Françoise Laurent, âgée de 20 ans au moment des faits, est une servante de la famille Pommereau en Nouvelle-France durant la première moitié du XVIIIe siècle. Reconnue coupable de vol auprès de ses employeursL. Chabot-Scrosati parle d’un vol d’une perruque et de l’argent du portefeuille, alors que T. Lacroix parle plutôt d’un vol de vêtements., elle est condamnée à la pendaison et incarcérée à la prison du palais de l’intendant à Québec le 26 octobre 1750. En raison de la vacance du poste de bourreau de la colonie à la suite du décès de son dernier exécuteur, le 28 décembre 1750, son exécution est suspendue.

Fille du tambour-major de Montréal, Guillaume-Antoine Laurent, elle se lie d’amitié avec son voisin de celluleLa prison du palais de l’Intendant est mixte : hommes et femmes sont enfermés dans des cellules voisines, mais séparées.., Jean Corolère. Ce dernier est incarcéré le 2 juin 1751 pour une durée d’un an à la suite de sa participation à un duel, une pratique interdite en Nouvelle-France par un édit royal. En Nouvelle-France, une personne condamnée à la peine capitale peut échapper à l’exécution grâce aux , obtenant ainsi un pardon des hautes autorités judiciaires. Une autre possibilité réside dans l’acceptation de la charge de bourreau pour un homme, ou, pour une femme, le mariage avec un exécuteur des hautes œuvres.

Le 17 août 1751, Jean Corolère demande au Conseil supérieur de commuer sa peine en lui attribuant le poste d’exécuteur des hautes œuvres (bourreau) afin de remplir le poste vacant. Sa demande est acceptée et il est libéré sans avoir à purger les quelque dix mois de peine restants. Le lendemain de sa libération, il présente une seconde requête dans laquelle il supplie le Conseil Notice : TP1,S28,P17306, 18 août 1751 ; pièce provenant du Registre no 37 des arrêts rendus au Conseil supérieur de Québec sur les matières criminelles (4 juin 1730 au 29 décembre 1759) : Le 19 août, après avoir obtenu de l’évêque la dispense des trois bans, Jean Corolère épouse Françoise Laurent à la chapelle du palais de l’Intendant. À la suite de ce mariage, Jean Corolère exerce ses fonctions d’exécuteur pendant une durée inconnue. Après la pendaison d’un faux-monnayeur le 29 avril 1752, le couple disparaît des archives. Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC (BAnQ), 1751. Demande faite en ce Conseil par Jean Corolline détenu prisonnier ès prisons royales de cette ville… de lui accorder la place de maître des hautes œuvres [en ligne]. Fonds Conseil souverain, Notice : TP1,S28,P17306. 18 août 1751. Registre n° 37 des arrêts rendus au Conseil supérieur de Québec sur les matières criminelles (4 juin 1730 au 29 décembre 1759). Disponible à l’adresse : https://advitam.banq.qc.ca/notice/412231. BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC (BAnQ), 1751. Arrêt du Conseil déchargeant Françoise Laurent, de la sentence rendue le 12 mars 1751, à condition qu’elle épouse Jean Corollaire, maître des hautes œuvres (bourreau) [en ligne]. Fonds Conseil souverain, Notice : TP1,S28,P17306. 18 août 1751. Registre n° 37 des arrêts rendus au Conseil supérieur de Québec sur les matières criminelles (4 juin 1730 au 29 décembre 1759). Disponible à l’adresse : https://advitam.banq.qc.ca/notice/412231.

Catégorie:Date de naissance non renseignée (XVIIIe siècle) Catégorie:Métier du droit Catégorie:Personnalité de la Nouvelle-France Catégorie:Histoire du Canada