Joseph Mbeka Makosso, né le à Kangu (Mayumbe, Congo belge) et mort le ., est un économiste, homme politique et diplomate congolais. Il a notamment été commissaire général au Plan et à la Coordination économique (1960-1961), chef de la partie congolaise de la commission mixte sur le contentieux belgo-congolais (1963-1964), premier directeur de cabinet du président Mobutu (1965-1966), ministre de l'Économie nationale (1970-1972), puis ambassadeur en France, Allemagne, aux États-Unis, en Iran et au Canada.

Biographie

Formation Né le 12 mai 1932 à Kangu, dans le Mayumbe (actuelle province du Kongo-Central)., Joseph Mbeka effectue des humanités anciennes puis obtient une licence en sciences économiques à l'université Lovanium en 1958-1959, parmi les premiers diplômés de cette discipline dans cette universitéUniversité Lovanium de Kinshasa, Liste des diplômés, édition 1970, « Licence en sciences économiques ».Pierre Artigue, Qui sont les leaders congolais ?, Bruxelles, Éditions Europe-Afrique, 1961, .. Il effectue ensuite un stage à l'Institut national de la statistique et des études économiques, à Paris, puis devient inspecteur des Affaires économiques dans l'administration coloniale belge.

Indépendance et Collège des commissaires (1960-1961) En avril-mai 1960, il est membre du groupe de travail de la Conférence belgo-congolaise sur les problèmes économiques, financiers et sociaux (Table ronde économique), à Bruxelles. Chef de cabinet du ministre de la Coordination et du Plan dans le gouvernement Lumumba, il accompagne le Premier ministre Patrice Lumumba aux États-Unis et au Canada en juillet-août 1960. À son retour, il rédige un rapport défavorable au contrat conclu avec la société CIMCO.

De septembre 1960 à février 1961, il est commissaire général aux Affaires économiques et au Plan au sein du Collège des commissaires généraux, le gouvernement de jeunes universitaires mis en place par Mobutu lors de la crise congolaise, après la rupture entre Kasa-Vubu et LumumbaJean Omasombo Tshonda, « Affaire Lumumba : Organisation et fonctionnement du Collège des commissaires généraux, 20 septembre 1960 – 9 février 1961 ».. Selon une note biographique de la Banque mondiale, il a également eu la charge des Mines durant cette période. Sur les 45 réunions du Collège dont les procès-verbaux ont été conservés, il en préside deux, en l'absence du président Justin Bomboko et du vice-président Albert Ndele. En novembre 1960, il représente le Congo au Conseil international de l'étain à Londres et prend contact à Bruxelles avec la Communauté économique européenne et les dirigeants belges au sujet du projet d'Inga. Le , sur sa proposition, le président Joseph Kasa-Vubu crée par ordonnance un poste de Haut-Commissaire chargé des questions d'Inga ; l'ordonnance est contresignée par MbekaMoniteur congolais, , 9 mars 1961, : ordonnance du 1 février 1961..

En 1961, il est secrétaire général du ministère des Affaires économiques, chef de cabinet du ministre des Finances dans le deuxième gouvernement Iléo, puis porte-parole officiel de la conférence de Coquilhatville (avril-mai 1961), où il préside la commission des problèmes économiques, financiers et monétaires. En juillet 1961, il est nommé chef de la délégation permanente congolaise auprès de la Communauté économique européenne, poste qu'il occupe jusqu'en septembre 1965.

Nations unies (1962) En 1962, il conduit la délégation congolaise à New York.. Le , il intervient devant l'Assemblée générale des Nations unies sur la situation en Angola, où il dénonce la politique coloniale du PortugalNations unies, Assemblée générale, session, séance plénière, 29 janvier 1962 (A/PV.1101).. Le , devant la Quatrième Commission, il intervient sur l'avenir du Ruanda-Urundi et demande que la date de l'indépendance du territoire soit fixée sans réserveNations unies, Assemblée générale, Quatrième Commission, séance, 21 février 1962 (A/C.4/SR.1299)..

Contentieux belgo-congolais (1963-1966) À partir de 1963, il dirige la partie congolaise de la commission mixte d'experts chargée du contentieux financier entre la Belgique et le Congo, face à la délégation belge conduite par Oleffe, directeur à la Commission bancaire.. Cette commission est connue sous le nom de « Commission Oleffe-Mbeka ».. Les négociations aboutissent aux accords Adoula-Spaak, paraphés à Léopoldville le . Avec l'arrivée de Moïse Tshombe à la tête du gouvernement en juillet 1964, l'équipe qui avait conduit jusque-là le contentieux belgo-congolais, notamment autour de Joseph Mbeka, perd la maîtrise directe de la négociation finale. Le dossier est repris au niveau du gouvernement Tshombe, qui conduit la dernière phase des discussions à Bruxelles et signe avec Paul-Henri Spaak les conventions de février 1965.

