Le château de Gassies, également désigné sous le nom de Château Gassies, est une demeure située à Latresne, dans le département de la Gironde, en Nouvelle-Aquitaine.
Implanté sur le rebord du plateau calcaire de l’Entre-deux-Mers, dominant la vallée de la Garonne et l’agglomération bordelaise, le domaine est attesté depuis le Moyen Âge sous les noms de maison noble de Gassies ou Tour de Gassies. La demeure actuelle, construite dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, succède à une maison noble plus ancienne qui subsiste encore au début du XIXe siècle.
Localisation Le château est situé au nord du bourg de Latresne, sur le rebord du coteau calcaire dominant la vallée de la Garonne. Les bâtiments prennent place au sein d’un parc arboré, entre le coteau à l’ouest et la route départementale n°10 à l’est.
Histoire
La maison noble de Gassies La propriété connue à l’origine sous le nom de maison noble de Gassies apparait dans les archives dès 1420 entre les mains de Jean de Gassies, marchand drapier bordelais. La tour [de Gassies] appartient en 1479 à Arnaud de Gassies qui a été anobli puisqu'il est désigné comme "noble" lorsqu'il établit le dénombrement de ses domaines répartis dans les paroisses de Latresne, Lignan, Cadaujac, Cénac et Camblanes.
En 1572, Gaston de Gères, seigneur de Camarsac, épouse la dernière descendante de la famille de Gassies et entre ainsi en possession du domaine.
Au XVIIe siècle, Jean de Gères, seigneur de Gassies, est tenu de rendre hommage au roi. Un dénombrement établi en 1645 fournit une description du domaine, qui comprend alors notamment une maison, des bâtiments agricoles, une écurie, une basse-cour, une fuie ou pigeonnier, un jardin, des bois, des vignes et des terres labourables. alt=Château Gassies - vue d'ensemble depuis l'ouest.|gauche|vignette|Château Gassies - vue d'ensemble depuis l'ouest. Le domaine au XVIIIe siècle Après la mort de Jean de Gères en 1700 puis celle de son fils, la succession n’est réglée qu’en 1712 entre deux héritières, Catherine Cabiro-Delassalle et Marie-Catherine de Lachèze. L’inventaire dressé à cette occasion décrit un ensemble comprenant un grand corps de logis couvert de tuiles, une galerie, un second corps de logis avec pavillons, une chapelle, une grange servant d’écurie, une autre servant de chai, une fuie, une cour et un jardin. Une partie des bâtiments est alors décrite comme « en très mauvais état et inhabitables ».
À partir de 1718, Catherine Cabiro devient seule propriétaire de Gassies et s’emploie durant plusieurs décennies à reconstituer le domaine. À sa mort, en 1758, elle transmet ses biens à son neveu et filleul Joseph de Borie.
Selon l’historienne de l’art Danièle Thomas, c’est vraisemblablement à Joseph de Borie qu’il convient d’attribuer la construction de la demeure actuelle, probablement dans les années 1770. L’Inventaire général du patrimoine culturel retient plus largement une datation dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et indique que son maître d’œuvre demeure inconnu..
La demeure actuelle n’est pas construite à l’emplacement exact de l’ancienne maison noble : le cadastre du début du XIXe siècle représente encore les deux ensembles côte à côte..
XIXe-XXIe siècles La propriété demeure dans la famille de Borie jusqu’au milieu du XIXe siècle. En 1844, le domaine est vendu au négociant Jean Vergne-Neveu, qui le cède en 1853 à Jean Girard, propriétaire à Bordeaux.
Le domaine connaît au cours du XIXe siècle d’importantes transformations. Les bâtiments agricoles plus anciens sont progressivement démolis ou réorganisés, tandis que de nouvelles dépendances sont édifiées dans la seconde moitié du siècle.
Activité viticole La viticulture constitue pendant plusieurs siècles une activité importante du domaine. Des vignes sont entre autres mentionnées dans le dénombrement de 1645.
Au XIXe siècle, la propriété est également désignée pendant une période sous le nom de Domaine de Borie ou simplement A Borie. C’est ainsi qu’elle figure dans les éditions anciennes de l’ouvrage Bordeaux et ses vins, de 1868 jusqu’en 1898, qui la citent parmi les principales propriétés de la commune de Latresne et lui attribuent une production annuelle de 50 tonneaux de vin de côtes. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, l’édition de 1922 désigne la propriété sous le nom de Château Gassies et indique une production de 40 tonneaux. Celle de 1982 fait encore état d’une production de 25 tonneaux.
