Citrus reticulata subsp. unshiu (anciennement Citrus unshiu Marcovitch), le mandarinier satsuma, satsuma également nommé Mandarine de Canton, mikan, est un agrume japonais résistant au froid et à fruits précoces.

Il constitue un sous-groupe naturel de mandarine génétiquement différent aux côtés de la mandarine commune (C. reticulata Blanco), la clémentine (C. clementina Hort. ex. Tan), la mandarine méditerranéenne (C. deliciosa Tenore), la mandarine royale (C. nobilis Loureiro) et les hybrides de mandarine (tangor et tangelo). Le mandarinier satsuma est différent du ponkan (Citrus tangerina Tanaka) plus tardif, fréquent en Chine et également produit au Japon (cultivars Ota, Morita, Yoshida, et Imazu).

Dénomination Les mandarines douces et généralement sans pépins ou sont populaires au Japon sous le nom de , mandarine Wenzhou depuis l'ère Meiji. Une tradition voudrait que c'est depuis la ville de Wenzhou, dans la province chinoise du Zhejiang qu'elle est arrivée au Japon via Kagoshima, de là elle aurait gagné la préfecture d'Ehime en 1794, introduite par M. Jiro Kagayama à Tosa, plus tard encore, en 1895 à Nishiuwa..

Paul Peillot (1890) note l'incertitude sur cette origine : « Tsuboi Kumazo ( Actes du XIIe Congr. intern. des Orientalistes, Rome 1899) pense que les oranges de 雲州 Unshü sont des oranges de Wentcheou en Chine; le Dictionnaire japonais-français de Lemaréchal voudrait au contraire que les unshü-mikan fussent des oranges de la province japonaise d’Izumo; je ne sais qui a raison ».

Mikan était utilisé en français au , de nos jours on parle de mandarine satsuma ou satsuma en français, satsuma mandarin ou satsuma orange en anglais. Ce serait l'épouse d'un membre du personnel de l'ambassade américaine qui aurait introduit sous l'ère Meiji aux USA des mandariniers achetés dans la province de Satsuma (préfecture de Kagoshima), nom qu'ils ont conservé.

Le taxonomiste Swingle la classe C. reticulata Blanco et Tanaka C. unshiu Marcov. centré|vignette|Mandarines satsuma

Genre Mikan a le genre féminin. ou masculin en français selon les sources. Le masculin a l'antériorité et domine les usages écrits. La Société d'acclimatation (1880) écrit « Le Mikan (Citrus margarita) ou Oranger, dont le fruit est une mandarine de grosseur ordinaire, mais de qualité inférieure, analogue à celle du Fokien (Chine) »., la Mission du Ministère de l'agriculture français à travers le Japon (1891) de même « Parmi les quarante espèces ou variétés qu’ils produisent, je citerai le Mikan (Citrus nobilis) ou mandarine, le fruit le plus savoureux du pays ». Joseph Dautremer (2023. L'empire japonais et sa vie économique) emploie toujours le masculin. La mikan apparait en 1933 dans La Vie Agricole de la Dépêche Algérienne..

De même un satsuma. ou une satsuma se rencontrent.

Phylogénie vignette|Modèle d'origine de la mandarine Satsuma. La probabilité de coïncidence correspond à la probabilité qu'un paysage génomique corresponde aux relations génétiques entre les parents et les hybrides. Shimizu et al. (2016) écrivent sur la base d'une approche génétique statistique des marqueurs ADN que satsuma est une progéniture rétrocroisée (BC 1) de la variété de mandarine Kishu (C. kinokuni hort. ex Tanaka) pour parent de la graine et de kunenbo-A (C. nobilis Lour. var. kunep Tanaka) en tant que pollinisateur. Leur analyse de filiation a identifié Yatsushiro (C. yatsushiro hort ex. Tanaka.) comme une progéniture des mêmes parents (Kishu x kunenbo-A) avec une combinaison croisée opposée. Satsuma et Yatsushiro sont donc dans ces populations frères et sœurs. Cette analyse met fin à diverses hypothèses qui donnaient les satsuma proche du chinois Tsaokieh (Citrus succosa Hoet.), Mankieh (Citrus tardirefax Host.) et Pentitsao (Citrus succosa Host.).

