Au nombre d'environ sept-cents dès l'époque archaïque, le nombre de hiéroglyphes n'a fait qu'augmenter tout au long de l'histoire pharaonique pour atteindre un total de pas moins de cinq-mille signes à la Basse Époque. La multiplicité de ces signes a donc nécessité la création de techniques de classification des hiéroglyphes permettant de les identifier de façon univoque.

Classification antique

Des découvertes très parcellaires semblent indiquer que, dans leurs écoles de scribes, les Égyptiens eux-mêmes utilisaient un système de classification, mais les égyptologues trouvent les indices trop ténus pour en comprendre le fonctionnement exact.

Les systèmes de classification modernes, eux, sont surtout une réponse aux problèmes liés à la publication sous presse des ouvrages égyptologiques.

Première classification moderne

On doit une première classification moderne des hiéroglyphes à Jean-François Champollion. Dans son ouvrage Principes généraux de l'écriture sacrée égyptienne, il associe une lettre de l'alphabet à chacune des seize catégories de signes qu'il distingue.

Classification dite de Gardiner

Il faudra attendre 1927, pour que Sir Alan Henderson Gardiner, dans sa Egyptian Grammar, propose un nouveau système de classification en vingt-six catégories (une pour chaque lettre de l'alphabet sauf le J, plus une catégorie supplémentaire pour les signes dont la définition est incertaine).

Catégories plus quelques hiéroglyphes courants

vignette|redresse=2|L'Homme et ses occupations

A. L'homme et ses occupations A1 Homme assis A13 Homme prisonnier A17 Enfant assis, doigt à la bouche et A18 (Pharaon enfant) B. La femme et ses occupations B1 Femme assise C. Divinités anthropomorphes D. Parties du corps humain D21 Bouche D36 Bras D46 Main D58 Jambe E. Mammifères E34 Lièvre F. Parties de mammifères G. Oiseaux G1 Vautour G17 Chouette G39 Canard H. Parties d'oiseaux I. Amphibiens, reptiles etc. I9 Vipère I12 Cobra K. Poissons et parties de poissons L. Invertébrés et animaux peu évolués (lesser animals) M. Arbres et végétaux M17 Roseau N. Ciel, terre et eau N1 Ciel N5 Soleil N35 Eau et N36 au pluriel O. Bâtiments, parties de bâtiments etc. O1 Maison P. Bateaux et parties de bateaux Q. Mobilier domestique et funéraire R. Mobilier du culte et emblèmes sacrés S. Couronnes, vêtements et bâtons T. Armes, chasse et boucherie U. Agriculture, arts et métiers (crafts and professions) V. Cordes, fibres, corbeilles, sacs etc. V31 Corbeille W. Vases en pierre et poterie X. Pains et gâteaux X1 Pain Y. Écriture, jeux et musique Z. Traits, signes dérivés du hiératique, figures géométriques Aa. Signes non classés

Dans chaque catégorie, les hiéroglyphes sont numérotés successivement à partir de 1 (A1, A2, A3, etc.).

Exemple : vignette|gauche|Le nom de Sa-Rê Le canard est le de la catégorie « Oiseaux » (G) et sera donc noté G39. Le soleil est le de la catégorie « Ciel, terre et eau » (N) et sera donc noté N5.

La grammaire de Gardiner recense quelque sept-cent-quarante hiéroglyphes, les plus usuels, sur les quelque cinq-mille signes qu'on a dénombrés pour l'ensemble de l'histoire égyptienne.

La lettre J n'a pas été retenue dans cette classification à cause de sa trop grande ressemblance avec le I dans l'imprimerie de l'époque.

Classification moderne

Dans les années 1980, la liste de Gardiner fut complétée par l’adjonction d’une Extended Library. Cette nouvelle liste conserve le principe de classement (A, B, C etc.) et de numérotation (A1, A2, A3 etc.) antérieurs, mais elle encode les variantes que Gardiner avait omises dans sa liste en ajoutant une lettre supplémentaire aux différents numéros d’ordre. Ainsi, A1 (Homme assis) est le code Gardiner du signe, et A1a, A1b, A1c … en sont des variantes.

Afin de permettre la saisie des textes hiéroglyphiques sur ordinateur, des spécialistes, - égyptologues et informaticiens -, se mirent d’accord sur un système d’encodage qui aboutit en 1988 à l'adoption du Manuel de codage des textes hiéroglyphiques en vue de leur saisie informatique. Ce système est devenu le standard de classification des hiéroglyphes en égyptologie moderne. Il combine la classification de Gardiner enrichie des hiéroglyphes de la Extended Library avec le codage de certains hiéroglyphes par leur phonème. Le Manuel de codage (MdC) propose aussi une syntaxe de mise en page qui permet de positionner les hiéroglyphes les uns par rapport aux autres.

Par exemple, A1-A2 représente deux hiéroglyphes encodés l'un à côté de l'autre, alors que p:t représente le code phonétique de deux hiéroglyphes superposés. On peut combiner les deux procédés, ce qui donne par exemple A1-p:t-A2.

Le LPDH, Langage pour le Positionnement et la Description des Hiéroglyphes, du logiciel Glyphotext 1.1 est basé sur le manuel de codage, mais ajoute de nouvelles fonctionnalités et « rend aussi la syntaxe plus rigoureuse que celle du MDC, afin de simplifier et standardiser les textes. »

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Manuel de codage des textes hiéroglyphiques en vue de leur saisie informatique

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