Jean-Marc Nattier, né le à Paris où il est mort le , est un peintre français.

Biographie Fils du portraitiste Marc Nattier et de la miniaturiste Marie Courtois, et frère du peintre Jean-Baptiste Nattier, Jean-Marc Nattier eut un talent précoce : à quinze ans il remporta le premier prix de dessin de l’Académie.

Jouvenet, son parrain, sollicita pour lui une place vacante à l’Académie de France à Rome, mais le jeune lauréat préféra rester à Paris et user de la permission qu’il avait obtenue de dessiner, pour les faire graver, les tableaux de la galerie de Rubens au Luxembourg Ces dessins furent achetés par Law en , pour le prix de livres. Pendant quelques années, on ne sut ce qu’ils étaient devenus lorsqu’ils reparurent à la vente du cabinet Gaignat. Les planches des gravures qui en ont été faites se retrouvèrent à la chalcographie du Louvre. commandés par Marie de Médicis. La célébrité lui fut prédite par , qui lui dit, en voyant quelques-uns de ses dessins : .

En , il fut reçu membre agréé de l’Académie. Deux ans plus tard, cédant aux instances de l’envoyé de à Paris, il consentit à se rendre à Amsterdam, d’où il devait passer en Russie à la suite du tsar. Mais, après avoir fait le portrait de l'épouse secrète de Pierre le Grand (depuis 1707), devenue son épouse officielle en 1712, la future impératrice (), et un tableau représentant la bataille de Poltava, il revint sur sa détermination première, et étant revenu à Paris ne put se décider à quitter son pays. Pour autant, lorsque vint visiter la France en 1717, il se fit peindre un portrait par Nattier.

Il est élu membre de l’Académie le , sur la présentation d’un tableau de Phinée et ses compagnons pétrifiés par la tête de Méduse (musée de Tours).

Il épouse le , à l'église Saint-Roch, Marie Madeleine de la RochePhilippe Renard, Jean-Marc Nattier (1685-1766), un artiste parisien à la cour de Louis XV, Saint-Rémy-en-l'Eau, Monelle Hayot, 1999, p. 48. avec qui il aura un fils, Jean Marc Nattier (1734-1754) et trois filles: Marie Pauline Catherine Nattier (1725-1775) qui épouse en 1747 le peintre Louis Tocqué Charlotte Claudine Nattier (1730–1779) mariée en 1754 avec François Philippe Brochier, secrétaire d’ambassade puis consul Madeleine Sophie Nattier mariée 1° en 1763 avec le peintre Charles-Michel-Ange Challe (1718-1778); 2° en 1798 avec Jean Guillaume Bertrand, veuf de Catherine Silvie vignette|gauche|Marie-Thérèse de La Ferté-Imbault (1740). Musée d'Art Fuji de Tokyo. Nattier avait partagé l’engouement presque général pour le système de Law. La déconfiture de la banque et la perte d’un procès de famille assez important le laissèrent sans autres ressources que celles qu’il pouvait tirer de son talent. À partir de ce moment, Nattier se met à peindre plus particulièrement des portraitsIl se destinait tout d’abord à la peinture d’histoire., et se fait promptement une grande réputation en ce genre.

Le , il est nommé professeur. Mélangeant réalisme et fantaisies en insérant des personnages mythologiques dans ses œuvres, il expose aux différents salons de à et figure aujourd’hui comme l’un des plus grands portraitistes du .

Le chevalier d’Orléans, grand prieur de France, le charge d’achever la décoration, commencée par Raoux, d’une des galeries de son hôtel, et lui donne un logement au Temple.

Portraitiste officiel de la famille d’Orléans puis de la cour de en , il peint tous les personnages marquants de son temps, et parmi eux le maréchal de Saxe (musée de Dresde), l’impératrice Marie-Thérèse (musée de Bruxelles), la reine Marie Leszczyńska ; mesdames Henriette et Adélaïde, filles du roi, qui figurèrent au salon de 1758 et sont au musée de Versailles ; le Dauphin ; la Dauphine ; mesdemoiselles de Beaujolais, de Chartres, de Clermont ; etc.

À la mort du chevalier d’Orléans, grand prieur de France, en 1748, le prince de Conti fait vendre au profit de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem tous les tableaux et autres objets lui ayant appartenu. Nattier, touché de voir vendre, sous ses yeux et à l’encan, des tableaux qui lui avaient coûté des soins et des travaux infinis, y met l’enchère, et les rachète.

Autant le début de sa carrière avait été brillant, autant les dernières années de Nattier sont remplies de chagrin.

Aux chagrins qu’il ressent de l’abandon du public et de ses anciens protecteurs vient se joindre une douleur plus grande encore. Nattier avait envoyé en Italie son fils, qui lui donnait les plus grandes espérances, pour y achever ses études de peinture. Six mois après son arrivée à Rome, le jeune homme se noie en se baignant dans le Tibre.

À la fin de sa vie, Nattier est réduit à un état voisin de la misère après avoir échoué à obtenir une pension, qu’il avait sollicitée le , ressentant les premières atteintes d'un mal qui devait le retenir au lit pendant les quatre dernières années de sa vie. Vieux, pauvre et malade, Nattier est recueilli par son gendre, le peintre Charles-Michel-Ange Challe chez lequel il meurt en , âgé de .

Jean-Marc Nattier a donné son nom à une nuance de bleu dite bleu Nattier, qui est intermédiaire entre le bleu roi et le bleu marinehttps://pourpre.com/fr/dictionnaire/file/Nattier et https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9N0124.

Galerie

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Philippe Renard, Jean-Marc Nattier (1685-1766), un artiste parisien à la cour de Louis XV, Saint-Rémy-en-l'Eau, Monelle Hayot, 1999.

Pierre de Nolhac, Nattier, peintre de la Cour de Louis XV, Paris, éd. Henri Floury, 1925, 289 p. Le nécrologe des hommes célèbres de France, par une société de gens de lettres. Année 1768, , J. E. Dufour imprimeur & libraire, Maestricht, 1775 (lire en ligne). Ferdinand Hoefer, Nouvelle Biographie générale, t. 37, Paris, Firmin-Didot, 1863, 507-8.

Articles connexes Liste des peintures de Jean-Marc Nattier :Catégorie:Tableau de Jean-Marc Nattier

Liens externes

Jean-Marc Nattier dans la base joconde.

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