Fábio Medina Osório, né le 31 juillet 1967 à Porto Alegre, est un juriste et avocat brésilien dont les travaux portent sur le droit administratif des sanctions et la législation anticorruption. De mai à septembre 2016, il est avocat général de l’Union (advogado-geral da União), à la tête de l’Advocacia-Geral da União (AGU), avec la qualité de ministre du gouvernement fédéral prévue par le droit brésilien (ministro de Estado). Il a auparavant exercé comme membre de carrière du ministère public et comme secrétaire adjoint à la Justice et à la Sécurité publique de l’État du Rio Grande do Sul.

Il préside l’Institut international d’études du droit de l’État (IIEDE) et, depuis sa création en 2019, la Commission spéciale du droit administratif des sanctions du Conseil fédéral de l’Ordre des avocats du Brésil (OAB). Il est notamment l’auteur de Direito Administrativo Sancionador, dont la onzième édition paraît en 2026, et de Teoria da Improbidade Administrativa, publié dans sa sixième édition en 2022.

Formation universitaire Medina Osório étudie le droit à l’Université fédérale du Rio Grande do Sul (UFRGS), où il obtient également un mestrado en droit public, diplôme brésilien de deuxième cycle universitaire. En 2003, il soutient un doctorat en droit administratif à l’Université complutense de Madrid, sous la direction d’Eduardo García de Enterría.

Dans sa préface à la première édition de Teoria da Improbidade Administrativa, García de Enterría retrace ses recherches doctorales menées entre 1998 et 2003 avec une bourse brésilienne. Il souligne sa présence régulière et sa participation active au séminaire hebdomadaire de professeurs qu’il dirigeait à la Complutense, où Medina Osório présentait ses recherches. Sa thèse a obtenu la plus haute appréciation, à l’unanimité du jury.

Claudia Lima Marques le présente comme le dernier disciple de García de Enterría ; elle rappelle que Santiago Muñoz Machado avait également été formé sous sa direction.

Parcours professionnel Au Brésil, le ministère public est une institution constitutionnelle autonome. Ses missions comprennent l’action pénale publique, la défense de l’ordre juridique et la protection du patrimoine public, de l’environnement et d’autres intérêts collectifs. Ses membres de carrière sont recrutés par concours. Il est distinct de l’AGU, qui assure la représentation juridique de l’Union et le conseil juridique de l’exécutif fédéral.

Il intègre en 1991 la carrière du ministère public de l’État du Rio Grande do Sul, après avoir été reçu premier au concours public de recrutement. Il y exerce la fonction de promotor de Justiça, membre du ministère public chargé de missions de poursuite et de protection des intérêts collectifs.

En tant que membre du ministère public, il a travaillé dans les domaines de la lutte contre la corruption et de la protection de l'environnement. En mars 2002, il a été affecté comme procureur chargé de l'environnement à Porto Alegre ; à partir de 2003, il a également siégé au conseil d'administration de l'Association brésilienne des membres du ministère public chargés de l'environnement (ABRAMPA). De 2003 à 2005, il est secrétaire adjoint à la Justice et à la Sécurité publique du Rio Grande do Sul : il seconde le titulaire de ce département du gouvernement de l’État fédéré. Après avoir quitté le ministère public en janvier 2006, il est devenu directeur juridique du groupe Bozano.

Le 27 mars 2007, Medina Osório a fondé à Porto Alegre le cabinet Medina Osório Advogados, dont il est associé fondateur et dirigeant. Le cabinet a son siège à Brasília, capitale fédérale du Brésil, et possède des bureaux à Rio de Janeiro et Porto Alegre.

En 2019, il devient le premier président de la Commission spéciale du droit administratif des sanctions du Conseil fédéral de l’Ordre des avocats du Brésil, dès sa création. En avril 2025, il est reconduit pour un troisième mandat consécutif.

Il siège également au conseil du Mouvement de défense de la profession d’avocat (MDA).

