Le Palais Républicain (, litt. ) est un palais de Bagdad, en Irak, construit sur ordre du roi Fayçal II et achevé au début des années 1960. Il s'agit du troisième palais royal construit à l'époque du royaume hachémite d'Irak après le palais d'Al-Rehab et le palais d'Al-Zuhour. Le palais était le siège administratif de la présidence irakienne depuis la présidence d'Abdel Salam Aref en 1963 jusqu'à celle de Saddam Hussein en 2003.
Le palais fut épargné par les bombardements lors de l'invasion de l'Irak en 2003 et servit ensuite de quartier général à la coalition militaire pendant l'occupation américaine ainsi que de mission diplomatique américaine en Irak jusqu'au 1er janvier 2009, date à laquelle il fut restitué à la présidence irakienne. La zone autour du palais est connue sous le nom de zone Verte.
Histoire
Histoire depuis la construction Le palais est officiellement commandé par le roi Fayçal II d'Irak dans les années 1950 pour remplacer le palais Al-Rehab comme nouvelle résidence royale principale suite à l'annonce de son prochain mariage avec la princesse égyptienne Sabiha Fazila Khanim Sultan. L'architecte était John Brian Cooper, originaire de Birmingham, en Angleterre, réputé pour ses créations modernistes. Les dessins préliminaires de l'architecte, dessinés par Lawrence Wright, montre que le palais royal de l'époque ne devait initialement comporter que la partie centrale, coiffée d'un dôme, ainsi que deux ailes, le tout format un grand bâtiment rectangulaire. Le reste de la structure, à savoir les deux grandes ailes semi-circulaires situées de part et d'autre de cette structure rectangulaire, a été ajouté sous Saddam Hussein avec plusieurs autres détails, notamment de grands portraits en bronze à son effigie sur le toit. La fontaine située devant le palais faisait en revanche partie du plan d'origine. Le jeune roi ne vécut jamais au palais, car il fut assassiné avant son mariage lors du coup d'État de 1958. Le palais fut alors rebaptisé Palais républicain. Par la suite plusieurs présidents d'Irak occupèrent le palais, qui devint l'un des principaux lieux de réception sous le régime baasiste.
Au début des années 1990, le président Saddam parraina un concours d'œuvres d'art originales pour ses palais. Nahla, artiste, architecte et membre de l'orchestre symphonique national irakien, soumis un projet de fresque. Elle remporta le premier prix du concours et son œuvre fut réalisée et installée dans l'aile nord du Palais républicain, en pierre, par d'autres artisans. Elle ne fut cependant pas autorisée à participer à la réalisation de la fresque et, de fait, ne l'a à ce jour jamais vue personnellement, ayant découvert la fresque terminée grâce à une photographie sur un site web. Nahla vit actuellement en exil à Paris.
Le titre de l'œuvre de Nahla, inscrit en arabe sur toute la surface de la fresque, est « Bagdad, ma bien-aimée ».
Histoire récente
Lors de la chute de Saddam et avant l'arrivée des forces de la coalition, le palais était complètement vide et avait déjà été en partie pillé, certaines des lourdes portes en laiton doré ayant déjà été emportées. Le 4/64 Armor (3e division d'infanterie) et le 1/6 Infantry (1re division blindée) sécurisèrent la zone dans laquelle se trouvait ce palais, mais le bâtiment n'était pas leur principal objectif. L'ensemble de la zone abritait le domicile et les bureaux de tous les principaux responsables du parti Baas, ainsi que la plupart des documents et objets recherchés par les forces de la coalition. Lorsque les forces de la coalition ont pénétré dans cette zone le 9 avril 2003, la plupart des occupants ont tout simplement fui aussi vite qu'ils le pouvaient, n'emportant que ce qu'ils pouvaient transporter.
Utilisation du palais après l'invasion américaine
Dès avril 2003, le palais est occupé par plusieurs services qui utilisent des espaces de bureaux, comme Andrew Goledzinowski (ORHA), du Conseil australien des affaires étrangères, chargé de mettre en place le nouveau ministère irakien de la Justice. Au début peu contrôlé, le palais est presque inutilisé puis, à partir de mai 2003, de multiples services s'y installent, et il va vite devenir suroccupé. La compagnie Charlie 3/124 d'infanterie de la Garde nationale de l'armée de Floride établit son siège dans les orangeries derrière le palais et assure avec succès la sécurité du palais et d'une grande partie du secteur d'avril 2003 à février 2004.
