Le féminisme transnational fait à la fois référence à un paradigme féministe contemporain ainsi qu'au mouvement militant correspondant'. Les théories ainsi que les pratiques militantes portent sur la manière dont la mondialisation ainsi que le capitalisme affectent les individus au sein des nations, races, genres, classes, et sexualités'. Ce mouvement demande de critiquer les idéologies des modèles occidentaux classiques blancs traditionnels des pratiques féministes d'une approche intersectionnelle ainsi que d'analyser en détail la manière dont ces éléments se rapportent au travail, aux applications théoriques et à la pratique analytique à une échelle géopolitique.

Le terme « transnational » est une réaction ainsi que le rejet des termes comme féminisme « mondial » ou « international »''. Les féministes transnationales estiment que le terme « international » met davantage l'accent sur les États-nations en tant qu'entités distinctes, et que « mondial » fait écho aux théories féministes libérales concernant la « sororité mondiale » ignorant les femmes issues de la majorité mondiale ainsi que les perspectives des femmes de couleur à propos de l'inégalité de genres ainsi que d'autres problèmes qu'apporte intrinsèquement la mondialisation.

Le paradigme académique féministe transnational s'inspire des théories féministes postcoloniales, soulignant la manière dont les héritages coloniaux ont façonné et continuent de façonner l'oppression politique, économique, et sociale des individus dans le monde entier. Il rejette l'idée selon laquelle les individus de différentes régions partagent les mêmes subjectivités et expériences avec l'inégalité de genres, il reconnaît ensuite que le capitalisme mondial a engendré des relations similaires d'exploitation et d'inégalité, ce concept fondamental crée un dialogue que les féministes du monde entier peuvent trouver la solidarité et chercher la collaboration. Le féminisme transnational complique davantage le capitalisme mondial ainsi que le néolibéralisme.

La pratique féministe transnationale est impliquée dans des mouvements militants dans le monde entier travaillant ensemble afin de comprendre le rôle du genre, de l'État, de la race, de la classe, ainsi que de la sexualité en critiquant et résistant aux structures du pouvoir capitaliste et patriarcal. Elle est attentive au féminisme à la fois comme formation libératrice et pratique ayant été réprimée par et parfois été complice avec le colonialisme, le racisme, ainsi que l'impérialisme. De ce fait, elle s'oppose aux idées utopiques concernant la « sororité mondiale » tout en œuvrant simultanément à jeter les bases de relations sociales plus productives et plus équitables entre les femmes, par-delà les frontières et les contextes culturels.

Usage Les théoriciennes et professionnelles féministes transnationales varient dans la manière dont elles formulent « féminisme transnational ». Les variantes comprennent « féminismes transnationaux », ou « pratique féministe transnationale », et « pratiques transnationales »'.

Amanda Swarr et Richa Nagar, dans leur ouvrage , donne une liste des termes désormais dépassés décrivant les pratiques féministes transnationales. Elles soulignent que, comme ces « rejets », le terme féminismes « transnationaux » n'est que le produit de son époque dans les institutions académiques canadiennes et américaines. Jadis, les termes étaient féminismes « des femmes de couleur », féminismes « du tiers monde », « féminismes multiculturels », féminismes « internationaux », et « mondiaux ». Actuellement, le « féminisme transnational » est le terme que des féministes comme Chandra Mohanty et Jacqui Alexander, Inderpal Grewal et Caren Kaplan affirment avoir un pouvoir politique et peut rejeter des binaires essentialistes comme Pays industrialisés/Tiers monde, ou constructions de genre hétéronormatives. Ces théoriciennes féministes estiment que le terme « international » met davantage l'accent sur les États-nations en tant qu'entités distinctes, et que « mondial » fait écho aux théories féministes libérales, comme le concept de « sororité mondiale » de Robin Morgan, sans prendre en compte la race, la classe, la culture, ou les histoires impérialistes et colonialistes.

Dans , Inderpal Grewal et Caren Kaplan affirment qu'elles ne pensent pas que le terme « transnational » est meilleur que « international », et « mondial », mais qu'il est utile dans la mesure où il est exempt des implications que d'autres termes peuvent comporter :

Les critiques à l'encontre du terme « transnational » affirment que parce qu'il minimise les frontières entre les nations et met l'accent sur le concept similaire du flux de capitaux mondiaux, il gomme de manière trompeuse d'importantes inégalités entre les nations.

En pratique, on peut considérer le féminisme transnational comme un moyen d'étudier l'« autre », un concept occidental d'individus non strictement liés au nord mondial. Il s'agit d'une tentative de comprendre quels sont les facteurs composant leurs identités ainsi que leurs épreuves et un moyen d'admettre que ces expériences ont leurs propres natures complexes, géographiquement uniques ainsi que la manière dont ceci est interpolé par ceux qui procèdent à l'examen ainsi que la théorie.

Histoire

Mondialisation La mondialisation est un processus marqué par une plus grande interdépendance sociale, économique, et politique entre toutes les nations du monde entier. Elle émergea dans les années 1970 avec une plus grande expansion du marché.

Comme les idéologies et politiques néolibérales se répandent dans les années 1980 et 1990, davantage de gouvernements commencent à déréglementer leurs marchés. Dans le Tiers monde, les gouvernements appliquent des programmes d'ajustement structurel, épousant les idéologies néolibérales du libre-échange, augmentant la dérégulation des gouvernements, et réduisant les allocations ainsi que la protection sociale. Ces pratiques féminisent la force de travail.

