Assunta Carlini Goretti ( – ), surnommée Mamma Assunta, est une paysanne italienne et la mère de sainte Maria Goretti.

Devenue veuve en 1900, elle élève seule ses enfants dans les campagnes des marais pontins. Après l'assassinat de sa fille en 1902, elle témoigne de sa vie et de sa personnalité au cours de la procédure de béatification, puis assiste à sa canonisation par le pape Pie XII en 1950. Elle est par ailleurs connue pour avoir pardonné au meurtrier de Maria, Alessandro Serenelli.

Biographie Jeunesse et mariage vignette|La maison de Luigi et Assunta Goretti, à Corinaldo, où naît Maria en 1890. Elle est aujourd'hui une maison-musée intégrant une petite chapelle. Assunta Carlini naît le dans les Marches, en Italie. Elle appartient à une famille rurale et épouse Luigi Goretti en 1886 à Corinaldo, dans la province d'Ancône.. Assunta est alors analphabète, mais profondément pieuse et attachée à la foi catholique..

Le couple exerce le métier d'agriculteur. Leur fille, Maria Goretti, naît à Corinaldo le . Elle est le troisième des sept enfants de la famille...

La situation économique de la famille, déjà modeste, se dégrade au cours des années 1890. En , les Goretti quittent Corinaldo pour aller travailler à Colle Gianturco, près de Paliano, dans les terres exploitées pour le compte du sénateur Giacinto Scelsi. En , ils gagnent les marais Pontins, à Ferriere di Conca, près de Nettuno, où ils travaillent pour le comte Attilio Mazzoleni..

La famille Goretti partage alors une exploitation avec les Serenelli, une autre famille originaire des Marches. Les conditions de vie sont difficiles dans cette région encore largement marécageuse, où le paludisme constitue une cause importante de mortalité.

Veuvage et éducation des enfants vignette|gauche|L'unique photographie connue de sainte Maria Goretti, prise à la ferme de Conca en 1902, peu de temps avant sa mort. « Mamma Assunta », absente du cliché, travaille alors aux champs. Luigi Goretti meurt du paludisme le . Assunta se retrouve veuve avec six enfants à charge et doit poursuivre elle-même le travail agricole pour assurer la subsistance de la famille..

Selon les récits biographiques consacrés à Maria Goretti, Assunta assure à la fois le travail agricole et l'éducation religieuse de ses enfants. Elle leur apprend notamment les premières prières, le signe de croix et les rudiments du catéchisme. La famille, très pauvre, vit dans un environnement où le travail et la pratique religieuse occupent une place importante.

Maria, alors âgée de neuf ans, participe de manière importante aux tâches domestiques et à la garde de ses frères et sœurs pendant que sa mère travaille aux champs. Les récits biographiques lui attribuent notamment les tâches de lavage du linge, de préparation des repas, de puisage de l'eau et de raccommodage des vêtements..

Ces mêmes récits présentent Assunta comme une mère particulièrement attachée à l'instruction religieuse de ses enfants. La pauvreté du foyer et l'absence prolongée de la mère, occupée aux travaux des champs, auraient conduit Maria à assumer très jeune une grande partie des responsabilités domestiques. Elle aurait également réuni ses frères et sœurs pour leur apprendre le catéchisme et prier avec eux.

Assunta constitue par la suite l'une des principales sources concernant la vie quotidienne de sa fille. Le prêtre italien Luigi Novarese publie en 1950 , ouvrage consacré à la vie de Maria Goretti à partir du récit de sa mère. L'ouvrage compte 125 pages et connaît au moins une deuxième édition..

Mort de Maria Goretti Le , alors qu'Assunta et les autres travailleurs sont aux champs, Maria est agressée par Alessandro Serenelli dans la maison familiale de Ferriere di Conca. Gravement blessée, elle est transportée à l'hôpital de Nettuno et meurt le lendemain.

Les récits biographiques rapportent qu'Alessandro Serenelli avait auparavant fait des avances à Maria et que celle-ci les avait repoussées. Lors de l'agression du , elle aurait résisté aux tentatives de son agresseur et crié qu'il commettait un péché. Le récit de Casimiro Sánchez Aliseda insiste sur le fait que Maria aurait préféré mourir plutôt que de céder aux sollicitations de Serenelli.

Peu avant sa mort, Maria pardonne à son agresseur, ce que le Dicastère pour les causes des Saints présente comme l'un des éléments centraux de sa sainteté..

La mort de sa fille constitue le traumatisme majeur de la vie d'Assunta. Elle reste cependant dans les années suivantes l'une des personnes les plus directement interrogées sur Maria et sur les circonstances de son assassinat.

Le pardon à Alessandro Serenelli Pour son crime, Alessandro Serenelli est condamné à trente années de réclusion. Selon la chronologie retenue par le Dicastère pour les Causes des saints, il se convertit pendant son incarcération et demande pardon à Assunta en 1928, après sa libération. Les deux s'approchent alors ensemble de la communion.

Certains récits biographiques consacrés à Maria Goretti donnent toutefois une chronologie différente de cet épisode. Une tradition largement diffusée situe en effet la rencontre à une date ultérieure, à Corinaldo, où Assunta était revenue vivre. Selon Casimiro Sánchez Aliseda, cette rencontre a lieu dans la nuit de Noël 1938, alors qu'Assunta travaille comme domestique auprès du curé de Corinaldo. D'après ce récit, Serenelli se présente à la porte du presbytère et demande pardon à Assunta, qui lui répond : Ils assistent ensuite ensemble à la messe de Noël et communient. Une autre tradition la situe encore en 1934.

