L’attentat du à Kohat survient lorsque des kamikazes et des hommes armés attaquent le complexe des Old Police Lines à Kohat, au Pakistan, tuant au moins 31 personnes, dont 16 policiers, et en blessant 103 autres.
Revendiqué par un groupe proche des talibans pakistanais, il s'inscrit dans le contexte de l'insurrection islamiste au Pakistan.
Contexte
Depuis 2004, le Pakistan fait face à une insurrection islamiste provenant des régions tribales, emmenée par des groupes armés inspirés de leur voisins talibans. En 2007, ces groupes se coalisent au sein du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), avec pour but principal l'application de la charia. Alors qu'ils parviennent à s'emparer de plusieurs districts dans le nord-ouest (Khyber Pakhtunkhwa), les combats les plus intenses se déroulent entre 2009 et 2014 et l'armée parvient à déloger les insurgés, qui se réfugient alors en Afghanistan. Le conflit baisse alors nettement en intensité.
Toutefois, à la faveur du retour des talibans au pouvoir à Kaboul en , l’insurrection talibane reprend de vigueur au Pakistan. Si elle n'est pas capable de reprendre le contrôle de territoires comme par le passé, elle multiplie les attaques transfrontalières contre les postes de l'armée et les attentats kamikazes contre des policiers. À partir d' et surtout février 2026, la situation dégénère en conflit ouvert entre l'Afghanistan et le Pakistan, ce dernier bombardant son voisin qu'il accuse de soutenir les attaques sur son sol. En 2024, un rapport de l'ONU soutient la version pakistanaise, pointant une aide des talibans afghans au TTP, qui fourniraient des armes, des facilités de déplacements et des maisons pour ses chefs à Kaboul7 Pakistani soldiers, 23 militants killed in separate shootouts during raids along the Afghan border sur apnews.com, le 27 mai 2024UN: Afghan Taliban increase support for anti-Pakistan TTP terrorists sur Voice of America, le 11 juillet 2024.
Attentat Le , des policiers et des civils assistent à la prière du vendredi dans une mosquée située dans l'ancien complexe des Old Police Lines, dont le département de lutte antiterroriste a participé à des opérations antiterroristes contre des insurgés talibans dans la province. Vers , un kamikaze percute une voiture chargée d'explosifs à travers la porte du complexe de police et dans l'entrée de la mosquée avant qu'elle n'explose. Après l'explosion, un autre kamikaze se fait exploser près du bâtiment de la Special Branch, tuant 5 policiers et 11 civils. Au moins 7 assaillants lancent alors une attaque sur l'installation et échangent des tirs, mais sont repoussés par la police de Kohat et l'armée pakistanaise après 20 heures de combats. Huit des assaillants sont tués, dont un kamikaze et un tireur embusqué.
L'attaque tue au moins 31 personnes, dont 16 policiers et un enfant de quatre ans, et en blesse 103 autres, dont 73 policiers et 4 dans un état critique. L'enceinte du commissariat est gravement endommagée. L'explosion crée un cratère à l'extérieur de la mosquée, provoque l'effondrement des bureaux et endommage des structures voisines.
Le président pakistanais Asif Ali Zardari accuse initialement les talibans pakistanais, mais ceux-ci démentent. , un groupe dissident des talibans pakistanais, revendique l'attaque.
Réactions vignette|Des gens à l'extérieur de la mosquée réagissant à l'explosion de la voiture piégée. Le président Asif Ali Zardari exprime « ses meilleurs vœux pour le prompt rétablissement des blessés dans l'explosion » dans un communiqué, et appelle à « l'élimination complète » des terroristes soutenus par l'étranger. Le Premier ministre Shehbaz Sharif condamne l'attaque et présente ses condoléances aux victimes. Il ordonne aux autorités d'accélérer les opérations de sauvetage. Le ministère de l'Intérieur déclare que les « actions lâches » des assaillants ne feront pas échouer « la détermination de la nation ».
Le porte-parole des Nations unies, Stéphane Dujarric, déclare que le secrétaire général António Guterres « condamne fermement » l'attaque, déclarant que « les attaques visant des civils et des lieux de culte sont inacceptables ».
Le ministère saoudien des Affaires étrangères condamne fermement l'attentat et exprime sa solidarité avec le Pakistan contre l'extrémisme et la violence. L'Australie, la Chine, la Pologne, la Russie, la Jordanie, le Koweït, le Qatar, le Royaume-Uni, ainsi que le Secrétariat général de l'Organisation de la coopération islamique condamnent également fermement l'attaque.
Notes et références
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