Présidence Mobutu et ambassade à Paris (1965-1969) Après la prise du pouvoir de Mobutu en novembre 1965, il devient en décembre 1965 le premier directeur de cabinet de la présidence, chargé principalement des affaires économiques.. En 1966, Mobutu rouvre le contentieux belgo-congolais, estimant que plusieurs questions restaient pendantes après les conventions conclues sous Tshombe, notamment le portefeuille de l'État, les compagnies à charte et les droits miniers. En mai 1966, Mbeka, désormais directeur de cabinet du président, fait partie des experts de la délégation congolaise qui reprend les discussions à Bruxelles. En juillet 1966, il est nommé ambassadeur en France, poste qu'il quitte en mars 1969. En décembre 1966, il déclare à l'Agence France-Presse que la « congolisation » de l'Union minière du Haut-Katanga constitue l'étape la plus importante de la décolonisation économique de l'Afrique depuis l'affaire de Suez.. En 1967, il signe ès qualités, au nom de la république démocratique du Congo, l'acte d'acquisition de l'immeuble du 32, cours Albert-, à Paris, destiné à l'installation de l'ambassade, pour un prix de six millions de francsActe de vente entre la Société immobilière ESS et la république démocratique du Congo, reçu par Jérôme Gastaldi et Maurice Letulle, notaires à Paris, 1967, ..

Au gouvernement (1969-1972) En mars 1969, il quitte l'ambassade de Paris pour devenir vice-ministre des Finances, chargé du Budget. En septembre 1970, il est nommé vice-ministre de l'Économie nationale, puis devient ministre de l'Économie nationale en novembre 1970. À ce poste, il cosigne avec le ministre des Finances de nombreux arrêtés d'agrément de projets d'investissement au titre du Code des investissements de 1969, assortis d'engagements en matière d'emploi et de formation de cadres congolaisMoniteur congolais, , 10, 13, 14, 16, 17, 18 et 19 de 1971 (arrêtés interministériels du ministère de l'Économie nationale et du ministère des Finances).. Lors du remaniement de février 1972, il perd son portefeuille, officiellement « pour assumer d'autres fonctions importantes ».

Carrière diplomatique (1972-1978) En octobre 1972, il est nommé ambassadeur en République fédérale d'Allemagne. Nommé ambassadeur aux États-Unis le , il présente ses lettres de créance au président Richard Nixon le . En août 1974, il participe en tant qu'ambassadeur à une rencontre entre le secrétaire d'État Henry Kissinger et le commissaire d'État zaïrois aux Affaires étrangèresForeign Relations of the United States, 1969–1976, vol. E-6, document 263, 12 août 1974.. Il est ensuite nommé ambassadeur en Iran en 1975, poste qu'il occupe jusqu'en 1978..

Opposition et retour (1978-1993) En 1978, il démissionne de son poste d'ambassadeur en Iran parce qu'il désapprouve la politique de son gouvernement, et s'exile en Belgique. La même année, il prend la tête du Mouvement national pour l'union et la réconciliation au Zaïre (MNUR), formé par divers groupes d'opposition. Le , l'ancien ministre Bernardin Mungul Diaka annonce à Bruxelles l'alliance du MNUR avec trois autres mouvements d'opposition en exil, le Front national de libération du Congo (FNLC), le Parti révolutionnaire du peuple (PRP) et le Parti socialiste congolais (PSC), au sein du Conseil pour la libération du Congo-Kinshasa. Cette alliance, qui vise le rétablissement de la démocratie et des droits fondamentaux au Zaïre, est annoncée à l'occasion du vingtième anniversaire de l'indépendance. En juin 1983, après l'amnistie décrétée par Mobutu, il annonce à Bruxelles son retour au Zaïre avec Jean Tshombe, fils de Moïse Tshombe.. Le , il est nommé ambassadeur du Zaïre au Canada ; à ce titre, il effectue du 31 octobre au 2 novembre 1988 une visite au Québec, organisée par le Protocole du gouvernement québécois.. Selon sa famille, il quitte ce poste après les événements survenus à l'université de Lubumbashi en mai 1990 et demande à ne plus exercer de fonction officielle. Il meurt le .

Profil et vie privée En 1974, une note biographique de la Banque mondiale le décrit comme un homme aux vues conservatrices et à la philosophie économique orthodoxe, ainsi que comme un négociateur habile.

Il est le père de la réalisatrice Monique Mbeka Phoba. et de Joëlle Mbeka Mbumba, fondatrice en 2015 de la Fondation Mbeka Makosso Joseph, une ONG de formation agricole active à Boma..

Publication Aspects et perspectives du développement de l'économie congolaise, 1971.

Distinctions Commandeur de l'Ordre national du Léopard (Zaïre) Commandeur de l'Ordre national de Côte d'Ivoire

Liens externes

Voir aussi Collège des commissaires généraux Gouvernement Lumumba Ambassade de la république démocratique du Congo en France Relations entre la Belgique et la république démocratique du Congo

Notes et références

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