Assunta aurait par la suite continué à défendre le pardon accordé à Serenelli, refusant notamment que celui-ci soit insulté ou traité avec mépris.

Témoignage dans la cause de béatification La procédure diocésaine en vue de la béatification de Maria Goretti s'ouvre en 1935 dans le diocèse d'Albano. La cause est introduite auprès de la Congrégation des Rites en 1938.

Assunta figure parmi les témoins entendus au cours de la procédure, avec notamment Alessandro Serenelli. Son témoignage participe à la constitution du dossier sur la vie, la personnalité et la mort de Maria Goretti.

L'historienne Isabella Pera souligne, dans le Dizionario Biografico degli Italiani de Treccani, l'importance des témoignages recueillis au cours de cette procédure dans la construction de la représentation de Maria Goretti comme martyre de la chasteté. Elle relève notamment le rôle des témoignages d'Assunta et de Serenelli dans cette élaboration.

La documentation issue de ces témoignages constitue par la suite une source importante des biographies de Maria Goretti. L'ouvrage de Luigi Novarese, , publié en 1950, s'inscrit dans cette tradition biographique.

Béatification et canonisation de Maria Goretti Maria Goretti est béatifiée le par Pie XII. Assunta, devenue entre-temps une figure connue des catholiques italiens, demeure associée à la mémoire de sa fille.

Le , Pie XII canonise Maria Goretti sur la place Saint-Pierre, à Rome. Assunta, alors âgée de , est présente à la cérémonie malgré son état de santé.

Casimiro Sánchez Aliseda souligne l'ampleur de la cérémonie. Environ un demi-million de personnes assistent à la canonisation célébrée en plein air sur la place Saint-Pierre, la basilique ne pouvant accueillir l'ensemble des pèlerins présents. La canonisation constitue également un événement exceptionnel par l'importance accordée à la mère de la nouvelle sainte. Une publication des Passionistes consacrée au anniversaire de la canonisation souligne notamment qu'Assunta assista à la cérémonie depuis une fenêtre du palais apostolique.. En 2026, Assunta est toujours, avec , la seule mère ayant pu assister à la canonisation d'un de ses enfants..

L'Osservatore Romano a par ailleurs évoqué, dans un article consacré à l'actrice Ines Orsini, la rencontre de celle-ci avec Assunta lors de la période de la canonisation de Maria. Ines Orsini avait interprété cette dernière dans le film La Fille des marais, réalisé par Augusto Genina en 1949..

Dernières années En 1943, alors qu'elle se rend à un refuge pendant une alerte aérienne, Assunta se fracture une jambe. Cette blessure la laisse invalide pour le reste de sa vie et elle se déplace ensuite à l'aide d'un petit chariot.

Sa notoriété ayant considérablement augmenté après la béatification puis la canonisation de Maria, elle reçoit à la fin de sa vie des visiteurs, des journalistes et des pèlerins qui cherchent à l'interroger sur sa fille.

Selon cette même source, Pie XII reçoit Assunta au Vatican avec des égards exceptionnels et, malgré sa volonté de rester à l'écart de la célébrité, elle devient l'une des figures les plus connues associées à la mémoire de Maria Goretti.

Son état de santé se dégrade au cours de ses dernières années et elle meurt à Corinaldo le , à l'âge de ..

Ses funérailles réunissent d'importantes autorités civiles et religieuses. Une publication du diocèse de Senigallia mentionne notamment la présence de plusieurs évêques aux obsèques d'Assunta Goretti.. La municipalité de Corinaldo décrète par ailleurs des funérailles publiques et son cercueil est couvert d'une importante quantité de fleurs par les fidèles et pèlerins.

Assunta est aujourd'hui inhumée dans le sanctuaire diocésain de Santa Maria Goretti à Corinaldo, où sa sépulture est présentée parmi les lieux de mémoire consacrés à la famille Goretti..

Postérité La figure d'Assunta Carlini Goretti reste étroitement associée à celle de sa fille. Sa particularité réside dans le fait qu'elle fut à la fois la mère de Maria Goretti, témoin direct de son enfance et de sa vie familiale, et l'une des principales personnes ayant transmis son souvenir après sa mort.

Son témoignage a nourri une importante littérature biographique et religieuse consacrée à Maria Goretti, notamment de Luigi Novarese, paru en 1950. Dans les récits hagiographiques, Assunta est par ailleurs présentée comme l'une des personnes ayant contribué, par son éducation religieuse et son témoignage, à la transmission d'une foi ardente à Maria Goretti. Les biographies insistent notamment sur l'importance accordée à la prière, au catéchisme et à la vie familiale dans l'éducation donnée aux enfants.

Dans la tradition catholique, Assunta est également associée au pardon accordé à Alessandro Serenelli, cet épisode ayant contribué à faire de son histoire un exemple fréquemment cité de pardon chrétien.

Dans La Fille des marais (1949) d'Augusto Genina, la figure d'Assunta est incarnée par .. Luisa Ranieri l'interprète ensuite dans le téléfilm (2003) de Giulio Base..

Notes et références

Bibliographie

Catégorie:Naissance en août 1866 Catégorie:Naissance dans les Marches Catégorie:Personnalité italienne du catholicisme Catégorie:Décès en octobre 1954 Catégorie:Décès à 88 ans Catégorie:Décès dans les Marches