La famille du Cheyron est une famille subsistante de la noblesse française, originaire du Périgord, dont la filiation est suivie depuis le . Elle a formé plusieurs rameaux, dont subsistent principalement les branches du Cheyron de Beaumont et du Cheyron du Pavillon. Au , un rameau de la branche de Beaumont a relevé le nom d'Abzac de La Douze en 1929 et porte depuis le nom du Cheyron de Beaumont d'Abzac de La Douze.

Implantée à Périgueux et dans ses environs, la famille a d'abord exercé des fonctions judiciaires avant de s'orienter vers les carrières militaires et navales. Elle compte notamment Jean-François du Cheyron du Pavillon (1730-1782), officier de marine et théoricien de la tactique navale, et François du Cheyron du Pavillon (1774-1831), député de la Dordogne sous la Restauration.

Histoire

Origines et implantation en Périgord

La filiation suivie débute avec Guinot, ou Guynot, du Cheyron, écuyer, seigneur du Cheyron et de La Maletie. Marié à Jeanne de Fages à la fin du , il teste le . Son fils Bernard du Cheyron, seigneur du Cheyron et de La Maletie, poursuit la lignée au cours du .

Au début du , Léonard du Cheyron, seigneur de La Dulgarie, est avocat au Parlement de Bordeaux. Il épouse Sabine du Cluzel en 1624 et reçoit en 1629 des lettres de conseiller du roi au siège présidial de Périgueux. De ses fils sont issues les lignées qui donneront les branches du Pavillon et de Beaumont.

Maintenue de noblesse et charges judiciaires

Le , Théophile du Cheyron, seigneur du Cheyron et de La Loubarie, conseiller du roi au présidial de Périgueux, ainsi que son frère Jean du Cheyron, sont maintenus dans leur noblesse par Claude Pellot, intendant de Guyenne. Les titres produits établissent alors une filiation remontant à Guinot du Cheyron et à son testament de 1538.

Pierre-Joseph du Cheyron, seigneur de La Dulgarie, est pourvu en 1655 d'un office de conseiller du roi à la sénéchaussée et au présidial de Périgueux. Le , il reçoit l'office de conseiller-secrétaire du roi, maison et couronne de France, audiencier en la chancellerie près le Parlement de Bordeaux. Il obtient des lettres d'honneur en juillet 1712 avant de céder sa charge.

La reconnaissance de noblesse est confirmée à plusieurs reprises. Bernard du Cheyron est dispensé de nouvelles preuves le . Élie-Joseph du Cheyron, de la branche de Beaumont, obtient à son tour une décharge le après production de sa filiation. Une ordonnance de 1729 fait inscrire Jean-Théophile du Cheyron sur les rôles de la noblesse de Périgueux, tandis qu'un arrêt de la Cour des aides confirme en 1765 la situation de Théophile du Cheyron, seigneur de Palenque et de La Rivière.

Des certificats de noblesse sont encore délivrés en 1783 et 1786 à des membres de la branche du Pavillon pour leur admission dans les écoles royales militaires.

Développement de la branche du Pavillon

Pierre-Joseph du Cheyron est le père de Jacques-Joseph du Cheyron du Pavillon (1694-1769), seigneur du Pavillon, de La Dulgarie, de La Bonnetie, de Saint-Vincent-sur-l'Isle, du Maine et de La Peyronnie. Celui-ci épouse en 1720 Marguerite de Féletz. Plusieurs de leurs fils s'orientent vers les carrières militaires, navales ou ecclésiastiques.

Jean-François du Cheyron du Pavillon naît à Périgueux le . Après un début de carrière dans l'armée de terre, il entre dans la Marine royale en 1748 et devient capitaine de vaisseau en 1777. Il développe un système destiné à améliorer la transmission des ordres et des signaux entre les bâtiments d'une escadre. Une lettre de Louis XVI, datée du , prévoit notamment de lui confier le commandement du vaisseau Bretagne en cas de nécessité au cours du combat.

Capitaine de pavillon du marquis de Vaudreuil à bord du Triomphant, Jean-François du Cheyron du Pavillon est mortellement blessé lors de la bataille des Saintes, le , et meurt en Guadeloupe deux jours plus tard.

Plusieurs de ses travaux sur la tactique et les signaux navals sont conservés dans les collections du Service historique de la Défense à Brest. Ils comprennent notamment des documents sur les signaux utilisés à bord de la Belle-Poule, des projets de signaux côtiers ainsi qu'un mémoire consacré aux signaux de nuit et de brume.

