Henri Marot, également orthographié Henri Marrot, né en 1916 et mort le 23 novembre 1944 à Saint-Gaudens, est un résistant français connu sous le pseudonyme de « Mireille »La notice consacrée à José Cassé dans Le Maitron indique le 23 septembre 1944. Le Musée de la Résistance en ligne et le compte rendu du procès publié dans Liberté-soir le 1er février 1948 donnent cependant le 23 novembre 1944..

Passeur dans les Pyrénées pendant la Seconde Guerre mondiale, il travaille avec Pierre Treillet, dit « Palo », pour le réseau Françoise et accompagne vers l'Espagne des fugitifs pris en charge par Dutch-Paris. Il appartient ensuite au maquis Bidon V, en Haute-Garonne.

Tué par deux anciens officiers des Forces françaises de l'intérieur, il est au centre de l'« affaire Mireille », jugée en 1948.

Biographie

Prisonnier de guerre et passeur

Henri Marrot exerce la profession d'huissier-greffier à Sainte-Croix-Volvestre, dans l'Ariège. Prisonnier de guerre en Allemagne, il est libéré dans le cadre de la Relève. Il travaille ensuite avec Pierre Treillet dans les filières d'évasion pyrénéennes.

Les deux hommes collaborent avec le réseau Françoise de Marie-Louise Dissard, qui assure la prise en charge de fugitifs arrivés à Toulouse par la filière Dutch-Paris. Leur itinéraire passe notamment par Cazères, Mane, Arbas et le col de Portet-d'Aspet, avant de rejoindre Canejan, du côté espagnol de la frontière.

vignette|260px|Vue depuis le col de Portet-d'Aspet, sur l'un des itinéraires utilisés pour gagner l'Espagne.

Le 26 janvier 1944, ils achèvent ainsi une traversée avec quatre militaires américains et deux Néerlandais. La marche, effectuée dans la neige, a duré trois jours et deux nuits.

L'embuscade du Portet-d'Aspet

vignette|260px|La cabane des Évadés, près du col de Portet-d'Aspet.

Le 6 février 1944, Marrot et Treillet accompagnent vers l'Espagne un groupe d'aviateurs alliés et d'Engelandvaarders, dont Chris van Oosterzee. Après une marche dans la neige et une halte dans une cabane près du col de Portet-d'Aspet, le groupe tombe dans une embuscade allemande. Une partie des fugitifs, ainsi que les deux guides, parvient finalement à s'échapper. Les aviateurs capturés par les Allemands sont envoyés dans des camps de prisonniers de guerre. Les Néerlandais qui ne parviennent pas à s'évader sont déportés dans les camps de concentration nazis ; aucun d'eux ne survit à la déportation.

Maquis et mort

À l'été 1944, Marrot rejoint avec Treillet le maquis Bidon V, dans le secteur d'Arbas et de La Baderque. Le récit d'Aimé Castex les présente comme deux passeurs du réseau Françoise dont les activités clandestines ont été découvertes.

Le 23 novembre 1944, après la libération de la région, Cyprien Izar, également nommé Izard dans la presse, emmène Marrot à Saint-Gaudens en lui demandant d'intervenir dans une affaire de crédit. Marrot y est abattu par Izar et Michel Zakheim, deux anciens officiers des Forces françaises de l'intérieur, devant la villa de leur chef, surnommé le « colonel Victor ». Izar lui tire dans la nuque alors qu'il monte les marches du perron.

L'« affaire Mireille »

Le procès des deux hommes se tient à Toulouse en 1948. Les débats révèlent des tensions entre le groupe de résistance auquel appartenait Marrot et le chef des deux accusés, surnommé le « colonel Victor ».

Les accusés affirment avoir voulu protéger l'épouse de leur chef, qu'ils croyaient menacée par Marrot. Plusieurs anciens compagnons de la victime contestent cette version. Marie-Louise Dissard explique qu'elle l'avait chargé de rechercher les filières utilisées par des miliciens et des Allemands et qu'il devait lui remettre ses premiers renseignements le lendemain de sa mort. Pierre Treillet estime qu'il a été tué parce qu'il détenait des informations compromettantes.

La cour d'assises de la Haute-Garonne reconnaît les deux tireurs coupables : Izar est condamné aux travaux forcés à perpétuité et Zakheim à quinze ans de travaux forcés. Elle écarte toutefois la préméditation et leur accorde des circonstances atténuantes. Les débats font apparaître plusieurs explications du meurtre sans en éclaircir le mobile précis ; l'avocat général ne tranche pas cette question dans son réquisitoire.

Mémoire

vignette|redresse=0.6|Stèle commémorative au col de Portet-d'Aspet.

Henri Marrot figure dans le tableau peint par Rudy Zeeman, l'un des Néerlandais accompagnés en janvier 1944. Il y est représenté ouvrant la marche, tandis que Treillet surveille le groupe sur le côté. Offerte en 2011 au musée du Chemin de la Liberté, à Saint-Girons, cette œuvre témoigne du souvenir conservé par l'un des hommes qu'ils ont aidés à franchir la frontière.

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi Pierre Treillet Dutch-Paris Marie-Louise Dissard Jean-Louis Bazerque Engelandvaarder

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