En 2025, Shengjun Liu et al. séquencent 15 agrumes du Zhejiang, 33 Satsuma et hybrides, 17 mandariniers modernes avec analyse génomique à haute résolution. Satsuma apparait un croisement entre C. reticulata 'Ruju' (parent femelle) et  C. reticulata 'Bendiguang' (fécondateur) qui aurait eu lieu à l'est de la province du Zhejiang en Chine. Ces géniteurs ont pour probabilité .

Descendance Les satsuma sont les géniteurs de nombreux agrumes japonais dont le kabosu., Harehime, Tsunokaori, les mandarines Hayaka (Satsuma x Ponkan), Kara (Satsuma x King) et Saga (Satsuma x Fairchild), les tangors Kiyomi et Aki (Satsuma x orange douce). En Europe, Carvalhal est un hybride précoce portugais qui a donné Bellezza mandarine obtenue en Italie Camille Jaquemond et al. (2013) écrivent que l'absence de pépins incite à utiliser les satsuma dans les programmes de création variétale. Par exemple le tangor Murcott stérile (sans pépins) possède les mitochondries des satsuma.

Histoire

Sa diffusion de Chine au Japon serait contemporaine des échanges culturels et commerciaux de la dynastie Tang et au-delà. Traditionnellement la satsuman nommée mandarine de Wenzhou au Japonn avait pour origine la préfecture de Wenzhou et est attestée sous la dynastie des Song du Sud. Il est probable que les premières cultures au Japon se sont faites à Kagoshima (en 1709, Kaibara y décrit des 'Unshukitsu' = satsuma). Il aurait existé des mandariniers vieux de 860 ans (en 2021) à Ōita, ils dateraient donc du XIIe siècle.

En 1923 Tanaka en fait l'éloge : « La taille d'un fruit moyen est nettement plus grande que celle de la mandarine commune méditerranéenne et la pulpe est beaucoup plus sucrée et plus parfumée. La plante est très rustique et résistante à diverses maladies, notamment au chancre des agrumes. Il est prolifique et ses exigences culturelles sont moins grandes. Depuis sa première apparition dans la culture commerciale, tous les producteurs japonais ont abandonné la plantation de la mandarine, car Satsuma s'est révélée supérieure à tous égards. Elle commence à fructifier très tôt, que le fruit mûrit au début de l'automne, alors qu'aucun autre agrume ne se trouve sur le marché, et que le fruit se conserve longtemps facilement ». vignette|facile à peler Les satsumas sont précoces et productifs ; les premiers fruits (cultivars Hashimoto et Miyamoto au Japon) sont récoltés de début septembre à décembre dans l'hémisphère nord, d'avril à mai dans l'hémisphère sud., autrement dit 2 mois avant les mandarines méditerranéennes ou les ponkan. C'est pourquoi la grande culture des satsumas a rapidement gagné la Californie, la Floride, le Brésil, l'Espagne, l'Italie et le Maroc. Dans ces pays, elles sont récoltées vertes puisque les températures sont encore douce, puis traitées (déverdissement), généralement par le froid ou par l'éthylène, pour rendre la couleur du péricarpe orange, comme l'exigent les consommateurs occidentaux.. En Asie, les fruits murs sont souvent vendus verts, ou verts avec la base orange (la maturité de la pulpe est indépendante de celle du péricarpe chez les agrumes). Leur consommation est précédé d'une semaine au moins de repos après la récolte, en général à , repos qui donne un fruit plus équilibré, il a été observé (2012) que la teneur en 11 acides aminés (phénylalanine, tryptophane, tyrosine, isoleucine, leucine, valine, thréonine, lysine, méthionine, histidine et acide γ-aminobutyrique) augmente entre . De plus à la teneur en caroténoïdes du flavedo augmente sans affecter celle des sacs de jus.

Après avoir connu une importante diffusion chez les producteurs occidentaux (37% de l'offre méditerranéenne en 1970) les satsuma ont progressivement disparu des cultures (10% de l'offre en 2010). Clauselina, obtention espagnole, Owari et Okitsu étaient encore les premières mandarines de la saison en 2002. En 2012 Iwasaki, Clauselina et Okitsu sont talonnées par Marisol. Les obtentions de mandarines méditerranéennes hâtives Oroval, Marisol, puis Oronules et Clemenrubi les ont remplacées. Le calendrier de récolte des variétés espagnoles donné par IVIA ne maintient plus qu'Iwasaki en mandarine de septembre, elle est suivie par les nouvelles Basol, Clemensoon, Clemenclara, Clemenrubi. Camille Jaquemond et al. (2013) attribuent leur disparition en Europe et en Afrique du Nord à leur saveur douceâtre et à leur couleur pâle.