Branche de Beaumont

La branche de Beaumont est issue de Pascal du Cheyron, fils de Léonard du Cheyron. Elle est notamment représentée au par Élie-Joseph du Cheyron, seigneur de Beaumont, puis par Pierre du Cheyron et par les seigneurs de Ribeyrolles.

Joseph-Pascal du Cheyron de Beaumont (1751-1795) est admis à l'École royale militaire après production de ses preuves de noblesse. Capitaine au corps royal du génie et chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, il émigre pendant la Révolution française, participe à l'expédition de Quiberon, est fait prisonnier puis exécuté le .

La lignée se poursuit au par Joseph du Cheyron de Ribeyrolles, Jules-François du Cheyron de Beaumont (1790-1869) et Jean-Étienne-Amédée du Cheyron de Beaumont (1820-1906).

Empire et Restauration

Pierre-Louis du Cheyron (1772-1812), issu d'un autre rameau de la famille, sert dans l'infanterie puis dans les états-majors. Chef de bataillon au 59 régiment d'infanterie de ligne en 1807, il est créé chevalier de l'Empire. Blessé lors de la bataille des Arapiles, près de Salamanque, le , il meurt à Bayonne le .

François du Cheyron du Pavillon (1774-1831), fils de Raymond du Cheyron du Pavillon, représente la Dordogne à la Chambre des députés sous la Restauration. Il est élu une première fois en 1816, puis siège de nouveau au début des années 1820.

Le , Pie IX confère à Paul-Marie-Anne du Cheyron du Pavillon un titre romain de comte transmissible par primogéniture masculine. Cette distinction relève de la noblesse pontificale et non d'un titre concédé par un souverain français.

Étienne-Paul-Joseph du Cheyron de Beaumont (1859-1908) poursuit pour sa part une carrière dans la cavalerie et atteint le grade de capitaine au 7 régiment de cuirassiers. Son dossier d'officier est conservé au Service historique de la Défense sous la cote GR 5 YE 83259.

Rameau du Cheyron de Beaumont d'Abzac de La Douze

Étienne-Paul-Joseph du Cheyron de Beaumont épouse le à Champcevinel Antoinette-Marie-Joséphine d'Abzac de La Douze (1857-1936), fille d'Ulric d'Abzac de La Douze et de Marguerite de Crémoux.

Leurs fils Pierre Jean Marie du Cheyron de Beaumont (1887-1966) et Louis François Marie Roger du Cheyron de Beaumont (1889-1971) sont adoptés en 1929 par leur oncle maternel Amalric d'Abzac de La Douze (1864-1943), demeuré sans postérité. Ce rameau relève alors le nom d'Abzac de La Douze et porte le nom du Cheyron de Beaumont d'Abzac de La Douze.

Le rattachement aux d'Abzac de La Douze procède ainsi de la filiation maternelle d'Antoinette d'Abzac de La Douze puis de l'adoption de ses fils ; il ne constitue pas une continuation en ligne masculine de la famille d'Abzac.

Au , plusieurs membres de ce rameau disposent de dossiers administratifs au Service historique de la Défense au titre de la Résistance. Armand Marie Joseph Jean, Bernard Marie Louis et René Marie Guy du Cheyron de Beaumont d'Abzac de La Douze figurent notamment parmi les personnes homologuées dans la sous-série GR 16 P.

Branches

La famille a compté plusieurs rameaux au cours de son histoire. Les lignées anciennes comprennent notamment les rameaux du Cheyron, de La Loubarie, de Veynas, de La Combe, de Palenque et de La Rivière, de La Dulgarie, du Pavillon et de Ribeyrolles-Beaumont.

Les principales branches subsistantes sont :

du Cheyron de Beaumont ; du Cheyron de Beaumont d'Abzac de La Douze, rameau issu de l'adoption de 1929 ; du Cheyron du Pavillon.

Filiation simplifiée

La filiation suivante présente uniquement les générations nécessaires pour situer les deux principales branches et le rameau du Cheyron de Beaumont d'Abzac de La Douze.

