Le Loreto est l'un des 24 départements du Pérou. C'est le plus septentrional, couvrant un peu moins du tiers (28 %) du territoire national au nord-est du pays, en Amazonie péruvienne.

Avec , le Loreto est le département le plus étendu du pays, mais avec ses habitants (appelés Loretenos et Loretenas), c'est aussi l'un des moins denses ( hab/km²), du fait de sa situation géographique isolée dans la forêt pluviale amazonienne. Son climat est équatorial.

Le Loreto est aussi une province du même département, dont la capitale est Nauta.

Le département a été créé le . Sa capitale Iquitos dans la province de Maynas, au bord de l’Amazone, est le plus grand port fluvial du Pérou. C'est aussi la plus grande agglomération au monde non-accessible par la route, mais uniquement par avion ou bateau.

Toponyme D'après l'ouvrage Provincia litoral de Loreto (1864) du naturaliste Antonio Raimondi, l'ancienne et vaste division administrative créée en 1853 avait alors sa capitale à Moyobamba. L'auteur mentionne que le territoire tire son nom de l'ancien village Ticuna de Loreto, sur la rive nord du fleuve Amazone dans la région du trapèze amazonien, actuellement en territoire colombien.

Raimondi décrit que la ville . La ville a également donné son nom à l'ancien district de Loreto qui comprenait alors ce hameau et Caballococha et couvrait en partie la superficie de l'actuelle province de Mariscal Ramón Castilla.

En 1922, après la résolution du conflit frontalier entre le Pérou et la Colombie avec le traité Salomón-Lozano, le Pérou a cédé le trapèze amazonien à la Colombie et avec lui, la rive nord de ce tronçon du fleuve. C'est ainsi que le hameau de Loreto resta en territoire colombien. Aujourd'hui, le village fait partie de la municipalité colombienne de Puerto Nariño dans le département d'Amazonas et s'appelle Loreto-Mocagua.

Il est à noter que l'actuelle province de Loreto n'a été créée qu'en 1942 et géographiquement elle n'a aucun rapport avec le hameau qui a donné son nom au département. Cette province aurait été nommée ainsi en revendication de ce nom face à la perte dudit hameau. Il s'agit donc d'un toponyme historiquement résiduel et obsolète.

Étymologiquement, loreto est un mot italien dérivé du mot latin lauretum qui signifie « lieu peuplé de lauriers ». Le nom vient d'un lieu de la Rome antique, sur la colline de l'Aventin, qui abritait un jardin de lauriers ; à partir de là, le terme était largement utilisé pour désigner tout bosquet contenant des lauriers. Ceci était étroitement lié à l'origine de la Vierge de Loreto car un sanctuaire marial se trouvait dans un lauretum.

Histoire Période précolombienne Les premiers colons de la région se sont installés sur les divers versants orientaux des Andes. Beaucoup de ces groupes ethniques se sont installés dans les bassins fluviaux de Purús, Turúa et Yaraví, recevant des noms différents de ceux de leur lignée.

Période coloniale espagnole Arrivé à Quito en Équateur depuis l'Espagne, Francisco de Orellana, quitte la ville de Guayaquil le . Il réorganise sa caravane et avance vers la jungle, naviguant sur le río Napo jusqu'à son confluent où il découvre le fleuve Amazone le .

La couronne espagnole n'a pas réussi à imposer sa domination dans la région. Le territoire attribué à la vice-royauté du Pérou, appartient de jure à la cour royale de Quito à partir de 1563 et, à ce titre, il devient une partie de la vice-royauté de Nouvelle-Grenade. Pendant toute cette période, cependant, la couronne espagnole n'a pas réussi à imposer sa domination dans la région comme elle l'a fait dans les Andes. Depuis Quito toutefois, les missionnaires dominicains et franciscains partent tout de même évangéliser les différentes ethnies de Moyobamba, qui appartenait à l'audience royale de Lima créée en 1543. C'était la seule présence significative des Espagnols dans la plaine amazonienne à l'époque et cela jusqu'à la fondation de l'État républicain péruvien.

