et 216..

Le centre fut rénové de 2005 à 2006 ainsi qu'en 2013. Un sas de contrôle d'accès fut également installé à cette occasion.

Le CCFN rebaptisé Centre Culturel Moustapha Alassane(CCMA) à l’issue du Conseil des ministres du 19 septembre 2024.

Pour approfondir Bibliographie Michel Boccara, «Le Centre culturel franco-nigérien», dans Marie-Clotilde Jacquey (dir.), Littérature nigérienne (coll. «Notre librairie», n° 107), CLEF, Paris, 1991, p. 148–149. Aline Cirou, «La Bibliothèque du C.C.F.N.», dans Marie-Clotilde Jacquey (dir.), Littérature nigérienne (coll. «Notre librairie», n° 107), CLEF, Paris, 1991, p. 150–151.

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Notes et références

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