Henri Cousin, également nommé Henry, HenrietCette forme se rencontre notamment dans des comptes ou quittances. ou maître Henry Cousin, est un des plus célèbres bourreaux et exécuteurs de hautes œuvres de Paris au troisième quart du XVe siècle. Le poète François Villon contribue à sa notoriété en le mentionnant dans son recueil de poèmes Testament. (Voir plus bas)

Biographie Henri Cousin, dont les dates de naissance et de mort sont inconnues, est un maître bourreau de Paris qui remplit ses fonctions pendant de longues années avec . Il aurait exercé comme exécuteur officiel à Paris entre 1457 et 1486Émile Roy dit qu’il resta en charge 18 ans de 1460 à 1478.. Les bourreaux de cette époque habitent dans le bâtiment du pilori aux Halles, mais Henri Cousin, en 1477, demeure rue du Vert-Bois, donc au nord de Saint-Martin-des-Champs. Même s’il est le bourreau de Paris, il peut intervenir dans d’autres juridictions, notamment dans le cas de Gillet-Soulart, dans la ville de Corbeil, en 1466. Les tâches accomplies

Les tâches que remplit Henri Cousin sont nombreuses, en voici quelques-unes : conduire le condamné au lieu du supplice lors d’une parade d'infamie et accomplir le supplice ordonné par la justice, comme dans le cas de Perrette Mauger ; procéder à des mutilations ; infliger la fustigation avec des vergesLes verges sont des baguette ou tige mince et flexible de bois souples comme le bouleau ou le noisetier. soit au pilori, soit aux carrefours de la ville, soit derrière une charrette toujours lors d’une parade d'infamie ; procéder à des pendaisons comme celle de la pendaison des quatre assassins de son fil Jehan Cousin ; procéder à des décapitations, etc. Paiement Certaines sources donnent des informations sur la rétribution versée à Henri Cousin. Le cas d’un garçon battu La justice ecclésiastique du prieuré de Saint-Martin-des-Champs, en 1457, paie 12 sous parisis à Henri Cousin : . Le cas Gillet-Soulart Gillet-Soulart et sa truie ont tous deux été brûlés à Corbeil. Le tableau ci-dessus donne un compte-rendu des frais encourus pour ces exécutions.

Relations avec Louis XI Le roi Louis XI (r. 1461-1483) entretient des relations avec Henri Cousin. Dans son ouvrage Annales de l’Empire français, la Société des gens de lettres décrit Louis XI comme . Exécutions et autres interventions de Henri Cousin Liste non exhaustive. Année inconnue : une voleuse, condamnée à être fustigée de verges devant l’église Saint-Benoît où se trouve un poteau : c’est Henri Cousin qui la frappe. 1460 : Perrette Mauger, condamnée à être enterrée vive devant le gibet de Montfaucon pour vol et recel. 1466 : Gillet-Soulard et sa truie, condamnés par les juges laïques de la prévôté de Paris, à être brûlés vifs à Corbeil, dans une affaire associée à la sorcellerie ou au diabolique. Gillet-Soulard avait appris à sa truie l’art de se redresser et de tenir une quenouille. On voyait là une œuvre du diable. 1476 : Laurent Garnier de Provins : condamné à être pendu pour avoir tué un collecteur des tailles de Provins. Un an et demi après cette exécution, le corps est dépendu par Me Henri Cousin. 1477 : Oudin du Bust, L’Empereur du Houx, Jehan du Foing et Regnault Goris condamnés à être pendus au gibet de Montfaucon le 28 août 1477 pour l’assassinat du fils de maître Henri Cousin, Jehan Cousin. Mention de Henri Cousin dans le recueil Testament de François Villon Noël JolysAussi appelé Noé Le Jolys, est probablement un ancien compagnon de Villon. Il avait chargé Villon dans son premier procès pour se disculper lui-même, et ne fut condamné qu’au tiers de la peine infligée à Villon. Celui-ci lui en gardait encore rancune lorsqu’il écrivit le grand Testament. (Huitain CXLII.) se réjouit de la honte subie par le poète François Villon, corrigé de verges. Dans le recueil de poèmes Testament, Villon lui destine une punition de deux cents coups qu’il charge le bourreau de Paris, maître Henri Cousin, de lui administrer :

Testament, Poème CXLII Français XVe siècle Item, à Noël le Jolys, Autre chose je ne luy donne, Fors plein poing d’osiers frez cueilliz En mon jardin ; je l’abandonne. Chastoy est une belle aulmosne ; Ame n’en doit estre marry. Unze vingtz coups lui en ordonne, Par les mains de maistre Henry.Traduction libre Item, et à Noël Jolis, Je ne lui donne rien d’autre Qu’une pleine poignée d’osiers fraîchement cueillis Dans mon jardin ; je les lui abandonne. Le châtiment est une belle aumône, Personne ne doit s’en chagriner : Je lui ordonne deux cent vingt coups, Livrés par la main de Me Henry. Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie

Catégorie:Date de naissance non renseignée (XVe siècle) Catégorie:Date de naissance non renseignée (XVIe siècle) Catégorie:Personnalité française du Moyen Âge Catégorie:Métier du droit Catégorie:Bourreau Catégorie:Bourreau français Catégorie:Hautes œuvres