Léonard du Cheyron, seigneur de La Dulgarie, avocat au Parlement de Bordeaux puis conseiller du roi au présidial de Périgueux en 1629. Il épouse en 1624 Sabine du Cluzel. Pascal du Cheyron, seigneur de Ribeyrolles. Il épouse en 1654 Marguerite de Chassarel. Élie-Joseph du Cheyron (1671-1748), seigneur de Beaumont. Il épouse Élisabeth de Banes. Pierre du Cheyron (1698-1755), seigneur de Beaumont. Joseph-Pascal du Cheyron de Beaumont (1751-1795), capitaine au corps royal du génie et chevalier de Saint-Louis ; sans postérité. Joseph du Cheyron (1752-1844), seigneur de Ribeyrolles. Il épouse en 1789 Marthe Durieu de Marsaguet. Jules-François du Cheyron de Beaumont (1790-1869). Il épouse en 1818 Marie-Élisa de Moulinard. Jean-Étienne-Amédée du Cheyron de Beaumont (1820-1906). Il épouse en 1857 Célesta-Rose-Marie Toreilhe-La Coutaudie. Étienne-Paul-Joseph du Cheyron de Beaumont (1859-1908), officier de cavalerie. Il épouse en 1886 Antoinette-Marie-Joséphine d'Abzac de La Douze (1857-1936). Pierre Jean Marie du Cheyron de Beaumont (1887-1966), adopté en 1929 par son oncle maternel Amalric d'Abzac de La Douze ; rameau du Cheyron de Beaumont d'Abzac de La Douze. Louis François Marie Roger du Cheyron de Beaumont (1889-1971), officier de cavalerie, adopté avec son frère par Amalric d'Abzac de La Douze ; rameau du Cheyron de Beaumont d'Abzac de La Douze. Pierre-Joseph du Cheyron († 1720), seigneur de La Dulgarie, conseiller au présidial de Périgueux puis conseiller-secrétaire du roi à Bordeaux à partir de 1677. Il épouse en secondes noces Jeanne de Véra de La Gaubertie en 1685. Jacques-Joseph du Cheyron du Pavillon (1694-1769), seigneur du Pavillon, de La Dulgarie, de La Bonnetie, de Saint-Vincent-sur-l'Isle, du Maine et de La Peyronnie. Il épouse en 1720 Marguerite de Féletz. Raymond du Cheyron du Pavillon (1727-1791), seigneur du Pavillon et capitaine au régiment de Picardie. Il épouse en 1771 Catherine du Reclus de Gageac. François du Cheyron du Pavillon (1774-1831), député de la Dordogne. Il épouse en 1799 Antoinette-Laurentine-Eustoquie de Souillac. Jean-François du Cheyron du Pavillon (1730-1782), capitaine de vaisseau et théoricien de la tactique navale. Joseph du Cheyron (1734-1790), officier au régiment de Normandie. Joseph du Cheyron (1740-1823), dit l'abbé du Pavillon, docteur en théologie et vicaire général.

Personnalités

Jean-François du Cheyron du Pavillon (1730-1782), officier de la Marine royale, capitaine de vaisseau et théoricien de la tactique et des signaux navals ; commandant du Triomphant lors de la bataille des Saintes. Joseph-Pascal du Cheyron de Beaumont (1751-1795), capitaine au corps royal du génie, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis et participant à l'expédition de Quiberon. Pierre-Louis du Cheyron (1772-1812), chef de bataillon et chevalier de l'Empire, mort des suites de blessures reçues lors de la bataille des Arapiles. François du Cheyron du Pavillon (1774-1831), homme politique français, député de la Dordogne sous la Restauration.

Armes et devise

Les armes communes de la famille se blasonnent :

Le même blasonnement est attesté au dans plusieurs armoriaux et repris dans la généalogie familiale publiée en 1909.

Des représentations anciennes présentent quelques variantes : l'une porte de gueules à trois rocs d'échiquier d'argent, au chef d'azur chargé de trois étoiles d'or ; une autre montre les armes d'azur à trois rocs d'échiquier d'or entourées d'une bordure cousue de gueules. Le type d'azur à trois rocs d'échiquier d'or devient ensuite le modèle régulièrement employé par les différentes branches.

La notice héraldique de 1856 décrit également deux lions couchés comme supports et une aigle au vol éployé comme cimier.

La devise est attestée sous la forme Cœlum non solum, également écrite Coelum, non solum, soit « Le ciel, non la terre ».

vignette|centré|150px|Armes de la famille du Cheyron : d'azur à trois rocs d'échiquier d'or.

Pierre-Louis du Cheyron reçut lors de sa création comme chevalier de l'Empire des armes particulières :

Terres et demeures