L’assassinat de la famille Shubaki est l'exécution sommaire de cinq hommes adultes de la famille Shubaki dans le village d'Arab al-Shubaki en Palestine mandataire le 19 novembre 1947 par des membres du Lehi, un groupe terroriste sioniste, sur la suspicion que la famille avait joué le rôle d’informateurs de la police britannique.

L'attentat survient dans les derniers mois de la révolte juive (1944-1948), alors que les violences des révoltés juifs étaient auparavant tournées contre la présence britannique, ce qui provoque des craintes de représailles contre le YishouvTerrorist Jews Execute 4 in Arab Family, NY Herald Tribune, Nov. 21, 1947: "The shootings were the first since August involving Arabs and although there were no signs of it tonight people on both sides feared they might bring an attack by Arabs on Jews somewhere in the country to avenge the Arab deaths.". Et, en effet , onze jours plus un attentat de représailles tue sept Juifs.

Préparation de l'assassinat

Mort des et insurrection du Lehi contre les Britanniques

Le 11 novembre 1947, dans les derniers moments de la révolte juive en Palestine mandataire, le renseignement britannique est prévenu que le Lehi tient un cours de maniement des armes à feu à Ra'anana. Le bâtiment est encerclé. Les Britanniques tuent cinq membres du Lehi, sans avoir ni blessé ni tué, ce que les militants du Lehi appellent l'. Selon des témoignages, quatre adolescents de 15 à 18 ans sont tués par armes à feu ainsi que leur instructeur de 19 ans alors qu'ils tentaient de s'enfuir de la maison, et deux adolescents de 16 et 17 ans sont gravement blessés. Selon le rapport britannique, les militants du Lehi ont ouvert le feu sur la police et les policiers britanniques étaient sous le coup d'une . Selon les archives de la police ouvertes en 2021, l'ordre du raid sur la maison a été approuvé par le gouvernement à Londres. Les archives n'indiquent pas cette situation de danger imminent pour les Britanniques, ni à quel moment les policiers ont ouvert le feu. Elles indiquent également que les militants du Lehi tués prennaient la fuite avant d'être tués.

Lehi répond par des attentats terroristes en représailles contre les Britanniques : le 12 novembre, des membres du Lehi tuent un soldat britannique et en blessent trois près d'Haïfa ; le 13, le groupe attaquent les patrons du café du Ritz à Jérusalem, blessant 28 personnes ; le 15, ils tuent deux policiers à Jérusalem.

Plannification de l'assassinat Nathan Yalin Mor, chef du Lehi, mène une enquête pour découvrir l'origine du renseignement qui a conduit les Britanniques à Ra'anana. Il conclut que les membres de la famille palestinienne des Shubaki, qui vivent près de la maison où le Lehi donnait ses cours, ont informé les Britanniques. Le Lehi décide de tuer des membres de la famille afin de punir la famille et pour que cela serve d'avertissement aux Arabes de Palestine de ne pas aider la police britannique.

L'assassinat À 4h30, le matin du 19 novembre 1947, dix membres du Lehi armés de mitraillettes entrent dans le village d'Arab al-Shubaki (), situé entre les colonies juives d'Herzliya et de Ra'anana, avec lesquelles il entretenait de bonnes relations.

Les militants du Lehi, portant des uniformes de la police, demandent au moukhtar de rassembler les hommes du village et en sélectionnent cinq. Ils les conduisent à l'écart dans un champ et les abattent sans autre forme de procès.

Les villageois assassinés sont : Ahmed Salameh Shubaki (50 ans), Wadia Shubaki (25 ans), Sammy Shubaki (23 ans), Sami Shubaki (23 ans) (cousin), Sabar Ahmed Shubaki (27 ans, un cousin)Nachman Ben-Yehuda, Political Assassinations by Jews: A Rhetorical Device for Justice, State University of New York Press, 2012 , 249-250..

Revendication, représailles et réhabilitation

Le 21 novembre, le Lehi publie une revendication assumant les assassinats. La déclaration, visant , soulignent que les a commis ces meurtres parce qu'ils suspectaient les membres de la famille Shubaki d'avoir dénoncé le Lehi à la police de la Palestine, et que leur assassinat n'a rien à voir avec leur ethnie ou leur religion. Le Lehi publie les noms d'autres habitants suspectés de soutenir la domination britannique, menaçant de tuer tous ceux qui n'arrêteraient pas de soutenir le gouvernement.

En représailles du massacre, sept Juifs sont abattus le 30 novembre 1947 dans deux bus près de Fajja (voir Attentats des bus à Fajja), des tracts distribués peu après expliquant ce massacre par celui de la famille Shubaki.

Les habitants du village proche de Khirbat Qaqun prennent peur après ce massacre et tentent d'abord d'acheter la paix à leurs voisins juifs, puis abandonnent progressivement le village, la peur d'un massacre étant réactivée par le massacre de Deir Yassin en avril 1948Ami Ayalon, Marom Roy. 2025. “Arab-Jewish ‘Neighbourly Relations’ in Rural Mandatory Palestine: The Case of Khirbat ʿAzzun – Raʿanana.” Middle Eastern Studies 61 (4): 488–504. doi:10.1080/00263206.2024.2423096..

Alors que les attentats du Lehi avaient été désavoués par les dirigeants du Yishouv à l'époque, ils ont été depuis réhabilités officiellement, y compris ceux ayant commis cette tuerieJean-Pierre Filiu, « En Israël, les extrémistes juifs de l’Irgoun et du Lehi progressivement réhabilités après les attentats de 1944-1948 », Le Monde, chronique « Un si proche Orient », 12 janvier 2015..

Notes

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