Gianfrancesco Albani, né le à Urbino dans les Marches et décédé le à Rome, est le évêque de Rome, et donc pape de l’Église catholique qu'il gouverne de 1700 à sa mort en 1721, sous le nom de (en latin , en italien ).

Biographie Origines familiales D'origine albanaise, de Laç de Kurbini, son ancêtre, Michel Laçi, quitta l'Albanie avec ses deux fils, Georges et Philippe (combattants avec Skanderbeg) à cause des Turcs. Il s'installa à Urbino, en Italie, où il prit le nom d'Albani. Georges eut deux fils, Altobelli et Hannibal. Altobelli eut aussi deux fils, Horace et Charles. Horace s'installa à Rome, où il fut nommé sénateur par le pape Urbain . Charles était le père de Gianfrancesco.

Une autre branche de la famille Albani s'installa à Bergame, se distinguant avec Gian Girolamo Albani (1504-1591), chanoine, auteur d'ouvrages importants, qui devint cardinal en 1570.

nomma cardinal son neveu Hannibal (1682-1751).

Carrière ecclésiastique Gianfrancesco Albani entre à au Collège romain, tenu par les jésuites. Avec comme précepteur particulier le père Pierre Poussines, il y fait de brillantes études et est remarqué par la reine de Suède alors en exil à Rome. À , il est nommé gouverneur de Rieti. Il a ensuite la responsabilité des diocèses de Sabina et Orvieto. Rappelé à Rome, il est nommé vicaire de Saint-Pierre de Rome, puis secrétaire des brefs pontificaux. En 1690, il reçoit le Galero de cardinal au titre cardinalice de Santa Maria in Aquiro, bien qu'il ne soit pas encore prêtre.

Pontificat vignette|Médaille ou pièce à l'effigie de .|gauche En 1700, à la mort d', le conclave s'apprêtait à élire le cardinal Galeazzo Marescotti mais la France y met son veto. Les cardinaux se tournent alors vers le cardinal Albani, diplomate qui n'a pourtant que 51 ans. Ordonné prêtre vingt-quatre heures avant son élection, il est immédiatement consacré évêque.

À peine élu, le nouveau souverain pontife doit faire face à la guerre de Succession d'Espagne : est en effet mort durant le conclave. Il prend d'abord parti, en 1701, pour et la France. Néanmoins, cela lui vaut l'hostilité autrichienne et le problème de l'investiture du royaume de Naples et de Sicile lui vaut également le mécontentement de . Les revers des troupes franco-espagnoles face à l'Empire laissent à découvert les États pontificaux. Le prince Eugène de Savoie-Carignan y fait entrer ses troupes. doit se résigner à reconnaître Charles III en 1709 . Enfin, de nouveaux coups de théâtre surviennent : les Français reprennent le dessus, meurt en 1711 et Charles quitte l'Espagne après son élection au trône impérial. , furieux, refuse la médiation de et la papauté est représentée seulement par un observateur au traité de Rastatt après laquelle elle mit un certain temps à se remettre de la victoire Française. vignette|Théâtre dressé dans l'église Saint-Pierre pour la canonisation de quelques saints sous le pontificat de Clément XI (1712). Dans le domaine de la doctrine catholique, il émit les bulles Vineam Domini (1705) et Unigenitus (1713) contre le jansénisme. Il fit de la fête de la conception de la Vierge Marie une fête d'obligation et canonisa entre autres . Une petite phrase marque un grand tournant dans la vie religieuse féminine : .

Dans une lettre du , le pape institue comme droit canonique à Rome l'Académie pontificale de théologie, qu'il combla de privilèges, pour que ce lieu d'études soit, selon les mots de , Site du Vatican..

Concernant son origine, il considérait l'Albanie comme sa patrie. Il fait part d'un intérêt pour ses compatriotes, accordant deux bourses d'études à des Albanais pour le collège de la Propaganda Fide en 1708, et une troisième avec une somme de . Il a envoyé en Albanie les Franciscains qui ouvrent des écoles à partir de 1711, où on enseigne la langue albanaise. Il organise un synode à Merqine de Lezhe, pour faire face à l'islamisation du pays. Les origines albanaises du Pape jouèrent un rôle dans les hostilités contre les Turcs. Il devint le promoteur de la Ligue européenne qui conduisit à deux défaites sanglantes des Turcs, à Petrovaradin et à Belgrade, par le prince Eugène de Savoie.

Il meurt le . Son successeur est .

La famille Albani s'éteint en 1852, avec le prince don Philippe, dernier fils d'.

et la bulle Unigenitus On lit chez ChamfortChamfort, Maximes et Pensées – Caractères et Anecdotes, coll. « Folio », , Paris, Gallimard, 1982, 345., lequel semble l'avoir tiré de Saint-SimonSaint-Simon, Mémoires, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », Paris, Gallimard, 1985, V, 688 , et de 689. ou d'une source connexe :

La bulle Unigenitus, dite aussi Constitution, condamnait cent une propositions jansénistes extraites du livre du père Pasquier Quesnel, Réflexions morales sur le Nouveau Testament..

Notes et références

Articles connexes Histoire de la papauté

Voir aussi

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