Jean Nainchrik, né le à Paris, est un producteur de cinéma et de télévision, agent artistique et écrivain français. Après des études d’ingénieur de l’aéronautique, il devient journaliste, notamment à France Inter et France-Match.

Il se tourne ensuite vers la représentation artistique et fonde l’agence Cinéart, où il accompagne la carrière de nombreux acteurs, réalisateurs et auteurs.

Il devient producteur et 1982 et fonde Septembre Productions. Au cours des quatre décennies suivantes, il produit ou coproduit près de 160 films, téléfilms et séries, comme Je hais les acteurs pour le cinéma mais aussi pour la télévision : L’Homme aux semelles de vent, La Grande Collection, Les Thibault, Le Clan Pasquier, L’Abolition, La Mante et HPI.

Parallèlement à son activité dans le cinéma et la télévision, Jean Nainchrik est l’auteur de cinq livres dans lesquels il aborde notamment son histoire familiale, la mémoire de la Shoah, son parcours professionnel et sa vie personnelle.

Biographie

Ingénieur de l’aéronautique et service militaire Jean Nainchrik suit des études d’ingénierie en aéronautique en IUT et à SUPAERO entre 1961 et 1963Archives personnelles - attestation de l'école nationale supérieure de l'Aéronautique - 5 octobre 1965.

Il fait ensuite son service militaire sur la base aérienne 110 du Creil. Durant son service, il lance plusieurs cycles de conférences ainsi qu'un journal pour la base L’Estafette dans lequel il y rédige plusieurs éditoriaux.

Journaliste

France Inter Au lendemain de ses obligations militaires, Jean Nainchrik est engagé à France Inter où il couvre les questions aéronautiques et spatiales au journal parlé. Il est spécialiste des questions aéronautiques et spatiales.

Parmi les interventions de Jean Nainchrik à l’antenne :

- Vol d'essai et interview de Hrissa Pellissier (pilote d’essai) sur un Wassmer (premier avion monomoteur en plastique).

- Couverture des salons aéronautiques comme Le Bourget.

- Reportages et vols avec la Patrouille de France.

Mai 1968 En mai 68, à l'ORTF, les journalistes de France Inter et de la télévision se mettent en grève, réclamant la liberté de l'information.

Pendant cette grève, l'intersyndicale de l'ORTF a envoyé un certain nombre de journalistes grévistes dans toute la France pour dire quelles étaient les raisons de cette grève. C'est ainsi que Jean Nainchrik a été envoyé à Grenoble avec Jean-Pierre Elkabbach, pour expliquer la raison de la grève des journalistes. Et cela devant 3000 personnes réunies à la patinoire de Grenoble, avec au premier rang : Hubert Dubedout, maire de Grenoble et Pierre-Mendès France, député de l'Isère. Jean Nainchrik est invité à s'exprimer sur le sujet.

L’intervention de l’intersyndical a été saluée par Pierre-Mendès France. Le Progrès de Lyon et Le Dauphiné Libéré couvraient l’évènement.

A la suite de quoi, Jean Nainchrik, comme près de 80 de ses confrères, a été licencié de l'ORTF. Jean-Pierre Elkabbach, lui, a été muté à Toulouse.

Le Fait Public Après son départ de France Inter et avec l’Union des journalistes de télévision, Jean Nainchrik lance mensuel Le Fait Public. regroupant les journalistes de la télévision et de France Inter licenciés. Jean Nainchrik en est le gérant et le directeur de la publication.

Le journal part avec un capital de 20 000F. Le premier numéro sort en décembre 1968 et le journal sera par la suite tiré en 70 000 exemplaires.

Sempé (dessinateur) a fait une couverture en couleur pour Le Fait Public, tout comme Jean Effel. Jacques Prévert y écrit des poèmes.

Parmi les journalistes de la radio et de la télévision qui ont écrit dans Le Fait Public : Roger Louis, Maurice Séveno, Claude Darget, Robert Chapatte, Roger Couderc, Thierry Roland, Marie-Thérèse Guinchard, François de Closets.

Par la suite, une société de rédacteurs est créée (présidée par Frédéric Pottecher). Jean Nainchrik (directeur de la publication) conserve une part.