Au début du XXIe siècle, le Plan Local d’Urbanisme de la commune précise que le Château Gassies dispose encore d’une superficie viticole de 7,8 hectares de vignes, entièrement situés en appellation Premières Côtes de Bordeaux.. Mais les dernières vignes du domaine ayant été arrachées en 2009, le déclassement des parcelles viticoles, considérées dorénavant comme de simples « sols agricoles, naturels et forestiers », est acté en 2025..
Architecture La demeure du XVIIIe siècle alt=Extrait du plan cadastral actuel (commune de Latresne, section AD - secteur Gassies).|vignette|Extrait du plan cadastral actuel (commune de Latresne, section AD - secteur Gassies).|gauche Le bâtiment présente un plan en H allongé d’environ 47 mètres de longueur. Il est composé d’un corps central en rez-de-chaussée, encadré de deux ailes en retour d’équerre comportant deux niveaux. Les angles de ces ailes sont soulignés par des pilastres. La façade principale, tournée vers l’ouest et la vallée de la Garonne, est ordonnancée autour d’un avant-corps central incurvé formant une rotonde. Les ailes présentent chacune trois travées de baies, tandis que le corps central en compte neuf. Des balustrades couronnent les élévations du corps central. vignette|Façade occidentale du Château de Gassies (appelé ici Château Borie) sur une carte postale ancienne.|alt=Façade occidentale du Château de Gassies (appelé ici Château Borie) sur une carte postale ancienne.La façade orientale reprend une organisation comparable mais présente un caractère plus sobre et un nombre plus réduit d’ouvertures. Cette disposition s’explique notamment par la présence ancienne de bâtiments d’exploitation dans le prolongement des ailes.
L’ancienne maison noble alt=Détails des bâtiments du Château de Gassies sur le plan cadastral ancien de Latresne (Gironde), section B, 1815.|gauche|vignette|Détails des bâtiments du Château de Gassies sur le plan cadastral ancien de Latresne (Gironde), section B, 1815. L’ancienne maison noble de Gassies apparait encore sur le cadastre de 1815 au sud-ouest de la demeure actuelle mais elle était probablement déjà à l'abandon.. Les bâtiments adoptaient un plan en U composé de deux corps de logis parallèles reliés à l’ouest par une galerie, dans laquelle se trouvait également une chapelle.
Les dépendances alt=Château de Gassies - vue d'ensemble depuis l'est avec les dépendances au premier plan.|vignette|Château de Gassies - vue d'ensemble depuis l'est avec les dépendances au premier plan. Le cadastre de 1815 représente plusieurs bâtiments d’exploitation accolés à la demeure ainsi qu’à ses abords immédiats. Ces dépendances sont remplacées au cours du XIXe siècle par les deux grands bâtiments d’exploitation actuels. De dimensions identiques, ils forment deux longs rectangles parallèles. Celui au sud, reconstruit en premier, abritait le chai ainsi que le cuvier, et celui au nord, achevé en 1899, renfermait les écuries et les logements pour le personnel.
Parc Le parc occupe le rebord du coteau dominant la vallée de la Garonne et l’agglomération bordelaise. Dans son étude du captalat de Latresne rédigée à la fin du XIXe siècle, l’historien et archéologue Léo Drouyn, qui consacre plusieurs pages à la maison noble de Gassies, décrit le panorama depuis la propriété comme « l’un des plus splendides panoramas du département de la Gironde ». alt=Extrait du plan cadastral ancien de Latresne (Gironde), section B, 1815. Secteur du château de Gassies.|vignette|Extrait du plan cadastral ancien de Latresne (Gironde), section B, 1815. Secteur du château de Gassies.|gauchealt=Château Gassies - portail oriental actuel|vignette|Château de Gassies - portail oriental actuel. Le portail actuel ouvre à l'est du parc sur une longue allée rectiligne ombragée de tilleuls. Les deux imposants piliers octogonaux à bossage encadrant cette entrée proviennent de l'ancien portail qui prenait place à l'ouest de la propriété au pied du coteau et qui fut détruit par une carrière qui exploita la front rocheux à partir de 1953.
alt=Cèdre du Château de Gassies (2021).|vignette|Cèdre du Château de Gassies (2021). Le parc conserve notamment un cèdre du Liban dont l’imposante silhouette apparaissait déjà sur une carte postale du début du XXe siècle conservée aux Archives départementales de la Gironde et présentant le cèdre comme « bi-centenaire ». L’association A.R.B.R.E.S. lui a attribué en 2019 le label « Arbre remarquable de France ». Son âge est estimé à environ 250 ans et la circonférence de son tronc était mesurée à 7,5 mètres pour une hauteur de 20 mètres en 2018.. Ce cèdre est également mentionné dans l’ouvrage de Thibaud Marchand, Arbres remarquables de Nouvelle-Aquitaine, publié en 2024Marchand, 2024, p. 102-103..
Notes et références
Bibliographie
Voir aussi
Latresne
Liens externes