Il est difficile de déterminer le nombre de peuples autochtones dans la région lorsque les premiers explorateurs et missionnaires européens sont arrivés. Les chiffres donnés par les chroniqueurs indiquent qu'au cours du premier siècle de contact, indigènes ont été baptisés. Vraisemblablement, lorsque les Espagnols sont arrivés, la population totale était de près de .

Mais l'arrivée des Espagnols en Amérique, a aussi propagé diverses maladies exogènes, comme la variole, le paludisme et la fièvre jaune, dans toute la jungle amazonienne, ainsi que dans le reste du continent, ce qui a décimé la population indigène ou du moins l'a considérablement réduite.

À l'époque coloniale, les jésuites et les franciscains évangélisent et fondent différentes villes. Au cours de ces années, ils contribuent, en ouvrant des routes, à réduire les distances entre les groupes autochtones et les villages coloniaux.

Dans l'intendance de Trujillo Une partie du territoire actuel du département de Loreto est rattachée à l'intendance de Trujillo créée en 1784. Lintendencia comptait neuf partis qui étaient Trujillo, Lambayeque, Piura, Cajamarca, Huamachuco, Chota, Moyobamba, Chachapoyas, Jaén et Maynas.

L'Intendance de Trujillo était la plus grande de la Vice-royauté du Pérou comprenant presque tout le nord du Pérou actuel. Son premier président fut Fernando Saavedra de 1784 à 1791 . Lui succéderont : Vicente Gil de Taboada (1791-1805 et 1810-1820), Felice del Risco y Torres (provisoire) (1805-1810) et le marquis de Torre Tagle (1820), qui mènera l'intendance vers l'indépendance .

Cette entité politique créées par les réformes bourboniennes faisait partie du gouvernement du commandement général de Maynas, qui était une division territoriale de l'empire espagnol dans la vice-royauté du Pérou, créée par un décret royal du 15 juillet 1802. Elle englobait les départements péruviens actuels d'Amazonas, de San Martín, de La Libertad et de Loreto.

En 1802, le commandement général de Maynas et Quijos fut créé, séparant ce territoire de l'audience royale de Quito et le réintégrant à nouveau à la vice-royauté du Pérou. Le fait d'avoir appartenu quelques années avant cette date au pouvoir de Quito, a motivé ultérieurement la revendication équatorienne du territoire situé au nord du fleuve Marañón.

Revendication colombienne gauche|vignette|Des manifestants péruviens protestant contre le transfert du port de Leticia à la Colombie (1932). En 1822, le gouvernement colombien envoya Joaquín Mosquera au Pérou pour demander la restitution de Maynas. Le 25 juillet 1824, le Congrès de la Grande Colombie (formée par les pays actuels de Colombie, du Venezuela, du Panama et de l'Équateur), promulgua une loi de division territoriale visant à inclure le canton de Quijos dans la province de Pichincha du département de Quito, selon les limites qu'il avait au moment de la création de la vice-royauté de Nouvelle Grenade. Il avait également l'intention d'incorporer la province de Jaén de Bracamoros et celle de Maynas au département d'Azuay. Le refus péruvien de céder les territoires déclencha en 1828-1829 une guerre entre les deux pays : la guerre Grande Colombie-Pérou La frontera de la antigua Colombia con el Perú: contribución al estudio de la cuestión de límites entre el último y el Ecuador. pp. 260. Editor: Estab. tip. "Sucesores de Rivadeneyra," impresores de la real casa, 1906.

Un traité de paix formel, connu sous le nom de traité Larrea-Gual, met fin au conflit le 22 septembre 1829. Ensuite, la loi du 21 novembre 1832, intègre Maynas au territoire du nouveau département péruvien de l'Amazonas, dont elle se sépare en 1853, lorsqu'un gouvernement politique est créé à Loreto Historia de Moyobamba.

À l'heure actuelle, le département de Loreto entretient de très bonnes relations avec les départements de Huánuco, et d'Ancash et ceux qui faisaient partie de l'administration de Trujillo, tels que San Martin, Ucayali et La Libertad https://www.gob.pe/institucion/regionlalibertad/noticias/101991-gobierno-regional-apoyara-carretera-interoceanica-peru-brasil.

