La place des femmes dans les syndicats et dans les syndicats ouvriers est attestée depuis leurs débuts au bien que la présence ses femmes soit historiquement bien plus faible que celle des hommes en raison de facteurs socio économiques qui empêchent les femmes de participer pleinement par manque de temps ou par manque de reconnaissance de la part de leurs comparses masculins. Si elles sont représentées tôt dans les sociétés ouvrières, elles n'ont souvent pas le droit d'y exercer des fonctions. Des syndicats non mixtes se créent également, comme le Collar Laundry Union en 1864 à New York et l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés en 1871 pendant la Commune de Paris.
Histoire Le Collar Laundry Union fondé par Kate Mullany en 1864 à Troy, dans l'État de New York est le premier syndicat entièrement féminin des États-Unis, créé en réaction aux mauvaises conditions de travail dans les blanchisseries.
Les femmes commencent à être représentées dans les sociétés ouvrières : par exemple dans la Société de crédit mutuel et de solidarité des ouvriers et ouvrières relieuses, elles sont admises depuis 1857. Elles n'ont cependant pas le droit d'y exercer des fonctions administratives. On compte 2500 relieuses pour 1300 relieurs pour ce métier « féminin ». Dès 1868, les femmes sont acceptées dans la chambre syndicale des tapissiers, mais doivent transmettre leurs réclamations uniquement par écrit et n'ont pas le droit de participer aux réunions. Nathalie Lemel par ailleurs est membre de La Marmite, créée en 1868.
Paule Mink crée une Société fraternelle de l'ouvrière et Eugénie Niboyet fonde en 1870 une Société de protection mutuelle pour les femmes, avant tout axée sur la question des enseignantes.
Le a lieu l'enterrement d'une ouvrière de Puteaux à l'origine d'une grève des blanchisseuses : Amélie Dusmenil. se rendent à l'enterrement de la compagne de Ranvier, dont l'un des fils de sera arrêté pendant la Commune.
L'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés est créée pendant la Commune de Paris en 1871 par Nathalie Lemel et Elizabeth Dmitrieff. L'intitulé patriotique pour la défense de Paris aux côtés des communards cache une visée beaucoup plus radicale pour instaurer un syndicat de travailleuses représentant les intérêts des travailleuses et pouvant leur permettre de lutter pour obtenir une réelle émancipation notamment dans le domaine du travail et de l'autonomie financière. L'union revendique l'égalité du salaire entre hommes et femmes pour le même travail afin d'éliminer la concurrence entre les deux sexes, droit d'organiser son travail de façon autonome et d'en recevoir la rétribution sans intermédiaires.
En 1896, le taux d’activité des femmes est estimé à 35,2 % par rapport à la population globale des femmes, ce qui représentait 6 805 000 femmes.
Le 21 mars 1884, l'abrogation de la loi Le Chapelier par la loi Waldeck-Rousseau légalise les syndicats en France. En 1892 est fondé à Paris le syndicat de l’aiguille, qui regroupe les patronnes et les ouvrières de la couture parisienne. Marie-Louise Rochebillard crée en 1899 le premier syndicat entièrement féminin pour ouvrières (sans leur patronne) de la soie à Lyon, au 13 rue Sainte-Catherine, d'inspiration sociale chrétienne (CFTC). Pour créer ce syndicat, elle effectue des recherches et dénombre 25 syndicats entièrement féminins à Lyon.
En 1874, Emma Paterson fonde la Women's Trade Union League (Royaume-Uni) un syndicat britannique de femmes travailleuses sur le modèle des syndicats de travailleuses qu'elle a pu observer aux États-Unis..
Le syndicat des couturières de Dunedin est le premier syndicat de femmes de Nouvelle-Zélande en 1889 à 1945.
Avant la Première Guerre mondiale
En France En 1911, la main d'œuvre féminine représente 36,7 % de la population active en France mais seulement 9,8 % des effectifs syndicaux. Selon l'historienne Marie-Hélène Zylberberg-Hocquard, avant la Première Guerre mondiale, le mouvement ouvrier est méfiant envers le travail des femmes, perçu comme une menace pour les salaires masculins. Quand le salariat s'est développé, les femmes qui travaillaient deviennent plus indépendantes et échappent à la main mise du chef de famille qui traditionnellement distribuait le travail, et deviennent également concurrentes du fait des salaires plus bas alloués aux femmes par les employeurs.
L'affaire Couriau est emblématique de cette situation : Emma Couriau (1878-1953Notice d'Emma Couriau dans le dictionnaire Maitron) typographe depuis 17 ans, est refusée à la section lyonnaise de la Fédération du Livre en 1913, entraînant même l’expulsion de son mari Louis Couriau (1878-1925Notice de Louis Couriau dans le dictionnaire Maitron) du syndicat , car il n'a pas su empêcher sa femme de travailler et de demander son adhésion. ..
Selon l'historienne Madeleine Guibert, cette faible représentation masque toutefois le fait que la présence des femmes syndiquées a triplé entre 1900 et 1911. Le pourcentage des femmes dans les syndicats ouvriers est passé de 5,2% à 9,8% en 1911. En 1900 par ailleurs, elle établit que 33 departements ne comptent aucune femme dans leurs rangs, mais aussi que leur pourcentage est notablement plus important dans certains départements : l'Ain (37%), l'Indre (67%), Puy de Dôme (37,7%) , Mayenne (42,6%) et Finistère (302%). On compte en 1900 267 syndicats comprenant des femmes, dont 31 sont composés de femmes uniquement. Parmi les syndicats exclusivement féminins, 7 sont actifs dans le secteur du tabac, 8 de l'habillement et 4 du secteur textile. En 1911, il n'y a plus que 6 départements sans aucune femme syndiquée. La proportion de syndicats composés entièrement de femmes a également augmenté : 31 en 1900 regroupant 4751 femmes contre 162 regroupant 25 207 femmes en 1911. Les secteurs les plus touchés par cette tendance sont le livre, l'habillement et le textile, contrastant avec le secteur de la métallurgie et de la chaussure.
