Marie-Madeleine est une sculpture polychrome en bronze, marbre teinté et pierres semi-précieuses réalisée en 1897 par le sculpteur français Jean-Léon GérômeNotice Sothebys.
L'œuvre compte parmi les rares sculptures à sujet religieux réalisées par Gérôme, avec Les Rameaux et La Fuite en Égypte. Elle est directement inspirée de la peinture L'Entrée du Christ à Jérusalem, également réalisée en 1897 et conservée au Musée Jean-Léon-Gérôme à Vesoul.
Dans ce tableau, Marie-Madeleine se tient devant les portes de Jérusalem au milieu de la foule venue accueillir le Christ. Elle tient une branche de palmier dans une main et présente l'autre paume ouverte. Gérôme réalise également en bronze Les Rameaux (figure du Christ monté sur l'âne), directement tirée de la même composition.
La sculpture représente Marie Madeleine debout, en pied, sous la forme d'une figure d'environ 50 cm de hauteur. Contrairement à la composition picturale dont elle est issue, la figure sculptée présente une apparence plus schématique et une attitude rigide et cérémonielle. Sa posture hiératique, son regard frontal et la gestuelle ritualisée de ses mains contribuent à lui donner une dimension religieuse. Son costume, richement orné, s'inspire de représentations orientalisantes de la femme du Proche-OrientNotice Lot art..
La polychromie constitue un élément important de l'œuvre. Les détails de la ceinture et de la coiffe sont traités avec précision, tandis que les bijoux, moulés séparément, sont intégrés à la composition. La patine du bronze associe plusieurs tonalités, notamment des bruns rouges pour le vêtement, des nuances vertes dans les plis et des tons dorés pour les manches, les éléments métalliques et les cheveux. Des pierres semi-précieuses sont également intégrées à la coiffe et aux bijoux.
L'un des aspects caractéristiques de la sculpture réside dans l'emploi de marbre teinté pour représenter la chair de Marie Madeleine. Cette technique, qui rappelle les sculptures de Tanagra, permet à Gérôme de différencier la carnation des parties réalisées en bronze et de renforcer les effets polychromes de l'ensemble.
La qualité de la patine fait l'objet de commentaires contemporains. Un visiteur de la fonderie décrit ainsi un bronze destiné au musée de Vienne : « J'ai vu dans l'atelier un bronze destiné au musée de Vienne... de telles patines n'ont jamais été obtenues ; il y a des surfaces dessus, dans lesquelles on peut imaginer le sang circulant sous la peau ; l'oxydation a produit ici des accords dont l'harmonie est étonnante. »
Les exemplaires en bronze sont coulés par la fonderie Siot-Decauville, qui produit également des copies commerciales de l'œuvre.
Notes et références
Catégorie:Statue représentant une femme Catégorie:Sculpture de Jean-Léon Gérôme Catégorie:Sculpture des années 1890 Catégorie:Sculpture religieuse Catégorie:Marie Madeleine