Doug Wheeler, né en 1939 à Globe, en Arizona, est un artiste plasticien américain associé au mouvement Light and Space, apparu en Californie du Sud dans les années 1960. Il est notamment connu pour ses installations immersives utilisant la lumière, l'espace architectural et, dans certaines œuvres, le son afin de modifier la perception du spectateur.

Biographie

Doug Wheeler grandit dans les paysages désertiques de l'Arizona. Son père, médecin et pilote, se déplace régulièrement en avion pour exercer dans des régions isolées, et Wheeler l'accompagne durant une partie de son enfance. Il devient lui-même pilote. L'expérience des grands espaces, de l'horizon et des variations de lumière du désert joue par la suite un rôle important dans le développement de son travail.

Il étudie au Chouinard Art Institute de Los Angeles, établissement devenu par la suite le California Institute of the Arts. Il commence sa carrière comme peintre au début des années 1960. Ses premières œuvres sont essentiellement des peintures abstraites, souvent dominées par le blanc, dans lesquelles il s'intéresse progressivement moins à l'objet peint qu'à la perception de l'espace qui l'entoure.

Une première exposition personnelle lui est consacrée au Pasadena Art Museum en 1968. À la fin des années 1960, Wheeler abandonne progressivement la peinture traditionnelle au profit de structures en acrylique éclairées par des tubes de néon, qu'il désigne notamment comme des light encasements. L'œuvre tend alors à se prolonger dans l'architecture de la salle d'exposition.

En 1969, il présente au Stedelijk Museum Amsterdam une installation environnementale avec Robert Irwin. Wheeler y réalise un espace dans lequel la lumière diffuse rend moins perceptibles les limites physiques de la pièce. L'année suivante, il participe avec Larry Bell et Robert Irwin à une exposition à la Tate Gallery de Londres consacrée à leurs recherches sur l'espace et la perception.

Son travail est présenté en 1976 à la Biennale de Venise, dans l'exposition Ambiente/arte, organisée par le critique et commissaire italien Germano Celant.

Après avoir été davantage montré sur la côte Ouest des États-Unis et en Europe que sur la scène new-yorkaise, Wheeler bénéficie d'une nouvelle visibilité à partir des années 2010. Il participe notamment à l'exposition Phenomenal: California Light, Space, Surface au Museum of Contemporary Art San Diego en 2011-2012, consacrée aux recherches perceptuelles développées en Californie à partir des années 1960.

En 2012, une exposition monographique lui est consacrée au 49 Nord 6 Est – FRAC Lorraine à Metz. La même année, sa première exposition personnelle à New York est présentée par la galerie David Zwirner.

Démarche artistique

Le travail de Wheeler est généralement rattaché au Light and Space, mouvement informel développé en Californie du Sud dans les années 1960 et 1970 autour d'artistes tels que Robert Irwin, James Turrell, Larry Bell ou Maria Nordman. Le mouvement place les phénomènes perceptifs, notamment la lumière, le volume et l'échelle, au centre de l'expérience artistique.

À partir de ses light encasements de la seconde moitié des années 1960, Wheeler cherche à effacer visuellement la distinction entre l'œuvre, le mur et l'espace environnant. Il développe ensuite des environnements à l'échelle de pièces entières, dans lesquels l'architecture, la lumière artificielle et parfois le traitement acoustique produisent des espaces dont les limites deviennent difficiles à déterminer.

Cette recherche conduit notamment à ses infinity environments, espaces uniformément éclairés dans lesquels les angles et les points de repère architecturaux sont volontairement supprimés ou atténués. Le critique Randy Kennedy souligne en 2012 l'importance de Wheeler dans le développement précoce de ces recherches au sein de la scène artistique de Los Angeles.

PSAD Synthetic Desert III

Parmi ses projets les plus importants figure PSAD Synthetic Desert III, conçu au début des années 1970 mais réalisé pour la première fois en 2017 au musée Solomon-R.-Guggenheim de New York. L'installation associe un environnement lumineux à un dispositif acoustique destiné à réduire fortement les sons et les réverbérations.

L'œuvre s'inspire notamment de l'expérience du silence et de la perception des distances dans les déserts de l'Ouest américain. Elle prend la forme d'un espace semi-anéchoïque dans lequel lumière, architecture et traitement acoustique contribuent à perturber les repères spatiaux du visiteur.

Le projet, longtemps conservé principalement sous forme de dessins et de plans, faisait partie de la collection de Giuseppe Panza di Biumo avant d'entrer dans les collections du Guggenheim. Sa réalisation plusieurs décennies après sa conception illustre la complexité technique et architecturale de nombreuses installations de Wheeler.

Réception critique

La contribution de Wheeler à l'histoire du Light and Space fait l'objet d'une réévaluation importante à partir des années 2010. Le Los Angeles Times le décrit comme l'un des premiers artistes du groupe à être passé de la peinture à des environnements occupant l'ensemble de l'espace d'exposition.

En 2014, le critique Jeffrey Kastner le présente dans Artforum comme l'un des pionniers du mouvement californien, à l'occasion de son installation LC 71 NY DZ 13 DW à New York.

Bibliographie

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Light and Space Robert Irwin James Turrell Larry Bell Art de l'installation

Liens externes

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