Henry Essex Edgeworth, l’Abbé Edgeworth de Firmont, né en 1745 à Edgeworthstown dans le comté de Longford en Irlande et mort le à Mittau (actuellement en Lettonie), est un prêtre catholique et le dernier confesseur du roi de France Louis XVI.
Biographie
Né en 1745 à Edgeworthtown en Irlande, il est le fils d’un pasteur converti au catholicisme réfugié en France. Il fait ses études au collège des jésuites de Toulouse puis entre au séminaire des Missions étrangères à Paris. Après son ordination, il devient grand vicaire du diocèse de Paris. Sur le conseil du père Martin Hody, il devient chapelain et directeur spirituel de Madame Élisabeth le .
Il quitte Paris au moment des massacres de Septembre 1792, mais y revient en tant que vicaire général de l’archevêque Mgr Antoine-Éléonor-Léon Leclerc de Juigné qui avait refusé la Constitution civile du clergé.
Il est recommandé par Madame Élisabeth au roi qui désirait comme confesseur un prêtre non assermenté, . .
Au Temple vignette|gauche|Charles Benazech, Adieux de Louis XVI à sa famille, le 20 janvier 1793, 1793, en présence de l'abbé Edgeworth
Le dimanche , vers deux heures de l'après-midi, arrive au Temple la délégation, conduite par le ministre de la Justice Dominique Joseph Garat, chargée de signifier au roi l'arrêt de la Convention qui le condamne à la peine de mort « exécutable dans les vingt-quatre heures de sa notification ». Le roi . Au moment où Garat prend congé, Louis lui communique les coordonnées du prêtre qu'il souhaitait voir : « M. Edgeworth de Firmont, n°483 Rue du Bac ». L'immeuble est encore aujourd'hui la Maison des Missions étrangères de Paris, 128 rue du Bac.
Vers 18 heures, le ministre Garat revient avec les réponses de la Convention aux demandes du roi. Le délai de trois jours est refusé, mais le ministre amène avec lui l'abbé Edgeworth de Firmont. Après avoir été soigneusement fouillé par les officiers municipaux, sondant même sa tabatière pour vérifier qu'elle ne contient pas de poison, l'abbé est admis en présence du roi avec lequel il a un premier entretien dans le cabinet de la tourelle, d'où les gardes ne pouvaient entendre. L'entretien est interrompu vers 20 heures par l'arrivée de la famille royale, répondant à une des autres demandes du roi : pouvoir s'entretenir - sans témoins - avec ses proches dont il a été séparé depuis plusieurs semaines.
vignette|redresse|La confession de Louis XVI par l'abbé Edgeworth, le 21 janvier 1793, tableau de Jean-Jacques Hauer.
Après les adieux du roi avec la reine Marie-Antoinette, leurs deux enfants - Madame Royale et le dauphin - et Madame Elisabeth, l'abbé parvient à convaincre les municipaux de le laisser célébrer la messe pour le roi le lendemain, à la seule condition que tout soit terminé avant 7 heures du matin. Cela nécessite d'aller, à cette heure tardive, chercher dans une paroisse proche les objets du culte et tout ce qui sera nécessaire pour la célébration. Pendant ce temps, le prêtre reçoit la confession du roi. Ils poursuivent ensuite leur conversation jusqu'à deux heures du matin. Ensuite le roi, son confesseur et le domestique Cléry s'installent, tant bien que mal, pour dormir quelques heures.
À cinq heures du matin, Cléry entame les derniers préparatifs en rallumant le feu. Il aide le roi à s'habiller et improvise un autel en recouvrant la commode d'une nappe. Pendant ce temps, l'abbé a revêtu les ornements liturgiques et la messe peut commencer à six heures. .
Sur les instances de l'abbé, le roi accepte de ne plus revoir une dernière fois sa famille « pour la laisser vivre d'espérance quelques moments de plus ». Il monte avec l'abbé, dans la voiture fournie par le maire de Paris, Nicolas Chambon, où les attendent déjà l'officier et le sous-officier de gendarmerie préposés à la surveillance rapprochée. Tout au long de la route, le condamné lit les prières des agonisants et récite, alternativement avec l'abbé, des psaumes tirés du bréviaire.
À l'échafaud vignette|Louis XVI et l'Abbé Edgeworth de Firmont au pied de l'échafaud, le 21 janvier 1793, tableau de Charles Benazech
Alors que le condamné se débat entre les mains des aides de l'exécuteur des arrêts criminels, Charles-Henri Sanson, l'abbé recommande au roi de se laisser lier les mains, par ces mots : Le roi accepte encore de se laisser couper les cheveux sur la nuque. On prête aussi à l’abbé Edgeworth une autre apostrophe célèbre : Ce n'est pas certain qu'il l'ait prononcée car il n'en eut aucun souvenir. L'échafaud est à deux mètres du sol et l'escalier, fort raide. Le confesseur aide le roi à monter les premières marches, rendues glissantes par l'humidité.
. Selon Edmond Biré, Pauline de Lézardière déclare que . Il se refugie le soir même dans la maison de la famille de Lézardière où il reste caché jusqu'en 1796.
En émigration thumb|Edgeworth de Firmont (d'après un dessin de 1795). vignette|redresse|La Duchesse d'Angoulême au lit de mort de l'abbé Edgeworth en 1807, tableau de Alexandre Menjaud, vers 1817 Il rejoint l'Angleterre grâce au comte Henri de Marguerie et rejoint le comte d’Artois, futur Charles X, réfugié à Édimbourg, emportant avec lui le dernier message d'Élisabeth à son frère.
Edgeworth de Firmont devient chapelain de Louis XVIII et il bénit le mariage entre Marie-Thérèse de France et le duc d’Angoulême le au château de MittauL'acte de mariage, conservé aux Archives nationales à Paris, est numérisé et consultable en cliquant ici.
Lorsqu’il meurt le à Mittau d’une fièvre contractée alors qu’il prêtait son ministère à des prisonniers français, Louis XVIII compose lui-même son épitaphe :
La tombe de l'abbé se trouvait dans le cimetière catholique de Mittau et existait encore avant la Seconde Guerre mondiale.. D'après la conservatrice du petit musée se trouvant dans le palais de Jelgava, le cimetière catholique a été rasé à l'époque soviétique et tout souvenir de l’abbé Edgeworth a donc disparu..
L'abbé Edgeworth de Firmont a laissé des Mémoires, Paris, 1816, ; et des Lettres, traduites par Élisabeth de Bow, 1818.
Notes
Bibliographie Abbé Edgeworth de Firmont, Correspondance, récits, lettres inédites (1771-1806), Édition établie, présentée et annotée par Augustin Pic, o. p., Paris, Les Éditions du Cerf, 2013.
Liens externes
Notice biographique sur le site des Archives des Missions Etrangères de Paris
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