Parce que les femmes des pays du Tiers monde sont désormais davantage impliquées dans la main-d'œuvre professionnelle, beaucoup externalisent le travail de soin auprès des femmes dans les pays en développement. Cela offre davantage de possibilités d'emploi pour les femmes du Tiers monde mais nuit également à la capacité des migrants à prendre soin de leurs propres enfants et accroît le fossé dans le capital humain entre les deux sphères. En raison de cette demande mondiale de main-d'œuvre externalisée, les femmes dans des pays comme le Bangladesh et le Cambodge qui autrement n'auraient pas de travail en ont maintenant, et les études ont démontré que cela améliore leur sens d'autonomisation et réduit la probabilité de violence familiale.

La mondialisation permet également l'opposition à l'expansion des idéologies néolibérales. Les réseaux féministes transnationaux, dans lesquels les femmes du monde entier peuvent s'organiser ensemble contre les inégalités de genre, ne seraient pas possible sans les réseaux d'information et de transport créés par la mondialisation.

Féminisme Dans l', Valentine Moghadam affirme que « les femmes ont travaillé au-delà des frontières depuis au moins le milieu du ». Ce que l'on appelle désormais la première vague féministe commence au début du en Occident et se concentre sur le droit de vote des femmes. Au cours de la seconde guerre mondiale, le gouvernement américain accorda aux femmes un travail parce que la guerre avait causé une pénurie nationale de main-d'œuvre. Après que la guerre prit fin, Irene Tinker affirme que ces emplois ont été supprimés mais les femmes ne se contentaient plus de revenir à leurs rôles de genre antérieurs. À partir des années 1960 aux États-Unis, la deuxième vague féministe émergea, définie par la mobilisation des femmes autour de

La Décennie des Nations Unies pour la femme de 1976-1985, ainsi que les quatre conférences suivantes des Nations Unies sur les femmes entre 1975 et 1995 ont joué un rôle essentiel dans la création de réseaux féministes transnationaux et dans l'inscription du féminisme à l'agenda mondial. Toujours est-il qu'à partir des années 1980, une séparation entre les féministes occidentales ainsi que les féministes du Tiers monde se produit. Cela survient en grande partie parce que les féministes occidentales souscrivent largement aux perspectives féministes libérales, se concentrant sur l'oppresseur patriarcal commun des femmes, défini par ses femmes confinées au foyer ainsi qu'au travail traditionnel. Les féministes libérales proposent que les femmes brisent cette oppression en quittant leurs rôles traditionnels au foyer, s'instruisant, et entrant sur le marché du travail. Les femmes dans les pays en développement ont souvent le sentiment que le féminisme occidental ne les représente pas et ne correspond pas à leurs luttes. Elles ont le sentiment que le féminisme occidental est ethnocentrique et suppose que toutes les femmes ont des situations similaires. Des universitaires comme Chandra Talpade Mohanty jouent un rôle intégral en exprimant des inquiétudes concernant l'omission du féminisme occidental de prendre en compte des sujets non occidentaux. Elle critique le féminisme à cette époque afin d'être davantage inclusive des luttes intersectionnelles, identifiant que le féminisme ainsi que les inégalités ne sont pas linéaires, et que l'idée d'une femme étant la base d'une oppression partagée invisibilise l'individu au sein de leur contexte ainsi que période spécifiques. En réalisant que le phénomène courant de mondialisation capitaliste amenait les femmes du monde entier à être touchées de manière disproportionnée, les mouvements féministes transnationaux se sont alliés et ont contribué à consolidé le champ du féminisme transnational.

Féminisme transnational La théorie appelée « féminisme transnational » a d'abord été employée par Inderpal Grewal et Caren Kaplan en 1994 dans leur texte germinal , situant le féminisme transnational parmi d'autres théories du féminisme, la modernité, ainsi que la postmodernité. Peu de temps après, M. Jacqui Alexander et Chandra Mohanty publient en 1997, un ouvrage essentiel à l'élaboration d'un canon féministe transnational. Ce texte, s'appuyant sur celui de Grewal et Kaplan, se concentre davantage sur les manières dont une nouvelle théorie du féminisme transnational pourrait aider à mettre en avant les pratiques militantes féministes dans des contextes mondiaux. Elles parlent de « démocraties féministes » comme des moyens pour les militantes d'imaginer des avenirs non hégémonique.

La pratique des réseaux du féminisme transnational, dans laquelle les féministes ont commencé à échanger des idées ainsi qu'à collaborer au-delà des frontières des États-nations, est issue des conférences des Nations Unies dans les années 1970. En 1975, la Décennie des Nations Unies pour la femme démarre par la déclaration des Nations Unies d'une année internationale de la femme. Cela inaugure une décennie de conférences qui se poursuivrait aujourd'hui. Des événements importants au cours de cette période comprennent les conférences à Mexico, Copenhague, Nairobi, et Beijing en 1995.

Ces conférences ainsi que d'autres facilitent le contact des féministes dans le monde entier, permettant la tenue de discussions qui transcendent les frontières. Tandis que les soi-disant « féministes occidentales », un terme consacré aux féministes étant des « femmes blanches originaires des États-Unis, issues d'un milieu privilégié », avaient dominé le mouvement des droits des femmes, lorsque les femmes d'autres régions du monde ont été amenées, elles ont commencé à critiqué ce genre des droits des femmes pour avoir supposé que toutes les femmes avaient les mêmes expériences, et ne pas avoir considéré l'impact de facteurs comme la race, l'État, le statut économique qu'elles ont eu sur leurs vies.