Travaux scientifiques et universitaires Ses recherches portent sur le droit administratif des sanctions, notamment ses garanties constitutionnelles et ses rapports avec la probité publique et la lutte contre la corruption. En 1999, il publie dans la Revista de Administración Pública, éditée en Espagne par le Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, l’article « Corrupción y mala gestión de la res publica: el problema de la improbidad administrativa y su tratamiento en el Derecho administrativo sancionador brasileño ». Paru dans le numéro 149, aux pages 487–522, cet article expose un concept de sanction administrative qui comprend son prononcé par une juridiction ; cette question est développée aux pages 493–495 et dans la note 17.

Dans la postface à la dixième édition de Direito Administrativo Sancionador, Claudia Lima Marques lui attribue un rôle pionnier dans la systématisation de la discipline et son autonomie scientifique au Brésil. Elle présente l’ouvrage comme la première monographie brésilienne portant cette dénomination.

Marques situe une contribution centrale dans la redéfinition de la sanction administrative : sa nature ne dépend pas exclusivement de l’autorité qui la prononce ; un juge peut également appliquer des sanctions fondées sur le droit administratif. Elle relie cette conception substantielle à la protection de biens, de valeurs et de devoirs publics constitutionnels, ainsi que des droits fondamentaux.

Elle souligne aussi l’ouverture à la jurisprudence des cours européenne et interaméricaine des droits de l’homme. À son invitation, Medina Osório a introduit en 2004 l’enseignement de cette matière dans les programmes de mestrado et de doctorat de l’UFRGS.

Claudia Lima Marques est professeure titulaire à la faculté de droit de l’UFRGS, qu’elle a dirigée de 2020 à 2024. En juillet 2026, elle prend ses fonctions de desembargadora au Tribunal de Justiça du Rio Grande do Sul, juridiction de second degré de cet État.

La dixième édition de Direito Administrativo Sancionador paraît en 2025 ; la onzième suit en 2026 chez Revista dos Tribunais (Thomson Reuters). Ses travaux abordent aussi l’improbité administrative, régime brésilien de responsabilité pour certains manquements à la probité publique, et la conformité des entreprises. Parmi ses publications figurent « Compliance transformativo: como blindar valor de mercado em tempo real », dans le Brazil Journal en juin 2025, et « Compliance transformativo no mercado de capitais », dans Valor Econômico en avril 2025.

Avocat général de l’Union et ministre du gouvernement fédéral Le 12 mai 2016, le président par intérim Michel Temer le nomme advogado-geral da União. Il dirige l’Advocacia-Geral da União, institution chargée de représenter l’Union en justice et dans les actes extrajudiciaires, ainsi que de fournir conseil et assistance juridiques au pouvoir exécutif fédéral. La législation applicable à son mandat lui reconnaît la qualité de ministro de Estado, c’est-à-dire de ministre du gouvernement fédéral.

Dans l’organisation fédérale brésilienne, l’Union désigne l’entité fédérale, distincte des États fédérés, du District fédéral et des municipalités. L’AGU défend les intérêts juridiques et patrimoniaux de l’Union ; les États fédérés disposent de leurs propres services de représentation juridique. Cette mission institutionnelle dépasse la défense des personnes qui composent le gouvernement.

Sous sa direction, l’AGU engage des actions civiles liées à l’opération Lava Jato contre des entreprises de construction, d’anciens dirigeants de Petrobras et d’autres défendeurs. Le Wall Street Journal rapporte le 31 mai 2016 des demandes portant sur 17,4 milliards de réaux d’amendes et 5,6 milliards de réaux de restitutions, soit 23 milliards au total. Il s’agit de sommes réclamées en justice, et non de montants déjà recouvrés.

Il quitte ses fonctions le 9 septembre 2016 et Grace Mendonça lui succède. Après son départ, il déclare que son action dans les dossiers de corruption et ses demandes d’accès aux enquêtes de Lava Jato ont motivé son éviction. L’AGU conteste ses déclarations et réaffirme sa mission de défense des finances publiques et de lutte contre la corruption. Ce différend fait l’objet d’une couverture de presse, notamment d’un dossier de Veja en septembre 2016.