Au Japon la production de satsuma s'est également effondrée, de en 1970, elle est tombée à moins d'un million de t.

Description vignette|satsumas sur l'arbre L'arbre est petit à moyen, avec une canopée basse, généralement étalée et tombante, presque sans épines, les feuilles lancéolées sont plus larges que celles des autres mandariniers. La fleur blanche est hautement parthénocarpique. Le fruit rond et aplati mesure en moyenne de diamètre a une écorce fine fragile et facile à peler. Il compte aux membranes fines à la pulpe presque fondante, texture appréciée au Japon, d'une saveur douce, sucrée-acidulée équilibrée..

La tolérance au froid est variable : () est cité en Floride pour l'arbre adulte, mais les jeunes arbres ne supportent que () . T.K. Lim (2012) donne . Les fruits sont endommagés dès les températures de déverdissement sont comprises entre .. Les signes de maturité sont la base concave souple, le péricarpe brillant avec des pores ouverts, la densité élevée du fruit. Le Ministère de l'Agriculture japonais a étudié les conséquences du réchauffement climatique sur la culture des satsumas : une baisse de la production est prévisible à l'horizon 2080 ainsi qu'un déplacement vers le nord des zones de cultures.

Les mandariniers satsuma sont sensibles à l'alternance bisannuelle.

Caractère asperme

Les fruits sont parthénocarpiques (sans pépins) en raison de la dégénérescence du pollen, mais lorsque les fleurs sont pollinisées avec des grains de pollen viables d'autres variétés d'agrumes, elles donnent des fruits porteurs de graines.vignette|récolte de mikans Cultivars vignette|A Izunokuni, Préfecture de Shizuoka le 2 décembre Plus d'une centaine de cultivars, différents par leur maturité, la forme des fruits, la couleur et la qualité sont inventoriés. Wase (早生) signifie maturation précoce en japonais. Tokurou Shimizu (2016) en donne 20 : Aoshima, Dobashi beni, Haraguchi wase, Imamura, Iwasaki wase, Juman, Jutaro, Kinokuni, Kuno, Miyagawa wase, Nagahashi, Niu, Original, Otsu-4, Shirakawa, Sugiyama, Suruga beni, Ueno wase, Yamada et Yamashita beni. L'université de Riverside a 47 cultivars en collection. et la collection de Corse INRAE–Cirad de San Giuliano en propose (2020) 16 dont Ben di gang ju, Clausellina, Dobashi-Beni, Kowano, Miho, Miyagawa, Okitsu, Owari, Pucheng, Saïgon, Saint Jean, Salzara, Sugiyama, Variegated.

Les principaux cultivars fréquents en Floride sont Owari, Silverhill, Kimbrough, Brown Select, Early St. Ann et Xie Shan. L'IVIA (Institut Valencià d'Investigacions Agràries) donne par dates de maturité en Méditerranée :

Iwasaki (岩崎), une mutation d'Okitsu qui aurait été découverte par Denichi Iwasaki, la plus plantée en Espagne.. Récolte de fin aout à fin septembre. Clauselina, mutation d'Owari découverte en 1962 à Almassora, Castellón par Francisco Llatser.. De mi-septembre à fin octobre, comme Okitsu. Okitsu, 2e cultivar en superficie au Japon, colore très bien malgré sa précocité. C'est un semis de Miyagawa réalisé par M. Kajiura et T. Iwasaki à la station de recherche horticole d'Okitsu en 1940.. Elle précède Miyagawa d'une semaine. vignette|OwariMiyagawa (宮川), cultivée en Sicile, largement consommée en Corée. Bon rendement, bon goût, largement utilisée pour la culture en serre. En 1915, à Sakamoto (préfecture de Fukuoka), Kenkichi Miyagawa a découvert une branche mutante dont les fruits remportent en 1916 le premier prix de la Station d'expérimentation agricole de Nakayama. En 1925, Tanaka la nomme Miyagawa Wase Unshu. Mi-octobre à novembre.