En mars 1906, la CGT organise une grève générale dans le secteur du tissage en Isère. Dans un contexte de tensions très vives entre diverses factions syndicales, Cécile Poncet et Solange Merceron-Vicat créent les premiers syndicats féminins chrétiens de l’Isère : le 6 juin 1906 le syndicat libre des ouvrières du tissage de Voiron (Isère) pour les ouvrières de l’aiguille est créé. Cette inititive est suivie de la création de deux autres syndicats : en août 1906 pour les ouvrières du tissage, et en décembre 1906 pour les ouvrières de la ganterie.
Dans l'entre-deux guerres Après la guerre de 1914-1918, la situation des femmes change car elles ont largement contribué à l'effort de guerre en travaillant en remplacement des hommes dans les usines. Avant la guerre, la plupart des femmes qui sont employées à l'extérieur de la famille sont domestiques. Après la guerre, cette forme d'emploi diminue en proportion des emplois d'ouvrières, ouvrant la voie aussi à un plus forte syndicalisation selon Maryse Dumas, ancienne secrétaire confédérale de la CGT et co-autrice du livre Féministe, la CGT ? Les femmes leur travail et l’action syndicale.
Votée, sur le principe, à l’unanimité, par le 16e congrès de la Confédération générale du travail, la création d'une commission féminine confédérale a finalement lieu à la Confédération générale du travail unitaire lors de sa naissance quelques mois plus tard. Elle est intégrée aux statuts de cette dernière et animée à ses débuts par Marie Guillot "https://maitron.fr/guillot-marie-louise-dite-la-grande-marie/.
Après la Seconde Guerre mondiale En France, après la Libération, des commissions féminines commencent à se former dans les syndicats.
La Conférence mondiale des travailleuses organisée par la Fédération syndicale mondiale a lieu pour la première fois en 1956 à Budapest, et influence le syndicalisme européen vers une meilleure intégration des travailleuses au sein du mouvement. Elle débouche par exemple sur la création du Comité des femmes au sein de la Confédération internationale des syndicats libres, et du recrutement de Marcelle Dehareng au poste de secrétaire.
Dans le monde
En Espagne
vignette|Avis de décès de Pepita Laguarda Batet (1919-1936) publié par son syndicat, la CNT, après sa mort sur le front d'Aragon. La proclamation de la Seconde République, en 1931, donne lieu à un élan majeur à l'action des femmes syndicalistes. Dans les organisations professionnelles, elles s'organisent, comme Aurora Picornell qui fonde en 1931 le Sindicato de Sastrería y similares, le premier syndicat des couturières à Majorque (elle sera fusillée plus tard par les franquistes avec les femmes syndicalistes du groupe Roges des Molinar).
Durant la guerre d'Espagne (1936-1939), elles sont nombreuses à s'engager contre les nationalistes, au sein des syndicats ouvriers de la CNT et de l'UGT. L'infirmière Pepita Laguardat Batet, adhérente de la CNT, est la première femme à tomber sur le front. En Andalousie, Carmen Rodríguez Parra est exécutée à Víznar.
Les femmes syndicalistes subissent, à la chute de la République, une répression particulièrement cruelle. Il faut attendre la mort de Franco en 1975, puis la Transition démocratique qui s'ensuit, pour qu'elles retrouvent leur place dans les organisations syndicales.
Aux États-Unis
Le premier syndicat féminin s'est constitué à New York en 1925, parmi les ouvrières de la couturehttps://eu-st01.ext.exlibrisgroup.com/41ILO_INST/storage/alma/6A/EE/14/BE/12/E3/08/1A/AE/50/1D/CA/7C/64/C4/A2/09628%281925-11-3%29382-398.pdf?AccessRightAllowDownload=true&Expires=1788709977&Signature=QosdN8KWp30AFGQAF8DaCvIQd~5LJu~ipGRkE~c1-3bBKlBKjXDGltWdGaIdDbIlbleCq5THItE7Zg0Ic~OTX2GaImr7srKbMYj9jEvsZ81sN71m0T55gHKM31N2QDH8VXwJhLjOihnQIuaqysCHmj408EXtWxfn7A4etbuxgUfS7LkytQkMSg3WJRR1W8BdRuJ9RN9zCTZPRFLxoOfDYAUKzi5HLPMcmPxIZyhVzPSIyQUaxMzXaX99F-SxZ3IzOIQw7u5r-HIpqJM97LVZHTz-YwJVJr8oxHqWqsVJOZqV24XZnEe~Gy5Tk3Xx6RI3bjoRNyIy5X0DR0pVYMxrXw__&Key-Pair-Id=APKAJ72OZCZ36VGVASIA.
En France
À la fin du , la CFTC crée ses premiers syndicats fémininshttps://shs.hal.science/halshs-01370094/document.
En 1922, Marie Guillot est la première femme à faire partie de la direction nationale d’une centrale syndicale confédérée, la CGTU.
En 1992, Nicole Notat est la première femme à diriger une grande organisation syndicale en France en devenant secrétaire générale de la CFDT.
Selon un rapport du Conseil économique et social, les femmes représentaient 12 % des délégués nommés par les directions syndicales en 1995, et 19 % en 2000.
En 2023, lors du congrès de la Confédération générale du travail, Sophie Binet, une syndicaliste féministe, est la première femme élue à la tête de la CGT.
Notes et références
Bibliographie
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Catégorie:Syndicalisme Place des femmes Catégorie:Syndicalisme féminin