Travaux récents En juillet 2025, Revista dos Tribunais, marque éditoriale de Thomson Reuters, a publié son article « Le droit à la compréhension à l'ère de la complexité technologique : fondements constitutionnels, statistiques et algorithmiques de la transparence décisionnelle », consacré aux conditions permettant de rendre les décisions publiques intelligibles.

En juin 2026, il a publié « Souveraineté cognitive à l'ère de l'intelligence artificielle : le contrôle des infrastructures de la connaissance comme nouveau facteur de pouvoir ».

Le 20 août 2014, avant sa nomination au gouvernement, Veja publie son entretien « Uma ética de mão dupla » dans la rubrique hebdomadaire « Páginas Amarelas ». L’entretien porte sur l’éthique et la législation anticorruption. Créée en 1969, cette rubrique est consacrée aux entretiens de la revue.

Responsabilités institutionnelles Au Conseil fédéral de l’OAB, la commission qu’il préside depuis sa création en 2019 est consacrée au droit administratif des sanctions. Sa troisième nomination résulte de la portaria 206/25 du 11 avril 2025. En mai 2026, l’OAB rend compte d’une réunion sous sa présidence consacrée à l’autonomie scientifique et à l’enseignement de la matière, ainsi qu’aux partenariats avec les facultés de droit.

En 2003, il participe à la fondation de l’IIEDE avec Humberto Ávila, Almiro do Couto e Silva, Ana Paula Ávila et Diogo de Figueiredo Moreira Neto. D’abord vice-président, il en devient président exécutif en 2007. Eduardo García de Enterría en a été le président d’honneur.

Le conseil académique international de l’institut comprend notamment Tomás-Ramón Fernández, Germán Fernández Farreres, Luciano Parejo Alfonso, Juan Carlos Cassagne et Peter Häberle. La liste institutionnelle mentionne également García de Enterría et Jesús González Pérez parmi ses membres décédés.

Principales publications Les intitulés français ci-dessous sont des traductions explicatives des titres originaux ; ils ne désignent pas des éditions françaises.

Improbidade Administrativa: Observações sobre a Lei 8.429/92, Síntese, 1997 ; deuxième édition, 1998. « Corrupción y mala gestión de la res publica: el problema de la improbidad administrativa y su tratamiento en el Derecho administrativo sancionador brasileño », Revista de Administración Pública, , 1999, p. 487–522. Avec Alexandre Pinheiro dos Santos et Julya Sotto Mayor Wellisch, Mercado de Capitais: Regime Sancionador, Saraiva, 2012. Direito Administrativo Sancionador (« Droit administratif des sanctions » ; publié par Revista dos Tribunais (Thomson Reuters), 11 éd., 2026 ; ) Teoria da Improbidade Administrativa (« Théorie de l’improbité administrative » ; publié par Revista dos Tribunais (Thomson Reuters), 6 éd., 2022) « Le droit à la compréhension à l'ère de la complexité technologique : fondements constitutionnels, statistiques et algorithmiques de la transparence décisionnelle » (2025) « Souveraineté cognitive à l'ère de l'intelligence artificielle : le contrôle des infrastructures de la connaissance comme nouveau facteur de pouvoir » (2026) « Conformité transformatrice : comment protéger la valeur de marché en temps réel » (Compliance transformativo: como blindar valor de mercado em tempo real ; Brazil Journal, 2025) « Conformité transformatrice sur les marchés de capitaux » (Compliance transformativo no mercado de capitais ; Valor Econômico, 2025)

Notes et références Notes explicatives

Références

Liens externes Article existant sur la Wikipédia anglophone Biographie institutionnelle Site officiel de l’auteur Livres et publications Curriculum sur la plateforme Lattes du CNPq