Le Fait Public arrête d'être édité en 1971.

France-Match – groupe Prouvost Jean Nainchrik entre en contact avec Jean Prouvost par le biais de Jean-Jacques Servan-SchreiberArchive personnelle, mot de Jean-Jacques Servan-Schreiber à Jean Nainchrik, 25 janvier 1971. Il est par la suite embauché dans le groupe Prouvost pour créer et diriger l’agence France Match (agence de presse photographique du groupe).

L’agence vendra les photos des photographes et grands reporters du groupe aux magazines du monde entier, couvrant plusieurs évènements internationaux (guerres, évènements politiques et culturels).

Cette activité avec toute l’équipe a duré jusqu’en 1976, suite à la restructuration du groupe de presse.

Rencontre avec Brigitte Bardot Jean Nainchrik rencontre Brigitte Bardot par l’intermédiaire de son ami Laurent Vergez (comédien). Ils se sont tout de suite bien entendu. Tous deux étant nés le même jour (le 28 septembre), Brigitte Bardot l’appelait « son jumeau ».

Au moment de leur rencontre, Brigitte Bardot avait déjà arrêté sa carrière d’actrice. Dans un courrier qu’elle a envoyé à Jean Nainchrik, Brigitte Bardot le remercie de lui avoir suggérer le rôle d’Ariane si une adaptation du roman Belle du Seigneur (Albert Cohen) devait se faire, regrettant qu’aucun producteur n’y ai songéArchive personnelle, FAX de Brigitte Bardot à Jean Nainchrik, 20 octobre 1974.

Producteur et animateur d’Au pied du mur sur Antenne 2 Jean Nainchrik a produit et animé l’émission Au Pied du Mur avec Brigitte Bardot pour Antenne 2. Lors de cette émission, un ministre est mis sur la sellette sur un sujet de société dont il a la charge.

Première émission :

La première émission est diffusée sur Antenne 2 le 24 février 1975 avec André Jarrot, Ministre de la qualité de la vie : il est interrogé sur les conditions de vie des animaux dans les parcs zoologiques.

Un documentaire de 25 min (réalisé par Jean-François Delassus) est diffusé avant l’échange avec le ministre. A la fin de l’émission, le ministre s’engage à faire adopter un certain nombre d’obligations. Le résultat de cette application sera évalué à la prochaine émission. En l'occurence, à la fin de l’émission, André Jarrot s’engage à renforcer la réglementation applicable aux établissements zoologiques. Les mesures annoncées trouvent notamment une traduction dans la loi du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature, qui soumet l’ouverture des établissements destinés à présenter au public des animaux vivants à autorisation et impose aux responsables de ces établissements la détention d’un certificat de capacité. La loi prévoit également des mesures de contrôle pouvant aller jusqu’à la fermeture des établissements.

Deuxième émission :

La deuxième émission est programmée le 5 juin 1975 et aborde la question des enfants recueillis temporaires. Ce sont des enfants placés dans des familles d’accueil qui ne sont pas considérés comme adoptables, dès lors que les parents naturels manifestent un lien au moins une fois par an (envoient une carte postale, etc). Ces enfants vivent dans des conditions difficiles : transportés de famille en famille. L'invitée est cette fois Simone Veil, ministre de la santé. La première partie de l'émission est à nouveau un documentaire de Jean-François Delassus sur le sujet. Ce film est suivi d'un débat entre Simone Veil, Brigitte Bardot et Jean Nainchrik.

Après l’émission, Simone Veil a créé le Conseil Supérieur de l’Adoption et fait revoir les conditions d’accueil et d’adoption des enfants placés.

Fin d’Au Pied du mur :

Une troisième émission, consacrée à la formation des policiers, était envisagée. Brigitte Bardot renonça à poursuivre l'émission et Jean Nainchrik proposa alors à l'acteur Michel Piccoli de présenter à ses côtés. Michel Poniatowski, alors ministre de l'Intérieur, devait être l'invité de cette émission. Mais le projet fut finalement abandonné après l'intervention du Premier ministre Jacques Chirac, qui aurait estimé que les décisions gouvernementales devaient être prises en Conseil des ministres et non dans l'émission. Au pied du mur s'arrêta alors.