L'afflux de structures administratives au palais devient massif, à commencer par l'ORHA, puis le personnel du département de la Défense américain, le département d'État américain et leurs contractants respectifs, y compris l'entreprise chargée du soutien logistique et des services de survie civils. Mais une grande anarchie s'installe dans la répartition de l'espace du palais, des zones de travail côtoyant des espaces où vivent et dorment plusieurs fonctionnaires, d'autres espaces inhabités changeant également fréquemment d'occupant. La société Halliburton est finalement engagée pour transformer le palais en espace de bureaux.
Restructuration de l'espace Pendant la période où l'ORHA est réorganisée en Autorité provisoire de coalition (APC), de nouveaux quartiers d'habitation sont aménagés dans l'enceinte du palais. Plusieurs personnes le quittent et s'installent dans de petits logements pour deux personnes à l'arrière du palais, en direction du fleuve. Lors du changement de pouvoir survenu en juin 2004, l'APC est dissoute et le département d'État américain prend le contrôle administratif de ce qui est désormais considéré comme un actif américain. Le palais devint alors l'ambassade temporaire des États-Unis à Bagdad, le temps que la nouvelle ambassade soit construite un peu plus loin dans la zone Verte. Après l'inauguration de la nouvelle ambassade en 2008, le palais est réattribué au gouvernement irakien.
Bureaux du PCO En plus d'abriter des bureaux pour le personnel de l'ambassade américaine, le palais servait également de siège au Bureau de gestion des programmes (PMO) de l'armée, devenu plus tard le Bureau des projets et des contrats (PCO), pendant la construction du site extérieur du PCO. Cela dura un certain temps car la construction de leur propre complexe présentait difficultés techniques. La nuit précédant les premières élections de janvier 2005, une roquette est tirée dans les quartiers du PCO, tuant deux membres du PCO. Le PCO déménage dans son propre complexe, en-dehors de la zone Verte, en octobre 2005.
Jusqu'à mi-2005, de nombreuses organisations utilisaient le palais comme espaces de bureaux, mais la suroccupation du bâtiment rendait la circulation de l'information complexe voire inefficace, à cause du trop grand nombre de services s'y trouvant. Cependant, en raison des matériaux le composant et son relatif isolement le rendant facile à sécuriser, il offrait une bonne protection contre les tirs de mortier, ce qui explique qu'il ait été si prisé par divers services.
Zones de réfection De la mi-2003 jusqu'en juillet 2005, un restaurant central avait été installé dans l'une des salles de bal. Cela causa de nombreux problèmes, car cette zone du palais n'avait pas été conçue pour supporter un tel afflux de personnes. Avant l'invasion, la salle à manger privée de Saddam Hussein et des kitchenettes pour les domestiques se trouvaient dans une autre zone du palais. Ainsi, l'aile centre-sud du premier étage était devenue extrêmement fréquentée, car il s'agissait du seul réfectoire (DFAC) que les forces de la coalition avaient mis en place, dans une ancienne salle de réunion du Congrès républicain. Toute la nourriture et l'eau qui y étaient servis étaient exportés, et aucun Irakien n'y travaillait, Halliburton ayant principalement embauché des travailleurs indiens et pakistanais originaires du Koweït. L'utilisation intensive du porc suscita la controverse car il est haram en islam .
Rénovation En 2011, le palais républicain est rénové pour le sommet de la Ligue arabe de 2011. Les travaux de rénovation furent réalisés par une entreprise turque.
Piscine
Derrière le Palais républicain se trouve une piscine, prévue par le plan d'origine et déjà construite à l'époque du renversement de Fayçal II, et qui semble avoir servi de refuge privé de luxe à l'époque de Saddam Hussein. L'espace autour de la piscine, dotée d'un plongeoir à plusieurs niveaux, comprend différentes zones pour plonger et se détendre. Jouxtant la piscine se trouve un pavillon, conçu pour offrir un espace ombragé propice à la détente et aux loisirs. Assez inhabituel dans une résidence de ce type, l'espace piscine reste un élément distinctif de ce palais.
Références
Catégorie:Saddam Hussein