Période républicaine vignette|Statue de Ramón Castilla à Iquitos.|267x267pxLe novembre 1832, le territoire composé des provinces de Chachapoyas et de Maynas est séparé du département de La Libertad pour former le département d'Amazonas, dont le siège préfectoral est établi dans la ville de Chachapoyas.

Ramón Castilla y Marquesado (1797-1867), a été celui qui a initié la colonisation et l'annexion officielle de l'Amazonie occidentale à la République péruvienne, ainsi que la création ultérieure du département de Loreto, tâches qu'il mène à bien au cours de ses deux mandats non consécutifs de Chef suprême de la République péruvienne (1845 -1851) et (1858-1862).

Le 10 mars 1853, le président Ramón Castilla a séparé la province de Maynas de la juridiction de la préfecture d'Amazonas, l'établissant en tant que gouvernement politique et militaire, reclassé plus tard en province fluviale de Loreto (15 avril) puis en département maritime et militaire (1861). Bien que ces territoires soient contestés par la Colombie, le Pérou et l'Équateur, des Péruviens y furent envoyés pour former la base d'un peuplement. L'exploration de la région fut ainsi presque essentiellement menée par les militaires péruviens. Le 7 septembre 1866, le Département de Loreto est créé avec pour capitale Moyobamba.

Le 10 septembre 1857, les Équatoriens, pour payer les dettes de leur guerre d'indépendance, envisage de céder à des créanciers britanniques un territoire dans la région de Canelos. Le Pérou proteste en signalant que selon le principe uti possidetis juris celui-ci lui appartient. L'Équateur, en proie à des troubles civils, continue toutefois ses négociations, alors que le Pérou en exige l'arrêt.

Devant le refus équatorien, le Pérou mobilise son armée et sa marine établit un blocus des côtes. Sur ces entrefaites, des insurrections éclatent en Équateur et conduisent à la création de 3 gouvernements distincts dans le pays. Les forces péruviennes profitent de la confusion, débarquent et occupent Guayaquil le 8 novembre 1859. Un gouvernement central équatorien enfin formé signe le traité de Mapasingue qui reconnait les droits du Pérou. vignette|gauche|Maquettes du Próspero, du Pastaza et du Morona.

C'est à la suite de cette guerre péruano-équatorienne que, ayant récupéré les territoires disputés, la marine péruvienne installa une base à Iquitos en 1864.

C'est en 1860 qu'arrivent sur le fleuve Amazone les premiers navires le Próspero, le Pastaza et le Morona ce qui est considérée comme le début de l'annexion officielle de l'Amazonie.

Entre 1885 et 1907, éclate la fièvre du caoutchouc (Hevea brasiliensis), qui provoque un regain d'intérêt pour la région, rompant l'isolement de la période précédente dû à l'abandon des missions.

C'est une époque à la fois de manne pour les saigneurs de caoutchouc et de semi-esclavage pour divers groupes autochtones. Les Blancs y ont exploité et torturé des milliers d’esclaves indiens dans les régions amazonienne du Pérou et de la Colombie, afin de s’enrichir grâce à l’exploitation du latex.

Des amérindiens Witotos, Mirañas, Ocainas, Andokes, Nonuyas, Muinanes et Boras furent ainsi arrachés à leurs forêts et conduits comme esclaves dans les plantations d'hévéas, en particulier à la Casa Arana de Julio C. Arana, administrée par Víctor Macedo et Miguel de Loayza. Ce génocide des indiens du Putumayo dura plusieurs décennies.

C'est à cette période qu'Iquitos devient le port fluvial le plus important grâce à l'expédition de matières premières destinées à l'exportation. Cette « fièvre » s'arrête lorsque les hévéas sont acclimatés en Asie et dans les colonies européennes.

Le 2 mai 1896 une insurrection proclame l'État fédéral de Loreto, première tentative d'obtenir une plus grande autonomie pour le département. Cette entité infranationale a une courte existence, étant dissoute le 10 juillet de la même année après que la rébellion ait été écrasée par le gouvernement de Nicolás de Piérola.