Watermarks – Trois lettres de Chine (titre original : Watermarks – Three Letters from China) est un film documentaire suisse réalisé par Luc Schaedler et sorti en 2013. En trois volets, il fait le portrait d'habitants de trois régions de la Chine confrontés aux bouleversements économiques et sociaux du pays ; l'eau y sert de fil conducteur..

Synopsis Le film se compose de trois « lettres », introduites par des intertitres qui évoquent un présent « incertain », un passé « inassimilé » et un avenir « chancelant »..

La première se déroule dans le xian de Minqin, dans la province du Gansu, une région frappée par la sécheresse et la désertification. Un vieux couple de paysans vit seul dans un village abandonné. Leur fils travaille dans une mine de charbon en Mongolie-Intérieure, à quelque 600 kilomètres de là ; il voudrait revenir auprès de ses parents, tandis que sa femme préfère la vie en ville..

La deuxième lettre conduit dans un village de rizières de la province montagneuse du Guangxi. Le descendant d'une ancienne famille de lettrés et un ancien cadre du Parti évoquent les violences des gardes rouges pendant la Révolution culturelle, dont les blessures ne sont toujours pas refermées un demi-siècle plus tard..

La troisième se déroule à Chongqing, au bord du Yangtsé. Elle suit Chen Chaomei, une jeune femme adoptée par un couple de pêcheurs qui vit sur un bateau ; ses parents avaient été sanctionnés pour avoir enfreint la politique de l'enfant unique. Un militant écologiste âgé y prend également la parole.

Contexte et réalisation Après Made in Hong Kong (1997) et Angry Monk (2005), Watermarks – Trois lettres de Chine est le troisième film de Luc Schaedler consacré à l'aire culturelle chinoise.

Au départ, Luc Schaedler voulait faire un film sur la crise de l'eau en Chine. Au fil des entretiens, les protagonistes ont toutefois saisi l'occasion de parler de sujets qui leur tenaient davantage à cœur ; l'idée initiale n'est alors restée qu'« en filigrane », et le projet n'a trouvé sa forme définitive qu'au montage. Le réalisateur dit avoir voulu « donner la parole aux 700 millions de Chinois » qui ne l'ont pas.

Les entretiens ont été menés par le sinologue Markus Schiesser, installé en Chine au début des années 2000, tandis que Schaedler assurait la réalisation technique et l'image. Le tournage s'est fait sans démarches auprès des autorités, avec un simple visa de tourisme. Le montage est signé Martin Witz ; le film est produit par go between films et la télévision suisse alémanique SRF..

Sortie et festivals Le film est présenté en première mondiale en août 2013 dans la section Semaine de la critique du Festival international du film de Locarno. Il sort le en Suisse alémanique et le en Suisse romande.. Il est ensuite montré notamment aux Journées de Soleure, au Festival du film et forum international sur les droits humains de Genève., au Festival international du film de San Francisco, au Festival international du film documentaire de Munich et au festival Planete+ Doc de Varsovie (tous en 2014).

Distinctions

2013 : nomination pour le prix de la Semaine de la critique au Festival de Locarno. 2014 : nomination pour le Golden Gate Award du meilleur long métrage documentaire au Festival international du film de San Francisco 2014 : prix du meilleur documentaire au Silk Road Film Festival de Dublin 2014 : prix aux TRT Documentary Awards d'Istanbul

Accueil critique En Suisse romande, le film a été reçu en regard du film chinois à sketches A Touch of Sin de Jia Zhangke, sorti peu auparavant, dont il constitue pour le critique de cinéma Mathieu Loewer une « sorte de pendant documentaire ». Il estime que peu de films sur la Chine contemporaine « se révèlent aussi saisissants » et salue le choix des protagonistes et la qualité de leurs témoignages : « jamais les langues ne se sont pareillement déliées devant une caméra étrangère ». Dans Le Temps, Norbert Creutz juge le film « plus remarquable par la qualité des témoignages recueillis et leur organisation que par le pur visuel », mais y voit bien plus qu'un reportage télévisuel : un film « dont on mesurera sans doute tout l'intérêt dans quelques décennies ».. Pour Christian Bernard (Scènes magazine), le film est une « nouvelle preuve de la vitalité et de la qualité du cinéma documentaire d'Outre-Sarine » et se révèle « plus instructif que bien des fictions ».

En Suisse alémanique, Till Brockmann souligne dans la Neue Zürcher Zeitung que le film ne cherche pas à « expliquer » la Chine et évite l'exotisme journalistique.. Doris Senn (Filmbulletin) trouve la construction parfois un peu conceptuelle et fragmentaire, mais estime que le film parvient à rendre les grands bouleversements de la Chine à travers des destins individuels.

Fiche technique

Titre français : Watermarks – Trois lettres de Chine Titre original : Watermarks – Three Letters from China Réalisation et scénario : Luc Schaedler Entretiens et son : Markus Schiesser Image : Luc Schaedler, Aiguo Liu Montage : Martin Witz Son : Roland Widmer, Dieter Lengacher Production : Luc Schaedler, Josy Meier Sociétés de production : go between films, SRF Pays : Langue : chinois Durée : 80 minutes Sortie : 2013

Notes et références

Liens externes

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