Cinéart et le métier d’agent artistique Jean Nainchrik rencontre Gilles Behat et voit son premier film Haro !, dans lequel Laurent Malet, 18 ans, tient le rôle principal. A l’issu de la projection, Jean Nainchrik faire part de son enthousiasme et propose de trouver un distributeur pour sortir le film en salles. Ce sera Valoria Films. Les comédiens et le réalisateur ont alors demandé à Jean Nainchrik de devenir leur agent.

Il crée l’agence artistique Cinéart en 1976 et devient l’agent de nombreux acteurs, comédiens, réalisateurs et scénaristes pour la télévision, le cinéma et le théâtre.

Parmi ceux-ci figurent notamment Annie Girardot, Michel Serrault, Jean Marais, Claude Chabrol, Michel Blanc, Richard Berry, Laurent Malet, Didier Decoin, etc...

Dans le cadre de son métier d'agent, Jean Nainchrik a proposé le roman A table de John Wainwright à Alexandre Mnouchkine (Ariane Films) qui produit son adaptation pour le cinéma : Garde à vue, confiant l’écriture à Michel Audiard et la réalisation à Claude Miller.

La relation professionnelle entre Jean Nainchrik et Annie Girardot occupe une grande place dans son métier d’agent. Au-delà de leur relation professionnelle, une relation de confiance et d’amitié se noue entre l’actrice et son agent.

Jean Nainchrik reste l’un des témoins de cette période de la vie et de la carrière d’Annie Girardot, qu’il considère comme la plus grande comédienne française "capable de vous tirer aussi bien des rires que des larmes."

Il participe notamment au documentaire Annie Girardot, selon son cœur, réalisé par Frédéric Zamochnikoff, dans lequel il évoque la personnalité de la comédienne, sa carrière et les difficultés qu’elle a rencontrées.

À l’occasion de la diffusion du documentaire, Jean Nainchrik revient également dans un entretien accordé à Télérama sur les années durant lesquelles il fut son agent et sur la relation étroite et amicale qui les unissait.

Jean Nainchrik n’était plus agent lorsqu’Annie Girardot, atteinte de la maladie d’Alzheimer, a reçu le César du meilleur second rôle en 1996 où elle a ému, la France entière. Jean était furieux que l’on ose donner un César du meilleur second rôle à celle qui a déjà été reçu le César de la meilleure actrice. Il aurait été normal de lui attribuer un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.

Septembre productions

La production de films et téléfilms Après 14 ans d’exercice d’agent artistique, Jean Nainchrik décide de se consacrer à la production cinématographique et télévisuelle.

En 1982, il fonde Septembre Productions. Sa première production de long métrage est Je hais les acteurs, réalisé par Gérard Krawczyk et sorti en 1986, distribué par Gaumont.

Au cours des décennies suivantes, il produit de très nombreux films, téléfilms, mini-séries et séries. Au total : environ 160 films produits/coproduits.

La Grande Collection En 1990, Jean Nainchrik développe un projet dense : La Grande Collection. Il s’agit de nouvelles adaptations de grandes œuvres littéraires (ayant déjà donné naissance à des films cinéma).

La Grande Collection comprend vingt-quatre téléfilms de 90 minutes dont :

Le Diable au corps (1990) de Gérard Vergez La Femme et le Pantin (1990) de Mario Camus Léon Morin, prêtre (1991) de Pierre Boutron Les Disparus de Saint-Agil (1991) de Jean-Louis Benoît La Fièvre Monte à El Pao (1991) de Manuel Matji Monsieur Ripois (1992) de Luc Beraud Le Bal (1993) de Jean-Louis Benoît Senso (1993) de Gérard Vergez Goupi-Mains Rouges (1994) de Claude Goretta Avanti (1994) de Jacques Besnard Le Feu follet (1994) de Gérard Vergez Jules et Jim (1995) – Jeanne Labrune L’Incompris (1997) de Pierre Gang Madame de… (2001) – Jean-Daniel Verhaeghe

Productions historique et littéraires Jean Nainchrik produit par la suite de nombreuses œuvres inspirées de personnages historiques tel que L’Homme aux semelles de vent .